‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 2)Chapitre 3 sur 131 · CHAPITRE PREMIER TRAUMATISMES · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER TRAUMATISMES

Les contusions du bassin ne présentent rien de spécial à la région. Elles peuvent être limitées aux parties molles qui enveloppent la ceinture osseuse pelvienne ; elles accompagnent presque constamment à un degré plus ou moins accentué les diverses variétés de fractures du bassin, et ne sont dans ce cas (ju'un accident accessoire, en général de peu d'inportance, à moins que Tépanchement sanguin ne soit trop abondant.

Les contusions bornées aux parties molles succèdent à des coups directement portés sur le bassin, à des chutes d'un lieu élevé, au passage d'une roue de voiture, etc. Les lésions consistent en épanchements sanguins plus ou moins volumineux, superficiels dans le tissu cellulaire sous-cutané, ou profonds audessous de l'aponévrose fessière ; les épanchements profonds peuvent infiltrer le muscle grand fessier ou se former au-dessous de lui.

L'ecchymose des contusions superficielles apparaît rapidement et au siège même du foyer traumatique; celle des épanchements profonds ne se montre qu'au bout de quelque temps et révèle, à une certaine distance du point confus, rinfillration progressive du sang dans les régions voisines.

TRAITÉ DE CHIRURGIE, 2» édit. — VII. 1

iCH. WALTHER ]

2 TRAUJIATISMES DU BASSIN.

A côté des épanchements sanguins, il convient de signaler les épanchemenls traumatiques de sérosité, facilement produits par le glissement des téguments sur le plan aponévrotiquc résistant qui descend de la crête iliaque sur la fesse et la cuisse.

Ces épanchements séreux ou sanguins ne présentent en cette région rien de spécial dans leurs symptômes ou dans leur évolution.

Le seul caractère clinique sur lequel il soit nécessaire d'attirer Tattention est la rétention d"urine réflexe qui peut succéder à tous les traumatismes du bassin ou de la hanche ; il faut donc toujours songer à cette complication en présence d'une contusion du bassin si légère qu'elle soit. La rétention est du reste le plus souvent passagère et cède après quelques cathétérismes.

Le diagnostic des épanchements superficiels de sang ou de sérosité ne présente aucune difficulté. Lorsque la contusion est profonde, il sera parfois difficile de savoir si elle est bornée aux parties molles ou s'il n'y a pas en même temps une fracture limitée; souvent, en pareil cas, le diagnostic ne peut être établi qu'au bout d'un certain temps, lorsque l'épanchemcnt sanguin commence à se résorber et qu'une douleur limitée et persistante, caractéristique d'une fracture, succède à la douleur plus diffuse et passagère de la contusion. La tumeur dure formée par les vieux hématomes profonds est souvent d'un diagnostic très difficile ; elle peut être confondue avec un sarcome, un fibrome, etc. ; la notion du traumatisme antérieur a une grande valeur séméiologique.

Le pronostic est en général bénin. 11 faut savoir cependant qu'un repos assez long peut ôti-e nécessaire; il reste souvent une douleur ou une gêne dans la marche et même dans la station debout qui peuvent durer un certain temps.

La terminaison habituelle est la résolution. Rarement ces épanchements peuvent suppurer, soit à la suite des ponctions septiques, soit spontanément, ce qui est exceptionnel. L'ouverture aseptique du foyer assurera la guérison.

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