‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 2)Chapitre 60 sur 237 · TUBERCULOSE FRANCHE · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE FRANCHE

La tuberculose franche ne mérite pas une description spéciale quand elle occupe la face cutanée et je renverrai à la description générale de la tuberculose de la peau. Je mentionnerai toutefois un fait, où Verneuil (s) a vu, dans

(») Hipp. Martin. Rev. de méd., 1884, p. 773.

(*) Voy. t.V, p. 217.

(*) Verneuil, Gaz. des hôp., Paris, 1885, p. 732.

une lèvre, avant l'ulcération, une tumeur dure, ayant cinq ans de date, qui fut enlevée et dont l'examen histologique, pratiqué par Corail, révéla la nature tuberculeuse.

La tuberculose labiale est surtout intéressante quand elle occupe le bord libre et la face muqueuse. L'ulcération tuberculeuse constitue alors une lésion assez rare, mais que le chirurgien doit connaître et qui a été bien étudiée par les auteurs suivants.

Féréol, Ulcérations tuberculeuses de la langue et de la lèvre. Bull, de la Soc. méd. des Mpit., Paris, 1872, p. 188. (Moule au musée Saint-Louis, n* 255). — Du même, Note sur quelques ulcères spéciaux développés au voisinage des orifices naturels chez les tuberculeux. Ibid., 1874, 2° série, t. XI, p. 159. — Le Dentu, Des ulcérations tuberculeuses de la bouebe en général, à propos d'un cas d'ulcération tuberculeuse des lèvres. France médicale, 1877, t. XXIV, p. 25. — Spillmann (P.), De la tuberculisation du tube digestif. Thèse d'agrég. dr méd. de Paris, 1878. — Eichoff, Ein Fall von ausgebreiteter Tuberculose der Mundschleirahaut. Deutsche med. Wochenschrift, 1881, n° 30, p. 413. — Babès, Ulcération de la lèvre inférieure. Bull, de la Soc. anal., 1883, p. 341. — Hansemann (de Kiel), Ueber Tuberculose der Mundschlcimhaut. Virchow's Ârchiv, 1886, t. CIII, p. 264.

Anatomie pathologique. L'anatomie pathologique est celle de la tuberculose en général ; les bacilles ont été constatés par Ehrlich, par Hansemann; la dissociation des fibres musculaires par les follicules tuberculeux, bien vue par Babinski ('), est ici ce qu'elle est à la langue.

Êtiologie. — L'étiologie, elle aussi, est à peu près calquée sur celle delà tuberculose linguale. Presque toujours la lésion labiale atteint un tuberculeux avéré, est secondaire; mais Poncct(t) a étudié un fait où l'ulcération externe et la phthisie pulmonaire eurent une évolution parallèle, et Hansemann a même noté la tuberculose labiale primitive.

Dans une dizaine de cas, l'inoculation directe au niveau d'une plaie a été prise sur le fait, et ici interviennent, paf exemple, les dents acérées et déviées on avant (H. Hartmann), le contact répété d'une pipe (Féréol), une piqûre de fourchette, etc. (Ehrlich) (5).

Le siège paraît indifférent sur une quelconque des lèvres; d'après Féréol, Ehrlich, Hansemann, il y aurait une légère prédilection pour la commissure.

Symptômes. — Le début a lieu soit par points isolés, multiples, alors petits et assez longtemps superficiels, soit par un foyer unique et profond. A la période d'état, d'ailleurs, l'aspect est identique dans les deux cas. L'ulcération, qui tend u gagner la face muqueuse de la joue quand elle siège à h commissure, oll're un fond blafard, granuleux, limité par des bords peu saillants, irréguliers, à pic, un peu serpigineux; autour, la muqueuse est d'un violet pourpre, souvent parsemée d'un semis de petits points jaunâtres. Les (issus voisins ne sont pas indurés, tout au plus sont-ils empâtés; mais l'induration réelle est possible, et de là des difficultés de diagnostic. L'engorgement des ganglions sous-maxillaires a été observé, et A. Poncet (de Lyon) l'a vu évoluer, dès le début, parallèlement à l'ulcération.

Les faits de Féréol, d'Hanscmann démontrent que les phénomènes fonc-

(•) Babinski, Bull, de la Soc. anal., Paris, 1882, p. 236

(*) Poncet, Lyon méd., 1886, t. LI, p. 227.

(3) Ehrlich, Berl. Min. Wochenschrift, 1885, p. 665.

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