TUMEURS RARES DES PAROIS ABDOMINALES
En dehors des kystes sébacés, des tumeurs érectiles, des épithéliomas et des gommes, qui n'empruntent à la région aucun caractère spécial, on n'a signalé comme tumeurs de la paroi qu'un petit nombre de faits insuffisants pour tracer une histoire.
Ce sont des lipomes sous-péritonéaux, des kystes hydaiiques et des kystes séreux encore mal connus.
1<» Lipomes sous-péritonéaux, — Broca père nous a laissé l'observation d'un lipome de 13 kilogrammes développé dans le mésocôlon iliaque; une observation analogue rapportée par le docteur Caudy d'Agde est moins précise.
2* Kystes hyda tiques du tissu cellulaire sous-péritonéal. — On a observé des kystes hydatiques dans le tissu cellulaire sous-péritonéal comme dans toutes les autres régions ; ils sont particulièrement fréquents à la région ombilicale, et ils ont fait l'objet d'une étude intéressante du docteur Moutet (de Montpellier). Nous signalerons surtout la lenteur extrême de leur évolution (trentecinq ans (Courty), dix-sept ans (Moutet) et leur tendance à la guérison spon-
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tanée. Nous ne conseillons pas de rattendre, et il n'est pas douteux que les malades se trouvent bien d'une bonne intervention chirurgicale.
Au dernier Congrès français de chirurgie, notre excellent collègue Tuffier a communiqué un travail très intéressant sur les kystes hydaiiques de la région rétro-vésicale (*). Ces kystes ne sont pas rares; déjà le professeur Charcot les avait étudiés en 1852 ("); ils ont fait l'objet de la thèse de Legrand (*) en 1889; Tuffier en a relevé 74 observations, d'après lesquelles il lui a été facile de montrer que ces kystes ne se développent pas dans la paroi vésicale comme Legrand a cherché à le montrer, mais bien dans le tissu cellulaire sous-péritonéal qui est en arrière de la vessie, dans l'aponévrose prostato péritonéale entre les vésicules séminales. Sa tendance naturelle est de cheminer en avant, décollant le péritoine qui tapisse la face postérieure de la vessie, décollant même quelques-unes des fibres musculaires de cet organe pour arriver dans la région hypogastrique, indiquant ainsi au chirurgien la voie qu'il doit suivre. L'observation rapportée par M. Tuffier est à cet égard très démonstrative.
o^ Kystes séreux sous-péntonéaiix. — Ces kystes ont été niés par Grisolle et Bemutz; Chassaignac et Cruveilhier en ont rapporté deux exemples qui ne paraissent pas douteux. Leur histoire est encore bien incomplète.