TUMEURS SOLIDES DE LA GLANDE SOUS-MAXILLAIRE
On a décrit au niveau de la glande sous-maxillaire des adcnomcs, des chondromes, des sarcomes, des épilhélinmes, des carcinomes [sqinrrhe et cncéphaloïde). Il est probable que, dans la grande majorité dfscas, on a eu affaire à des tumeurs onixtes, dans lesquelles tel ou tel élément avait pris un développement plus considérable (*). La complexité de tissus des tumeurs est du reste établie dans un mémoire de Nepveu.
De Landeta (J.-B.). Réflexion sui- quclqtics liiineurs sulilingnales. Thèse do Paris, WC}, n" i.
— Talazac, Des tumeurs de la glande sous-ma.cillaire. Thèse de Paris, 18t;9, n' 5i. — BociiEBEN (J.-P.), De Vexlirpalion de la glande et des ganglions sons-maxillaires. Thèse de Paris, 1875, n» 296. — Duplay (S.), Adénome de la glande sous-maxillaire. Arch. gén. de méd., Paris, 1875, t. L P- 001. — Sheaf (E.), Lympho-sarcome de la glande sous-maxillaire. The Laurel, Londpn, 1877, t. I, p. 86i. — De Marignac, Enchon<lrome primitif de la glande sous-maxillaire. Bull, de la Soc. anal., Paris, 1877, p. 56. — Nepveu, Mémoire sur les adéno-chondromes de la glande sous-maxillaire. Bidl. cl mém. de la Soe. de chir., Paris, 1879; n. s., t. V, p. 699.
— JouLiARD (R.), Du canner de la glande sous-maxillaire. Thèse de Paris, 1887-1888, n° 14. — PoxsoT, Tumeurs de la glande sous-maxillaire, Thèse de Lyon, 1894-1895.
Étiologie. — On a dit que le chondrome débutait ordinairement à un âge peu avancé (quinze à vingt-cinq ans), le sarcome aux deux extrêmes de la vie, les autres tumeurs dans l'âge mûr et la vieillesse.
Le sexe paraît sans influence sur leur production; on a signalé comme causes occasionnelles le traumatisme, la grossesse, etc.
Marche. — Terminaisons. — Symptômes. — Dans les premières pbases de l(>ur développement, les diverses fumeurs de la glande sous-maxillaire présentent à peu près les mêmes caractères. Le malade constate dans la fossette sous-maxillaire, en dedans et au-dessous de l'angle de la mâchoire-, rcxistence d'une fumeur du volume d'un haricot à une noisette, faisant, dans le renversement de la tète, une saillie appréciable à la vue, roulant sous le doigt, peu ou point douloureuse, ne déterminant aucune gène fonctionnelle.
Plus lard, les caractères changent suivant que tel ou tel tissu prédomine.
Dans Vadênome, la tumeur régulière, arrondie, mobile, n'atteint qu'un volume modéré ; elle peut occuper à la fois la glande sous-maxillaire et la glande sublinguale.
Dans le chondrome, l'accroissement, bien que très lenl et indolent, peut
(') Nous ne reviendrons pas ici sur les tumeurs solides des glandes sublinguales, qui ont été étudiées dans le chapitre : Maladies du plancher buccal, voy. plus haut, p. 250. («) Voy. plus haut, p. 285.
[H HARTMANN
ariMNcrà constiluer une tumeur du volume <l'iiii (cuf de poule, d"uu œufd(^ dinde, d'un poing d'adulte. La masse très dure, bosselée, sans adhérenees, descend plus ou moins dans le cou, mais ne tend pas à proéminer du côt6 du plancher buccal ; elle est indolente et ne s'accompagne jamais d'engorgement ganglionnaire.
Les autres tumeurs {i^arcomcs, épit/u'-lionics, carcinomes) d'une malignité relative, présenteraient toutes, d'après Jouliard, une évolution à peu près idenli(pu'. Elles envahissent généralement les régions voisines et se prolongent du côlé du plancher buccal. Leur consistance varie suivant leur structure ; quelquefois très mobiles, elles sont, dans certains cas, complètement fixées sur le maxillaire.
Les symptômes fonctionnels sont on général pou marqués. Talazac avait dit que la sécrétion salivaire était abolie, ce que n'ont pas confirmé les observations ultérieures. A une certaine période, ces tumeurs peuvent amener de la gène de la mastication et s'accompagner de douleurs assez vives.
L'évolution, assez lente JDondant un nombre variable d'années, peut devenir tout à coup plus rapide; c'est alors que surviennent les adhérences et les phénomènes de compression. L'engorgement ganglionnaire ne peut être apprécié, car il occupe les ganglions situés au contact même de la glande.
L'état général reste presque toujours satisfaisant; une seule fois, dans un cas de Griffini et Trombetta, on a noté la généralisation d'un chondro-carcinome aux ganglions cervicaux et bronchiques, à la plèvre et aux poumons.
Diagnostic. — Le diagnostic doit être fait avec les engorgements gnnglionnairi's do la région et avec les tumeurs du maxillaire inférieur.
La multiplicité des ganglions, l'absence de tuméfaction notable à l'intérieur de la bouche, les signes concomitants de la tuberculose et de la lymphadénie ou l'existence d'une tumeur maligne dans les régions, d'où viennent les lymphatiques de la région, feront reconnaître les engorgements ganglionnaires.
Les commémoratifs, qui rappellent que la tumeur à son début était mobile, roulait sous le doigt et siégeait au-dessous du bord du maxillaire, feront rejeter l'idée d'une tumeur du maxillaire. Talazac a conseillé de rechercher si les mouvements communiqués à la tumeur se transmettaient à un stylet introduit dans l'orifice du canal de Wharton correspondant.
Enfin, on n'oubliera pas que dans certains cas, ainsi que l'a montré M. F. Terrier, des irritations chroniques, la lithiase, peuvent aboutir à une induration de la glande, simulant une tumeur maligne. Kiiltner en a récemment publié deux faits typiques (').
Quant au diagnostic de la variété de néoplasme à laquelle on a afTairo, elle n'a qu'une importance médiocre; la marche, le plus ou moins de mobilité de la tumeur, sa consistance fourniront, à cet égard, des indices précieux.
Pronostic. — Le pronostic varie avec la nature dn principal lissu constituant la tumeur. La lenteur de la marche, la conservation d'un bon état général, la rareté des phénomènes de compression et des récidives après l'opération font que, même dans les sarcomes et les épithéliomes, sa gravité est 1res atténuée.
Cl Kï'TTNER, Beilrcirjc :iir klinische C/u'i-îicr/iV, Tubingon. I. X\', l'asc. 5.
MALADIES DE L'œSOPHAGE. 31.Ï
Traitement. — Le Irailomonl consisic dans Ycxlirpaluni.
La voie buccale, employée autrefois -avec succès par Joberl, est aujourd'luii abandonnée et l'on intervient toujours par la voie si(s-hyo'Ulienne, n'hésitant pas à réséquer, on cas d'adhérences, une étendue plus ou moins grande de la branche horizontale du maxillaire.
ÉPHIDROSE
L'éphidrose consiste en une sorte de Iranssudalion à travers la peau de la région parotidienne, d'un liquide transparent, qui apparaît sous forme de gouttelettes nombreuses au moment des repas.
B.\iLL.\ROER, Sur l'oblitération du canal de Slénon. Leil. à l'Acud. de méd , 20 avril 1847. — BÉiiARD (P.), Cours de phijsioL, 1848, t. I, {>■ 702. — Beriiouhnioux, Observation de sueur parotidienne. Gaz. des hôp., Paris, 1859, n'51, p. 201. — Brown-Séqu.^rd, .Journal de hi phys. de t'hoinme, etc. Paris, 1859, l. II, p. 447. — Rouyer (J.), Noie sur l'éphidrose parotidienne. Le Progrès, 1860, t. V, p. 200. — Bîzard, Suintement de la face suenédant à différentes lésions des glandes salivaire. Thèse de Paris, 1863, n" 15. — Grosperrin, De l'éphidrose parotidienne. Thèse de Paris. 1877. n° 2"w.
L'éphidrose se nionlre à la suite de lésions diverses delà région j>arolidienne, telles que des traumatismes et des abcès. Le liquide Iranssudé présente, le plus souvent, des caractères qui le rapprochent de la salive. Dans quelques cas cependant où le liquide n'était pas exclusivement exsudé au niveau de la région parotidienne, sa composition était différente; aussi les explications pathogéniques de cette singulièie aircction ont-elles beaucoup varié suivant les auteurs.
Les uns n'ont vu dans le liquide que la salive déviée de son cours normal, les autres ont pensé à une hypersécrétion locale de la sueur. Selon toutes probabilités, on a eu affaire à des affections variées ; aussi de nouvelles observations sont-elles nécessaires pour préciser la nature exacte de la maladie.