CHAPITRE III GORDON SPERMATIQUE ET VÉSICULES SÉMINALES
Nous réunissons, dans un même chapitre, les affections du cordon, du canal déférent et de la vésicule, qui est, pour ainsi dire, le canal déférent dilaté en un réservoir.
L'histoire de ces affections a été un peu négligée; les quelques notions qu'on trouve dans les auteurs sur les lésions du cordon spermatique sont le plus souvent présentées à propos des affections correspondantes du testicule, et seuls
[P. RECLUS
CORDON SPERMATIOUE ET VÉSICULES SÉMINALES
le varicocèle, les kystes et certaines tumeurs recevaient une description spéciale. Cependant les maladies de la vésicule commencent à avoir leur chapitre dans nos Traités, et, en 1885, Guelliot a publié un travail intéressant sur l'anatomie et la pathologie de cet organe. Depuis, la médecine opératoire s'en est emparée, et les recueils des dernières années contiennent un très grand nombre d'observations d'extirpation de la vésicule.
Alders, Ueber die Krankheiten der Saamen Hâschen. Journal der Chir. von V. Grscfe, 1833. — Faye, De vesiculis seminalibus dissertatio. Science, 1840-1841. — Duplay, Des collections séreuses de l'aine. Thèse de Paris, 1865. — Humphkey, Affections of the vesiculœ séminales. A System of surgery de Holmes, 1871, t. V. — Kocher, Krankheiten der mannl. Geschlechls organ. Deutsche Chir., 1887, Iiv. L, p. 65. — Le Dentu et Voillemier, Traité des maladies des voies urinaires, t. IL — Guelliot, Des vésicules séminales. Thèse de Paris, 1885. — Schwartz, Eneyclop. intern. de chir., t. VII, p. 565. — Jullien, Traité pratique des maladies des voies urinaires, 2e éd., 1886. — Monod et Terrillon, Traité des maladies des testicules. Paris, 1889. — Guelliot, Chirurgie des vésicules séminales. Presse méd., 20 avril 1898.
ANOMALIES
Nous ne parlerons pas des cas où les vésicules manquent avec l'appareil séminal tout entier; Kretschmar en 1801, et Friese en 1841, en ont signalé chacun un. Leur absence bilatérale, lorsque les testicules existent, a été constatée par Tenon, Mayer de Bonn, Roubeau, Parisot, Godard, Martin Magron, Béraud et Cornelli. Cette anomalie coïncidait avec des vices de conformation de l'appareil urinaire. L'absence unilatérale a été signalée par Godard, Blandin, Velpeau; l'appareil séminal manquait du même côté; le testicule existait, mais on notait quelques autres défectuosités de l'appareil urinaire dans les cas de Bosscha, de Parise, de Dufour, de Godard, de Cusco, de Mûnchmeyer, de Reverdin et de Mayor. Hunter aurait vu une anomalie par fusion; les deux canaux déférents se rendaient dans une poche unique, mais cloisonnée et sans communication avec l'urèthre; Deville parle aussi d'une vésicule unique, en partie atrophiée et située juste sur la ligne médiane.
Par contre, Paul Zacchias parle d'une anomalie far dédoublement et, dans son cas, la vésicule d'un côté était double. L'existence d'une vésicule atrophiée a été notée par Brugnone, Cruveilhier, Broca, Denonviliers, Godard qui a relevé les observations publiées jusqu'à lui, par Wengel, par Gruber. Ces cas sont indépendants de ceux où les testicules, manquant ou en ectopie, ne sécrètent pas de sperme, où les vésicules, moins distendues par conséquent, n'en renferment pas moins un liquide jaune ou brun, épais, sans spermatozoïdes, mais tenant en suspension des cellules épithéliales et des gouttelettes graisseuses. Enfin citons la communication avec Vuretère, normale; mais « éminemment transitoire y pendant la vie embryonnaire; elle persistait dans les cas d'Eppinger, dans celui de Rott, d'Hoffmann, avec une série d'autres anomalies. Les canaux éjaculaleurs peuvent aussi manquer, se fusionner, s'aboucher dans la vésicule prostatique, converger en un canal unique et s'ouvrir sur le gland; il y aurait alors un conduit pour l'urine et un autre, pour le sperme; mais les faits assez nombreux sur lesquels on voudrait étayer l'existence de ces urèthres doubles manquent de précision.