BACTÉRIOLOGIE DES SÉCRÉTIONS DES OREILLES
Que les sécrétions normales ou pathologiques viennent de l'oreille externe ou de l'oreille moyenne, elles sont caractérisées par la présence de microorganismes multiples.
Grâce aux travaux qui ont paru sur la bactériologie, il a été possible d'étudier la question microbienne des oreilles, qui joue un rôle si important dans l'évolution et la thérapeutique de ces maladies. Nous esterons les recherches de Wreden, de Dubreuilh, de Bezold, de Netter, de Zaufal, de Rohrer, de Gradenigo, de Martha, de Lermoyez et Ilelme, etc. (').
Les micro-organismes les plus variés ont été rencontrés soit dans le cérumen, soit dans les divers écoulements de l'oreille externe et moyenne. On a trouvé les streptocoques, staphylocoques, pneumocoques, bacilles de Koch, et un grand nombre de microbes saprogènes.
On a même proposé de diviser les écoulements en otites à streptocoques, otites à staphylocoques, otites à pneumocoques, etc. Cette division nous semble prématurée. Pour Netter, l'otite à streptocoques est la plus fréquente; pour Gradenigo, Lévy et Schrader, Zaufal, Martha, les observations ne paraissent pas militer en faveur de ces divisions, qui ne répondent pas d'une façon absolue à la clinique.
Il est plus rationnel d'admettre (Lermoyez et Helme) que les otites moyennes aiguës purulentes sont presque toujours mono-microbiennes à leur début. Au bout d'un certain temps, de nouveaux micro-organismes viennent se surajouter au microbe de la première heure. Plus tard, l'agent pathogène du début disparait, laissant la place aux microbes nouveau-venus.
Les streptocoques, les staphylocoques et les pneumocoques semblent être les plus fréquents au début. Parmi les microbes qui viennent ensuite pour entretenir l'otite, on rencontre les staphylocoques doré, blanc, citrin, letétragène, le proteus, le pyocyanique (Martha) et les saprophytes. Il semble que ce soit le staphylocoque venu tardivement qui soit la principale cause de la chronicité des écoulements.
Cette démonstration bactériologique a un corollaire de haute importance : c'est le devoir qui s'impose à l'auriste de prendre, même pour les pansements les plus insignifiants, les mêmes précautions d'antisepsie et surtout d'asepsie que les chirurgiens ; antisepsie et asepsie de la bouche et des fosses nasales, des instruments et des médicaments (-).
(') On trouvera dans les publications de ces auteurs toutes les indications bibliographiques. (-) Dubreuilh, Archives de méd. expèrim., mai et juin 1891. — Bezold, Congrès de Wies-
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MALADIES DE L'APPAREIL AUDITIF
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