‹ Traite de chirurgie, publie sous la direction de MM. v.8, 1892 (volume 3)Chapitre 6 sur 108 · I. - EXAMEN OBJECTIF DE L*OEIL ET DE SES ANNEXES · texte numérisé non relu

I. - EXAMEN OBJECTIF DE L*OEIL ET DE SES ANNEXES

L'examen objectif de l'œil se fait: l«àla lumière naturelle; ^"^ hV éclairage latéral; 5" à Taide d'instruments spéciaux ou ophthalmoscopes.

Les deux premiers modes d'examen nous renseignent sur l'état des annexes et de l'hémisphère antérieur de l'œil. Par le dernier seulement, nous pouvons explorer les membranes profondes.

!• Examen a la lumière naturelle. - C'est par ce mode d'examen qu'il faut débuter dans tous les cas, si Ton veut ne laisser échapper aucune des altérations dont la connaissance est nécessaire pour arriver au diagnostic.

La première condition pour cet examen est de le pratiquer avec un bon éclairage. Le sujet est assis en face d'une fenêtre. Le chirurgien se place devant lui, tournant le dos à la fenêtre, debout ou assis sur un siège un peu élevé. D'un premier coup d'œil il se rend compte de l'apparence générale du sujet et reconnaît s'il existe des signes de scrofule, des éruptions suspectes, des altérations nasales ou dentaires. Il apprécie aussi les déformations du crâne et l'asymétrie de la face.

Il passe ensuite en revue dans un ordre méthodique, toujours le même. autant que possible, l'état des annexes de l'œil en commençant par la région des sourcils, qui est parfois le siège d'éruptions, d'altérations pileuses ou do tumeurs. Il perçoit les irrégularités de l'arcade orbitaire, la déformation produite par des tumeurs de la base de l'orbite. L'enfoncement ou la saillie do Vœil le renseignent, dans une certaine mesure, sur l'état de la cavité orbitaire. La laxilé plus ou moins grande des paupières, leur coloration, leur vascularisation, la manière dont elles s'écartent et dont la supérieure recouvre le globe, fournissent autant de notions utiles pour le diagnostic. Les altérations du bord libre, des cils en particulier, sont soigneusement notées.

L'apparence que présente la région du sac lacrymal est importante à constater: une saillie soulevant le tendon de l'orbiculaire dénonce la tumeur lacrymale. La constatation de croûtes desséchées, en ce point, permet souvent de reconnaître l'existence d'une Gstule. L'écoulement des larmes au niveau du grand angle de l'œil ou seulement un certain degré anormal d'humidité de cette région indique l'obstruction des voies lacrymales.

Avec rhabitude, cette série d'explorations se fait très rapidement et permet quelquefois de poser immédiatement un diagnostic. Il est essentiel de faire cette première partie de l'examen, à distance, et sans porter la main sur les parties passées en revue, pour ne pas effrayer le malade. Malgré cette précaution, lorsqu'on a affaire à des enfants, il n'est pas rare de les voir déjà s'agiter, pousser des cris et chercher à se soustraire à l'examen.

Le chirurgien, après s'être rendu compte de l'aspect des annexes de l'œil, explore l'organe lui-même. En invitant le sujet à porter le regard dans différentes directions, il constate l'état d'intégrité ou d'injection de la conjonctive et du même coup apprécie le fonctionnement des muscles de Tœil et la direction normale ou vicieuse des axes visuels.

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