‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 127 sur 237 · TUMEURS DE L'AHTGDALE ET DU PHARYNX · texte numérisé non relu

TUMEURS DE L'AHTGDALE ET DU PHARYNX

A l'amygdale et au pharynx on observe des tumeurs conjonctives et des tumeurs épithéliales. Les premières sont, de beaucoup, les moins importantes.

A. — TUMEURS CONJONCTIVES

Ces tumeurs doivent être étudiées séparément à l'amygdale et au pharynx.

1° TUMEURS CONJONCTIVES DE l'àMYGDALE

\° Tumeurs bénignes. — Les tumeurs conjonctives bénignes de l'amygdale sont des fibromes, vus par Verneuil et Bourdon, Curling, Delavan (]) ; Bottini a observé un fibro-chrondrome (*). Ces tumeurs, qui atteignent parfois les dimensions d'un œuf, ne gênent que par leur volume et causent des symptômes fonctionnels purement mécaniques, tels que le nasillement, le reflux des liquides par le nez.

Quelquefois, mais rarement, et c'était le cas pour des fibromes enlevés par Julia, par Masse (5), la tumeur se pédiculise, devient un vrai polype. Il existe aussi des polypes amygdaliens constituant une forme spéciale de l'hypertrophie tonsillaire, comme cela a été constaté par Frtthwald, Lublinski (4), Balme. Dans un cas comme dans l'autre, la tumeur pend dans le pharynx, peut desrendre jusqu'à l'épiglotte, provoque des envies de tousser, de cracher, des enrouements, des accès de suffocation.

(*) Duchaussoy, Bull, de la Soc. anat., Paris, 1853, p. 150. — Curling, Lancet, London, 1858, t. I, p. 157. — Bourdon, Bull, de la Soc. anat., Paris, 187*2, p. 317. — Delavan, Médical record, New- York, 1882, t. XXI, p. 296.

(*) Bottini, Gaz. degli ospit., Milan, 1885, t. II, p. 98.

(*) Julia, Gaz. des Mpit., Paris, 1863, p. 182. — Masse, Bull, et mém. de la Soc. de chir., Paris, 1885, n. s., t. XI, p. 927.

(') Fruhwald, Wiener med. Wockenschrift, 1879, n# 44, p. 1153. — Ludlinski, d'après Cen- IralbUxtt fur Chirurgie, 1888, p. 152.

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• Quand la tumeur est pédiculisée, rien de plus simple que de l'exciser en coupant le pédicule d'un coup de ciseaux. L'ablation d'ailleurs n'est pas difficile quand la tumeur n'est pas polype use. Si le néoplasme est volumineux, on pourra, à l'exemple de Verneuil, se faire du jour en débridant le pilier antérieur.

..2° Tumeurs malignes. — Les tumeurs conjonctives malignes des amygdales sont le lymphadénome et le sarcome.

Le lymphadénome avec leucocythémie peut arriver à un degré de développement tel qu'il cause l'asphyxie : dans un cas de ce genre, Panas a fait une ablation partielle, à titre d'opération palliative, pour rendre la respiration possible ; on peut aussi être conduit à la trachéotomie. Ce sont les seules circonstances où cette lésion ressortisse au chirurgien.

Le lymphadénome sans leucocythémie est quelquefois un épiphénoméne de l'adénie, et il va sans dire qu'alors le chirurgien est désarmé. Malheureusement il l'est aussi lorsque la tumeur amygdalienne est primitive et subit une évolution locale avec envahissement des ganglions cervicaux ; la mort est rapide par généralisation, par asphyxie. Demarquay et Fouilloux (') ont observé l'ulcération de la carotide interne. Il est inutile de chercher à enlever ces néoplasmes, d'une malignité extrême.

Le sarcome est peut-être moins rare qu'on ne le croit, mais il est encore assez mal connu. On ne le diagnostique guère de l'épithéliome avant l'opération. II est bien moins malin que le lymphadénome, et peut être moins malin aussi que l'épithéliome. Des opérations chirurgicales ont donc été tentées par Gcnzmer, Bilton Pollard, Wcinlcchner, Chcever, etc., et quelques-unes ont été heureuses : ces opérations se pratiquent comme celles que j'indiquerai en parlant de l'épithéliome. Je citerai à titre de curiosité, et sans trop savoir de quoi il s'agit exactement, une guérison obtenue par Wcinlcchner (*), à laide d'injections interstitielles iodoformées ; une autre constatée par Biedert h la suite d'un érysipèle de la face.

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