D. — BRÛLURES DES VOIES AÉRIENNES
Jameson (W.), Œdema of the glottis, occasionned by the atterri pt to swallow boiling water, illustrated by 13 cases. Dublin quart. Journ., 1848, t. V, p. 59. — Bevan (Philip), On scalds of the larynx. Dublin quart. Journ., 1860, t. XXIX, p. I. — Hutchinson (Jonathan), On the avoidance of tracheot. in scald of the glottis. The Lancet, London, 1871, t. I, p. 100. — Parker (R.-W.\ Scald of the glottis, with deposit of false membranes in the pharynx, larynx and bronchi. The Lancet, London, 1875, t. I, p. 613. — Wagner (W.), Ein Fall von Zerrcissung der Trachea durch indirecte Gewalt, Heilung. Deutsche med. Wochenschrift, Berlin, 1880, p. 485. — Hahilton (J.-B.), A report of two cases of scalding of the air passagers by accidentai inhalation of steam, with remarks. Journ. ofthe Am. med. As s., Chicago, 1889, t. XII, p. 47 (bibl.).
Étiologie. — Les brûlures des voies aériennes surviennent dans trois conditions différentes :
1° A la suite de l'inhalation de flammes ou de vapeurs brûlantes, comme le fait arrive quelquefois dans les incendies, les explosions de machines à vapeur; elles accompagnent alors ordinairement d'autres brûlures cutanées.
2° Après ingestion d'un liquide bouillant, comme cela a été surtout observé en Angleterre chez des enfants qui boivent directement au bec d'une théière.
5° Après ingestion d'un liquide caustique.
Dans ces deux derniers cas, la douleur due à l'arrivée du liquide dans la gorge provoquerait un cri, une inspiration qui entraînerait le liquide dans les voies aériennes. Celles-ci seraient brûlées dans une grande étendue si une contraction spasmodique de la glotte ne venait le plus souvent protéger les parties sous-jacentes et arrêter le liquide dans sa chute.
Anatomie pathologique. — Les brûlures du larynx s'accompagnent en général d'autres brûlures de la bouche, de la langue, des fosses nasales et du pharynx ; rarement l'œsophage est atteint, la régurgitation, qui se produit dès l'abord du liquide, le projetant dans les cavités nasales et ne le laissant pas pénétrer dans les voies digestives.
Ces brûlures sont rapidement suivies d'une inflammation aiguë qui s'accompagne d'une tuméfaction quelquefois considérable et qui peut s'étendre à la trachée, aux bronches et aux poumons.
Symptômes. — Les symptômes immédiats sont la douleur, la dyspnée, la dysphagie, la dysphonie et le choc. Dans les cas de brûlure par inhalation d'air chaud, les matières expectorées peuvent contenir des parcelles noires carbonisées.
La respiration est fréquente et bruyante, le visage pâle et fatigué ; il y a, surtout chez les enfants, de l'agitation continuelle. Dans quelques cas exceptionnels, les symptômes bénins au début prennent dans la suite une gravité exceptionnelle ; le fait arrive en particulier après l'ingestion de liquides caustiques.
En général, au bout d'un temps assez court, quelques heures, les replis aryépiglottiques s'œdématient, la dyspnée augmente et la mort survient. Quelquefois le malade traverse la première période, mais il succombe dans la suite aux complications pulmonaires qui ne tardent pas à se développer.
Diagnostic. — Le diagnostic se tire de la notion des commémoratifs ; c'est dire qu'il ne présente de difficultés que dans les tentatives de suicide, alors que le malade cache la nature des accidents. Dans ces cas, les brûlures concomitantes de la bouche et du pharynx mettront sur la voie.
Pronostic. — Dans les cas légers, la guérison peut se faire en quelques jours ; mais le plus souvent, le pronostic est grave et la mort survient dans les vingt-quatre à quarante-huit premières heures, par choc traumatique ou gène respiratoire; plus tard elle peut résulter de laryngite, de bronchite et de pneumonie.
Lorsque le malade a échappé à ces accidents et guérit, il persiste souvent un rétrécissement du larynx.
Traitement. — A part le cas de brûlure par les caustiques où l'on a conseillé de chercher à neutraliser le liquide ingéré, le traitement est le même, quelle que soit la cause de la brûlure. P. Bcvan conseille d'appliquer des révulsifs sur le cou et la poitrine, de donner du calomel à l'intérieur, et, si la déglutition est impossible, de faire des frictions mercurielles ; il aurait ainsi obtenu de nombreux succès. Récemment John B. Hamilton a préconisé l'emploi de l'éther qui aurait, d'après lui, le double avantage d'agir comme anesthésique local et général, et de prévenir l'œdème qui suit la vésication.
Ces divers moyens sont souvent insuffisants, la suffocation continue à progresser et la trachéotomie devient nécessaire, celle-ci n'a malheureusement donné que des résultats médiocres, 23 morts sur 58 opérés, d'après une statistique de Durham, ce qui s'explique par la grande extension des lésions dans ces cas.
Nous plaçant exclusivement au point de vue chirurgical, nous laisserons de côté l'histoire des accidents causés par les gaz non respirables ou nuisibles; leur histoire appartient à la pathologie interne ou à la toxicologie ; il en est de môme des affections pulmonaires consécutives à l'introduction de poussières (pneumono-konioses) .
Nous limiterons notre étude à celle des corps étrangers solides ou liquides, susceptibles de déterminer des accidents pouvant exiger l'intervention du chirurgien.
Parmi les nombreux travaux qui, depuis le mémoire de Louis, sur la bronchotomie, ont éclairé la question, nous citerons ceux de A. Bérard, de Bégin, de Gross, de P. Aronssohn, de Bertholle, de Bourdillat, de Durham, de Guyon et de Weist.
Louis, Deuxième mémoire sur la bronchotomie, où l'on traite des corps étrangers de la trachée-artère. Mém. de VAcad. roy. de chir., Paris, 1768, t. IV, p. 513. — Lescure, Observations sur une portion d'amande, etc., dans la trachée. Ibid., 1774, in-4% t. V, p. 524. — Suite d'observations de corps étrangers dans la trachée. Ibid., p. 527. — Favier, Expériences sur ces cas. Ibid., p. 530. — Dupuytren, Corps étrangers dans la trachée-artère, signe particulier, etc. Journal hebd. de méd., Paris, 1830, t. VII, p. 46. — - Bérard (A.), De corporibus extraneis in tractu aereo admise is. Thèse d'agrég. de Paris, 1830. — Bégin, Mémoire sur les corps étrangers ingérés et passés dans les voies aériennes ou arrêtés dans l'œsophage. Recueil de mém. de méd. mi lit., Paris, 1833, t. XX, p. 377. — Ollivier, Corps étrangers du larynx. Dictionnaire en 30 vol., Paris, 1838, t. XVII, p. 536. — Mondière, Note sur le séjour prolongé des corps étrangers dans les voies aériennes. L'Expérience, Paris, 1840, t. V, p. 425. — Jodert de Lamballe, Recherches sur les corps étrangers dans les voies aériennes (extr.). Comptes rendus de VAcad. des se, Paris, 1851, t. XXXII, p. 706. — Gross (S.), Trealise on foreign bodies in the air passages. Philadelphia, 1854. — Chassaignac, Des indications de la trachéotomie dans les cas de corps étrangers. Moniteur des hôpitaux, Paris, 1855, t. III, p. 223. — Aronssohn (L.), Des corps étrangers dans les voies aériennes. Thèse de Strasbourg. 1856. — Gross (S.), Foreign bodies. Syst. of Surgery, Philadelphia, 1864, t. II, p. 362, 3# édit. — Barbe u-Dubourg, Recherches sur les accidents produits par quelques corps étrangers dans les bronclies. Thèse de Paris, 1866, n° 249. — Bourdillat, Observation pour servir à l'histoire des corps étrangers dans les voies aériennes. Gai. méd., Paris, 1868, p. 04, 121, 135, 180, 212 (bibl.). — Clementi (G.), Caso raro di mignatta délia glottide e délia trachea. Osservatore med., Palermo, 1874, 3# série, t. IV, p. 409, et Arch. génér. de méd. Paris, 1875, t. I, p. 226. — Sander (A.), Ueber Fremdkôrper in den Luftwegcn. Deulsch. Arch. fur klin. Med., 1875, t. XVI, p. 330. — Poulet, Corps étrangers des voies aériennes. Traité des corps étrangers. Paris, 1879. — Krisiiaber, De la conduite de l'opérateur en face des corps étrangers engagés au niveau de la glotte. Ann. des maladies de Voreille et du larynx. Paris, 1880, t. VI, p. 319. — Weist (R.), Foreign bodies in the air passages. Trans. of the Americ. surg. Assoc, Philadelphia, 1883, 1. 1, p. 117. — Razuhowsky, Extraction de deux canules à trachéotomie de la trachée. Duevnik Kazank. Obst. Vratcher, 27 décembre 1887, anal, in Rev. intern. des se. méd., Paris, 1889, t. XXXIII, p. 709. — - Leyden (F.), Beitrâge zur Lehre der Fremdkôrper in den Luftwegcn. Deutsche med. Wochenschrift, Berlin, 1889, p. 72, 81 et 464. — Thelen (O.), Zur Casuistik der Fremdkôrper in den Luftwegcn. Ibid., p. 561.