‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 3)Chapitre 65 sur 260 · TRAITEMENT DE OUELOUES AUTRES ACCIDENTS · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE OUELOUES AUTRES ACCIDENTS

De ces accidents, les uns simulent rétranglement à tel point qu'il faut une observation minutieuse de tous leurs caractères pour reconnaître qu'ils s'écartent par quelques-uns d'entre eux des étranglements proprement dits. La seule thérapeutique à suivre, dans les cas de ce genre, est de pratiquer l'ouverture de la hernie, de rechercher et de supprimer la cause des phénomènes d'occlusion, que celle-ci réside dans un volvulus, dans un étranglement par bride siégeant dans le sac, dans une obstruction de l'intestin hernie par des matières fécales ou des corps étrangers, ou qu'il s'agisse enfin d'une perforation de l'intestin ayant donné lieu à une péritonite herniaire subite.

Quant aux accidents de péritonite herniaire proprement dite, tels qu'on les voit se développer dans des hernies intestinales très volumineuses et depuis longtemps irréductibles ou dans des épiplocèles pures, il convient d'en envisager le traitement à part, suivant qu'on se trouve en présence de l'un ou l'autre de ces cas.

Les accidents qui atteignent les hernies intestinales volumineuses, considérés comme liés à la péritonite herniaire par Malgaigne et ses élèves, ne sont qu'une des formes de l'étranglement à marche lente, ou tout au moins ils y conduisent. Il n'y a donc pas lieu de leur appliquer d'autres règles que celles qui régissent le traitement des hernies étranglées ordinaires; ici encore la réduction pratiquée le plus tôt possible est le seul but à poursuivre, par le taxis s'il est encore temps, ou par l'opération. Il ne faut pas méconnaître néanmoins que le pronostic de cette dernière est beaucoup plus grave, dans les cas de ce genre, que lorsqu'il s'agit de hernies de petit ou de moyen volume. Aussi, en présence d'accidents peu pressants, à marche chronique, survenant chez des sujets très âgés ou afïaiblis, dans une très grosse hernie depuis longtemps irréductible, conseillait-on autrefois de retarder l'intervention de quelques heures pour voir si les accidents ne s'amenderaient pas d'eux-mêmes; tem-

[P. BERGER

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porisation loujours dangereuse et que, pour noire pari, nous condamnons absolument.

Les accidents inflammaloires qui surviennent dans des hernies purement épiploïques pourraient èlre Iraités aussittM par louveilure de la hernie, la résection de Tépiploon et la cure radicale, car l'on sait qu'ils laissent presque toujours à leur suite des adhérences de l'épiploon au sac et une irréductibilité totale ou partielle. Mais il est certain que lopération pratiquée sur un sac herniairc>endu plus friable par linflammation, dont la cavité renferme un liquide que l'on peut considérer comme suspect, sur un épiploon enflammé et recouvert d'exsudats, présente une gravité plus grande. Il y a donc quelque avantage à la différer jusqu'au moment où, les phénomènes inflammatoires étant tombés, on peut la pratiquer dans des conditions normales. Chez les gens âgés ou faibles, chez ceux qui se refusent à l'opération, on pourrait, comme Trélât l'a conseillé, chercher à obtenir la résolution des adhérences et la réduction de l'épiploon par une compression prolongée établie sur la hernie au moyen d'une bande élastique appliquée par-dessus un appareil ouaté, compression à laquelle on ajoute le repos complet au lit, l'action de quelques purgatifs et, en fin de compte, une tentative dernière de taxis destinée à refouler l'épiploon dans le ventre. Mais l'emploi de ce traitement exige du temps, il est incertain dans ses résultats, et l'on fera mieux, lorsque aucune contre-indication ne viendra s'y opposer, de prévenir le retour si fréquent d'accidents de même ordre, par une cure radicale faite suivant les règles et en temps opportun.

Ajoutons, pour terminer, que s'il y avait le moindre doute qu'une anse d'intestin pût être cachée derrière l'épiploon, et que les accidents apparents de péritonite herniaire ne fussent qu'un étranglement latent, on devrait, sans nulle hésitation, traiter la hernie comme si elle était atteinte d'un étranglement véritable.

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