TRAITEMENT DE I/ANUS CONTRE NATURE COMPLIQUI
malades ont des vomissements, do ballonnement du ventre et une température élevée qni nécessitent l'ablation de rinstrument).
i" Hétrécîssement ou oblitération du bout iaférieur. — La complication la plus importante est le rétrécissement ou Toblitéralion du bout inférieur. Le rétréci ssement de ronfice du bout inférieur constitue pour la plupart des auteurs une indication formelle d entérectomie. Je ne suis nullement de cet avis : on pourra toujours dilater rorificc intestinal à Taide d'une laminaire ou d'une éponge préparée et appliquer ensuite rcntérotomc. La majorité des auteurs considèrent aussi l'oblitération comme une indication formelle d'entérectomie immédiate. Celte doctrine formulée sans restriction est mauvaise» car l'oblitération s'accompagne fatalement au bout de quelques mois d'une diminution de calibre du bout inférieur et d*une atrophie considérable de ses parois; de pareilles difficultés rendent sinon impossible, du moins très dangereuse aussi bien Tentérorraphie qui suit la résection que Tentéro tomie intrapéritonéale (disproportion de calibre, uniques friables)* Si donc l'anus contre nature existe depuis plusieurs mois, on imitera la conduite de (iaillard^ 1870, qui, par une incision, alla chercher le bout inférieur et le fixa à la peau à côté de lautre. Il appliqua ensuite rentérolorae et guérit son malade. Il sera bon d'injecter des aliments pendant plusieurs semaines dans le bout int^érieur avant de faire celte application d pntérotome.
Si la lésion est plus récente et l'intestin suffisamment épais, l'entérotomic inlra-péritonéale sera possible. On la préférera à rentérectomic,
5" Anus ombilical du côlon transverse. — L'oblitération du bout inférieur prend une importance considérable quand l'anus contre nature siège à ronibilic sur le côlon transverse. Outre qu'il est à peu prés impossible de rendre au bout inférieur un calibre égal à celui du bout supérieur (première difficulté pour Tentérorraphie), il faut encore compter avec la brièveté du mésenlérc du gros in I est in, qui ne permet pas, après la réseelion, de mettre facilement les deux bouts au contact; ces motifs contre-indiquent donc formellement rentércctomie avec entérorraphie dans les anus ombilicaux compliqués.
La seule conduite rationnelle à tenir dans ces circonstances, c'est d'anastomoser la On de rinlestin grêle avec VS iliaque, comme je Tai fait dans un cas avec Terrillon.
tJ'* Obstacles sur le trajet du bout inférieur. -^ L'indication de
rentéro-anastomose se pose encore si le bout inférieur est imperméable par le fait d'un obstacle matériel (rétrécissement ou tumeur de Tintestin, bride, ou tumeur comprimant le bout inférieur), à la condition toutefois que Tobstacle ne siège pas au-dessous de VS iliaque, auquel cas la lésion serait vraiment au-dessus des ressources de Fart. J'ai fait aussi avec succès Tentéro-anastomosc pour un rétrécissement du côlon descendant compliquant un anus contre nature. Il est l>ien eutendu cependant que si la tumeur intestinale ou abdominale peut être supprimée par une opération radicale aussi bénigne que Fentéroanaslomose, oiî laissera de côté cette dernière.
1"* Prolapsus de la muqueuse. — Le prolapsus de la muqueuse est
une complication peu gênante pour le traitement. Il en est de même de rinvagination tant qu'elle n'est pas irréductible. Nous avons, le regretté Trélat et moi, guéri par l'en térotomie et la suture par abrasion un malade présentant un prolapsus des deux bouts de 20 à 30 centimètres.
S'' Invagination. — Si l'invagination devenait irréduclible, il faudrait appliquer une pince à crémaillère à la base du cylindre invaginé, le sectionner et fixer ensuite le cylindre intérieur à la peau par une série de sutures après avoir réséqué le cylindre extérieur.
En résumé, l'entérectomic sera toujours remplacée avantageusement par l'entérotomie intra-péritonéale ou l'entéro-anastomose.