‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 4)Chapitre 29 sur 143 · HÉMORRAGIE SECONDAIRE · texte numérisé non relu

HÉMORRAGIE SECONDAIRE

L'hémorragie secondaire peut être précoce ou tardive.

L'hémorragie précoce est celle qui survient dans les vingt-quatre ou dans les quarante-huit premières heures; elle est le fait, en général, d'une thérapeutique chirurgicale insuffisante ou d'un défaut de surveillance du blessé.

L'hémorragie secondaire tardive est de beaucoup la plus fréquente et la plus importante, elle a été observée à partir du quatrième jour et jusqu'au dixhuitième jour après la blessure. Dans la grande majorité des cas, son apparition résulte de l'infection de la plaie. La plaie peut être dans une certaine mesure infectée et suppurer sans que l'hémostase définitive en pâtisse, à une condition toutefois, c'est que dans la zone immédiatement contiguë à la plaie veineuse l'infection atténuée se borne à une inflammation modérée dite adhésive. Si la suppuration s'étend à toute la profondeur de la plaie, si la veine blessée baigne dans le pus, peu à peu le caillot se ramollit à son centre et se creuse ainsi d'un canal qui fait communiquer l'intérieur de la veine avec le foyer d'inflammation suppurative(').

Les hémorragies secondaires sont particulièrement observées dans les plaies contuses, dans les plaies par armes à feu, non pas seulement à cause de la chute d'une eschare, mais parce que plus que d'autres ces plaies sont facilement contaminées. L'observation suivante peut être citée comme exemple (*) : Un soldat reçut, le 28 mai 1864, une balle qui lui fractura la mâchoire inférieure et pénétra dans le cou. Le malade allait bien le 8 juin, lorsqu'il fut pris d'une hémorragie grave; le 27, l'hémorragie se reproduisit et amena la mort. A l'autopsie on trouva la veine jugulaire interne ouverte sur une étendue de 4 pouces : les tissus du cou de ce côté étaient infiltrés de pus {') .

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