HYPERTROPHIE
On nomme hypertrophie le développement anormal que peut prendre la glande, développement le plus souvent compensateur de l'atrophie de l'autre testicule. — Rien n'est plus exceptionnel, en effet, que l'hypertrophie bilatérale; peut-être même n'en existe-t-il pas d'exemples authentiques, si l'on prend soin d'éliminer les observations recueillies sur des individus venus des pays chauds et porteurs de quelque éléphantiasis génital.
Un point délicat est de déterminer où commence l'hypertrophie ; le testicule n'a pas qu'un modèle et peut varier de volume sans cesser d'être normal ; Sappey en fixe le poids moyen de 15 à 50 grammes; Henle, de 16 à 26 ; Meckel, à 16; Curling, à 52. Ce chiffre doit être dépassé pour qu'on prononce le mot d'hypertrophie. Elle n'est jamais congénitale et succède aux maladies qui ont arrêté le développement de la glande congénère ; encore est-il nécessaire qu'elle frappe l'individu pendant le jeune âge, à l'époque où s'accroît l'appareil séminal. Cependant on cite des cas où l'hypertrophie compensatrice apparaît assez tard : un malade de Salleron avait vingt-cinq ans lorsque survint l'atrophie consécutive à la ponction d'une vaginalite blennorragique. J'ai vu chez un jeune homme de vingt-trois ans, dont le testicule gauche avait diminué au cours d'une varicocèle, le droit se développer d'une façon anormale.
C'est généralement dans l'enfance et au moment de la puberté que le testicule intact s'hypertrophie. Cet excès de développement est surtout fréquent dans les malformations congénitales, anorchidie et ectopie. Le sac scrotal habité, s'accroissant aux dépens de la bourse vide, prend une forme arrondie caractéristique