‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 27 sur 211 · IH · texte numérisé non relu

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(Bottentuit) ou au niveau de la tubérosité bicipilale (Pinel), el le radius, pre nant point d'appui sur le cubitus, exécuterait un mouvement de bascule, en vertu duquel sa tête déchirerait partiellement la capsule en avant ou en arrière (Martin) et se luxerait.

A partir de ce moment, les observations et les théories se multiplièrent ; nous pouvons aujourd'hui les résumer en les rangeant sous quatre chefs:

1" Lue opinion formulée par Gardner, en 1837, consiste à considérer la lésion qui nous occupe comme un accrochement de la tubérosité bicipitale du radius, sous le bord externe du cubitus. Un mouvement de pronation forcée amènerait la tubérosité bicipitale sous le cubitus, contre lequel (die resterait fixée. Gardner ('), Rendu ('), Bourguet (d'Aix) (r>).

2° Goyrand ('), puis, avec quelques variantes, Denueé et Perrin (5) supposaient qu'un diaslasis léger se produisait dans l'articulation radio-cubitale supérieure, permettant une subluxation du radius en avant.

i Pour Goyrand, la tète du radius se déplaçait un peu en avant de la petite cavité sigmoïde. De même, pour Denueé, un mouvement forcé de pronation portait la tète radiale assez loin en avant pour que le ligament carré fût allongé ou déchiré. Puis l'effort cessait et la contraction musculaire appliquait vigoureusement contre le condyle la tête radiale « maintenue probablement parla saillie du bord postérieur de sa cupule au-devant du bord interne de la petite cavité sigmoïde abandonnée. »

Streubel admet aussi cette subluxation, mais ce qui pour lui maintient le déplacement, c'est l'interposition de la partie postérieure (h1 la capsule articulaire entre la tête radiale et la petite cavité sigmoïde cubitale.

Perrin admet qu'à la suite d'une traction directe exercée sur l'avant-bras, le radius glissant sur le cubitus peut abandonner la petite cavité sigmoïde du cubitus, venir se placer au-dessous d'elle, « où elle est probablement et faiblement retenue par la saillie disposée en crochet qu'offre l'extrémité inférieure de cette même cavité ».

3° Plus tard, Goyrand (d'Aix) (6), abandonnant l'opinion que nous venons d'exposer, soutint que le poignet était le siège de la lésion et que les accidents étaient dus au passage de la tête du cubitus en arrière du fibro-cartilage triangulaire r a d i o-c a rp i en .

A0 La quatrième théorie se rapproche beaucoup de la conception de Duverney. Elle a été proposée et soutenue par Pingaud; absolument rationnelle, elle repose sur l'expérimentation cadavérique.

Luxation par (Pingaud.)

(') Gardner. Gazette méd. de Paris, 1837, p. «Ci, el 1848, p. 040 (-) Rendu, Gazette médicale, 1841, p. 501.

(3) Rourguet (d'Aix), Revue médico-chirurgicale, 1854 cl 1855.

(4) Goyrand, Gazette médicale, 1842.

(5) Perrin, Revue médico-chirurgicale, I. Y, p. 145. (G) Goyrand. Bull, 'le la Son. <)è chir., 1861, \>. 596.

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LUXATIONS DU COUDE

Pour Pingaud, la tête radiale est violemment attirée en bas et la collerette formée par le ligament annulaire autour de son col remonte sur la tête et reste accrochée sur le bord de la cupule (fig. 65).

« Nulle part on ne constate de déchirure musculaire ou ligamenteuse au niveau de l'articulation huméro-radiale, mais on aperçoit un petit segment de la cupule radiale, que le ligament annulaire, remonté en avant seulement, laisse complètement à découvert. Il demeure évident que l'étroit anneau fibreux qui, à l'état physiologique, termine le ligament annulaire par en bas, et étrangle le col du radius, s'est, grâce à son élasticité dans le jeune âge, laissé progressivement distendre par le fait de l'abaissement de la tête de l'os, et qu'il a finalement glissé au-dessus d'elle. »

Cette luxation est relativement fréquente. Goyrand déclarait en avoir vu 200 cas dans l'espace de trente ans. Chabrely, Fougeu, Marjollin, Snedden, Lindemann (') en ont aussi observé un grand nombre.

Commune dans le jeune âge, surtout avant trois ans, elle devient plus rare ensuite, et n'est guère observée après la huitième année. Dans la plupart des faits, la subluxation est produite par une traction brusque, exercée sur la main ou le poignet. A cette traction s'ajoute souvent une pronation forcée de l'avant-bras.

Symptômes. — L'accident se produit presque toujours de la même manière : Une personne tient un enfant par la main et exerce une traction brusque sur le poignet, soit pour l'empêcher de tomber, soit pour l'élever, lui faire sauter un ruisseau, etc. A ce moment même l'enfant se met à crier, accuse une douleur vive, et la personne qui le tient par la main perçoit un craquement sec. Le membre est aussitôt frappé d'impuissance, la main est immobilisée dans la pronation complète ou dans la demi-pronation, l'avant-bras pend inerte et l'enfant refuse de le mouvoir. Il n'y a, quoi qu'on en ait dit, aucune déformation du coude. Quelquefois on aurait constaté au niveau du poignet une légère tuméfaction douloureuse (Rendu).

La réduction se fait avec la simplicité la plus grande, en faisant exécuter à l'avant-bras un mouvement de supination; on perçoit un petit craquement et les mouvements redeviennent immédiatement libres.

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