‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 22 sur 237 · D. — ABSENCE DE PARTIES · texte numérisé non relu

D. — ABSENCE DE PARTIES

L'absence complète de la face s'appelle aprosopie. L'imperfection plus ou moins marquée de diverses parties de la face s'appelle atéloprosopie. L'astomie est caractérisée par l'absence de l'orifice buccal et de la cavité correspondante : c'est donc différent de la simple atrésie buccale, par excès de soudure entre les lèvres. L'agnathie est l'absence du maxillaire inférieur. Ces vices de conformation n'ont pas d'importance chirurgicale, car ils s'accompagnent presque toujours de malformations incompatibles avec la vie.

Uachélie, ou absence des lèvres est plus intéressante, dans quelques cas au moins. Elle peut être totale ou partielle. Comme absence partielle, je men-

(') Demarquay, Bull, de la Soc. anal., 1844, p. 207. — Murrat (trad. par L. Le Fort), Bull, de la Soc. de Mr., 1861, 2- série, t. II, p. 280. — Richet et Depaul, Ibtd., p. 230 et 350. — Béraud, Ibid., p. 233. — Demarquay, /6td., 1868, 2e série, t. IX, p. 111. — Rose, Monatsschr. f. Geburtêkunde, 1868> t. XXXII, p. 99. — Fritzsche, Thèse de Zurich, 1878, p. 59. — Lannelongue, Bull, de la Soc. de chir., nouv. série, t. V, p. 617. — Madelung, Arch. f. klin.Chir., 1888, t. XXXVII, p 271.

tionnerai l'absence des bourgeons nasaux internes, d'où un vaste hiatus médian où font défaut le tubercule charnu et le tubercule osseux du bec-de-lièvre bilatéral. J'en ai disséqué une pièce fort nette. J'ai déjà signalé ces faits pour les opposer à la fissure médiane proprement dite de la lèvre supérieure et à la fissure palatine bilatérale. Houel a décrit un bec-de-lièvre où la peau se continuait directement avec la muqueuse palatine, sans interposition de vestibule buccal.

L'opération pour combler ces pertes de substances devient une véritable cheiloplastie.

Je mentionnerai encore l'absence du voile du palais, de la langue; mais peut- Atrc s'agit-il le plus souvent dans ces cas de défaut de coalescence avec atrophie des parties non soudées. Pour le voile du palais, il semble constant qu'un tubercule rudimentaire représente chaque moitié du voile réputé absent. Pour la langue de même, chez une jeune fille qui parlait remarquablement bien, de Jussieu (*) a constaté l'existence d'un petit tubercule contractile.

E. — IMPERFORATION BUCCO-PHARYNGIENNE

Dans quelques cas fort rares, la continuité ne s'établit pas entre la cavité buccale et la cavité pharyngo-œsophagienne : entre les deux persiste une cloison membraneuse. C'est anatomiquement et pathogéniquement comparable à l'imperforation ano-rectalc. Cette malformation a été décrite par A. Pinard, par M. Duval et Hervé (') : sur ces fœtus, elle se compliquait de vices de conformation multiples en sorte qu'il n'a pu être question d'intervention chirurgicale. Mais en principe on conçoit fort bien le succès possible d'une opération, exactement comme pour l'imperforation ano-rectale.

Cette cloison bucco-pharyngienne siège juste en arrière du voile du palais, et c'est, comme je l'ai dit précédemment, un argument important pour faire développer tout l'œsophage aux dépens de Vaditus anterior.

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