DESTRUCTION DES BRIDES ET CICATRICES
l’on eriicve facilement avec un bistouri à double tranchant, ni des cicatrices avec adhérence (jui, le plus souvent, demandent à être respectées, surtout lorsqu’elles sont profondes et se continuent avec les organes intérieurs. C’est un moyen de guérison solide que la nature emploie fréquemment pour fermer des ouvertures accidentelles qui, sans cela, seraient une cause de hernies.
Il s’agit seulement ici des cicatrices dures, volumineuses qui déforment les organes sur lesquels elles s’implantent, les tiraillent et causent souvent de vives douleurs. Ces cicatrices déplacent les parties mobiles qui entourent les ouvertures naturelles ; ce sont elles qui courbent les membres, les dévient, les déforment d’une manière choquante , paralysent leurs mouvemens, et à la longue les mettent dans l’impossibilité de les recouvrer, à cause des déformations des surfaces articulaires qu’elles amènent avec le temps.
Ces cicatrices vicieuses se rencontrent fréquemment à la face, autour des yeux, des paupières, de la bouche; elles se rencontrent au cou , à la poitrine, aux membres, à l’abdomen, à la vulve dont elles gênent ou même dont elles empêchent complètement les fonctions.
Les brides qui réclament l’autoplastie sont de deux espèces: V Les cicatrices qui résultent de la réunion de deux organes ensemble, lorsque le chirurgien a laissé se confondre les bourgeons recouverts de la membrane pyogénique. Tantôt elles forment des
AÜTOPLASTll'; APPLIQUÉE.
lames courtes et larges, comme aux doigts à la suite des brûlures, ce qui donne à la main une sorte d’apparence palmée ; il en est de même au scrotum lorsque la verge s’est soudée avec cette partie.
2" D’autres fois, ell s forment des brides plus ou moins longues, épaisses, libres dans la plus grande partie de leur étendue, n’offrant qu’un bord adhérent et imitant des cordes fort résistantes: elles sont formées par un tissu inodulaire qui attire par une force centripète les tissus environnans , la peau, le tissu cellulaire, les muscles , les nerfs, les vaisseaux , les articulations elles-mêmes en vertu d’une rétraclilité propre à ce tissu nouveau. Cette rétractilité est si grande que le traitement mécanique ne peut réussir à étendre les brides, les cicatrices, et que les bandages de toute espèce ne servent à rien pour empêcher les rétractions.
Dans ces cas, deux moyens sont généralement mis en usage par les chirurgiens : 1“ les incisions; 2° l’excision du tissu inodulaire.
L’incision est le procédé le plus ancien : il ne remédie pas le plus souvent à la difformité, et ainsi que l’expérience me l’a démontré , elle laisse même après elle une rétraction plus grande qu’auparavant, pratiquée de la partie libre vers la partie profonde , ou de celle-ci vers la première. Cette simple incision de la bride exige des pansemens réguliers qui joignent à leur inutilité habituelle l’inconvénient d’êtia: en outre fort douloureux.
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Excision. — Delpech avait si bien senti les inconvéniens d’une méthode que l’on n’a pas encore abandonnée, qu’il proposa d’enlever, d’extraire la totalité du tissu inodulaire, et de décoller ensuite, lorsque la perte de substance est trop grande, les lèvres de la plaie pour les réunir et les mettre ainsi en contact. Delpech excise donc seulement la bride et le tissu de nouvelle formation, et réunit ensuite les lèvres de la plaie. Lorsque la perte de substance est considérable après l’extirpation , il emploie la méthode de Celse pour pouvoir mettre les lèvres de la plaie en contact,
Cette méthode a réussi; mais elle est douloureuse et incertaine, et voilà pourquoi on a conseillé, toutes les fois que la perte de substance était très grande, d’avoir recours au procédé indien.
Ces deux méthodes sont basées sur les propriétés physiologico- pathologi(jues des cicatrices, et c’est pourquoi la théorie et la pratique du professeur de Montpellier paraît avoir conquis universellement l’esprit des chirurgiens. Je crois cependant que cette théorie pèche par plus d’un point. Sans parler d’abord de l’extirpation de tout le tissu inodulaire, opération le plus souvent incertaine et même dangereuse, il ne me paraît pas exact d’admettre (jue le tissu inodulaire ne puisse pas changer d’état. J’ajoute enfin que la théorie de Delpech est fondée sur un faux principe, celui de la permanence de l’état fibreux du tissu inodulaire.
AUÏOPLASTIE APPLIQUÉE.
Procédé de l’auteur.
L’expérience m’a démontré que le tissu dont je parle ne conservait sa dureté, sa résistance, sa rétractilité organique incessante, qu’autant qu’il existait un tiraillement, une irritation vitale que l’on peut faire cesser en réparant la perte de substance, et que, ce résultat obtenu, les tissus inodulaires reprenaient constamment leur mollesse; dès-lors aussi la trame de nouvelle formation reprend la consistance normale des tissus qui l’entourent.
Ces faits étant admis, il est évident que l’on peut s’opposer aux tiraillemens et faire disparaître la densité iuodulaire par une incision faite dans toute l’épaisseur de la bride et par l’application d’un lambeau que l’on maintient en place au moyen de la suture entrecoupée.
Lorsque l’adhésion s’est établie entre le lambeau et les lèvres de l’incision de la bride, on pratique la section du pédicule afin de faire cesser tout tiraillement, et de permettre à la partie tous les rnouvemens dont elle est susceptible.
Cette méthode nouvelle a été employée par moi pour rétablir les rnouvemens et faire cesser des difformités que la simple incision n’avait fait qu’augmenter. Je l’ai mise en usage contre des brides faciales, suite de brûlures , et contre des brides pectorales énormes.