‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 133 sur 250 · D. — BRULURES DES VOIES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

D. — BRULURES DES VOIES AÉRIENNES

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Étiologie. — Les brûlures des voies aériennes surviennent dans trois conditions différentes :

1° A la suite de l'inhalation de flammes ou de vapeurs brûlantes, comme le fait arrive quelquefois dans les incendies, les explosions de machines à vapeui'; elles accompagnent alors ordinairement d'autres brûlures cutanées.

2° Après ingestion d'un liquide bouillant, comme cela a été surtout observé en Angleterre, chez des enfants (jui boivent directement au bec d'une théière.

o"- Après ingestion d'un liquide caustique.

(') Cité par Fischer, I.oc. cit.. p. 80.

LÉSIONS TRAUMATIQUES DES VOIES AÉRIENNES. r,S7

Dans ces deux derniers cas, la douleur due à l'arrivée tlu liquide dans la gorge provoquerait un cri, une inspiration qui entraînerai! le liquide dans les voies aériennes. Celles-ci seraient bridées dans une grande étendue si une contraction spasmodique de la glotte ne venait le plus souveni proléger les parties sous-jacentes et arrêter le liquide dans sa chute.

Anatomie pathologique. — Les brûlures du larynx s'accompagnent en général d'autres brûlures de la bouche, de la langue, des fosses nasales et du pharynx; rarement l'œsophage est atteint, la régurgitation, qui se produit dès l'abord du liquide, le projetant dans les cavités nasales et ne le laissant pas pénétrer dans les voies digestives.

Ces brûlures sont rapidement suivies d'une inflammation aiguë qui s'accompagne d'une tuméfaction quelquefois considérable et qui peut s'étendre à la trachée, aux bronches et aux poumons.

Symptômes. — Les symptômes immédiats sont la douleur, la dyspnée, la dysphagic, la dysphonie, et le choc. Dans les cas de brûlure par inhalation d'air chaud, les matières expectorées peuvent contenir des parcelles noires carbonisées.

La respiration est fréquente et bruyante, le visage pâle et fatigué; il y a, surtout chez les enfants, de l'agitation continuelle. Dans quelques cas exceptionnels, les symptômes, bénins au début, prennent dans la suite une gravité exceptionnelle; le fait arrive en particulier après l'ingestion de liquides caustiques.

En général, au bout d'un temps assez court, quelques heures, les replis aryépiglottiques s'œdématient, la dyspnée augmente et la mort survient. Quelquefois le malade traverse la première période, mais il succombe dans la suite aux complications pulmonaires qui ne lardent pas à se développer.

Diagnostic. — Le diagnostic se lire de la notion des commémoratifs; c'est tlire qu'il ne présente de difficultés que dans les tentatives de suicide, alors que le malade cache la nature des accidents. Dans ces cas, les brûlures concomitantes d(> la Ijouche cl du pharynx melli'ont sur la voie.

Pronostic. — Dans les cas légers, la guérison peut se faire en quelques jours ; mais le plus souvent, le pronostic est grave et la mort survient dans les vingt-quatre à quarante-huit premières heures, par choc traumatique ou gène respiratoire ; plus tard elle peut résulter de laryngite, de bronchite et de pneumonie.

Lorsque le malade a échappé à ces accidents et guérit, il persiste souvent un rétrécissement du larynx.

Traitement. — A part le cas de brûlure par les caustiques où l'on a conseillé de chercher à neutraliser le liquide ingéré, le traitement est le même, quelle que soit la cause de la brûlure. P. Bevan conseille d'appliquer des révulsifs sur le cou et la poitrine, de donner du calomel à l'intérieur, et, si la déglutition est impossible, de faire des frictions mercurielles; il aurait ainsi obtenu de nombreux succès. Récemment John B. Hamilton a préconisé l'emploi de l'éther qui aurait, d'après lui, le double avantage d'agir comme anesthésique local et général, et de prévenir l'œdème qui suit la vésication.

Ces divers moyens sont souvent insuffisants, la suffocation continue à progresser et la Irachéotomie devient nécessaire; celle-ci n'a malheureusement donné

[H HARTMANN

588 MALADIES DU LAHVNX KT DE LA THACllLi:.

([ue (les résuKals médiorros, 'Jj morts sur oS opérés, d'après uno slatisli(iuc de Duiliani, ce (pii s'explique par l;i grande exlension des lésions dans ees cas.

E. — CORPS ïrrilANOfllS DES VOIES AÉRIEN SES

Nous plaçant cxclusivcmenl au point de \ue eliirurgicai, nous laisserons de côté i'iiisloire des accidents causés par les gaz non rcspirablcs ou nuisibles. Leur histoire appartient à la pathologie interne ou à la toxicologie; il en est de même des aiï'cctions pulmonaires consécutives à l'introduction de poussières (pneumono-konioses).

Nous limiterons notre étude à celle des corps étrangers solides ou H(jui<les, susceptibles de déterminer des accitlents pouvant exiger l'intervention du chirurgien.

Parmi les nombreux travaux qui, depuis le mémoire de Louis sur la bronchotomie, ont éclairé la question, nous citerons ceux de A. Bérard, de Bégin, de Gross, de P. Aronssohn, de Bertholle, de Bourdillal, de Durham, de Guyon et de Weist.

Louis, Deuxième mémoire sur la broncliolomie, où l'on liailo dos corps (!'li'angers de la Iracliée-arlère. Mém. de t'Acad. roy. de ciiir., Paris, 1708, l. IV, \t. Mo. — Lescure, Observalions sur une portion d'amande, etc., dans la trachée. Ibid., 177i, in-4°, t. V, p. 5'24. — Suite d'observations de corps étrangers dans la trachée. Ibid., ti21. — Favier, Expériences sur ces cas. Ibid., p. 5Ô6. — DupuYTREN, Corps étrangers dans la trachée-artère, signe particulier, etc. Journal hebd. de méd., Paris, IS-ÏO, t. Vil, p. 40. — Bébard {\.), De corporibus exlraneis in tractu aereo admissis. Thèse d'agr. de Paris, 1850. — Bégin, Mémoire sur les corps étrangers ingérés et passés dans les voies aériennes ou arrêtés dans l'œsophage. Recueil de mém. de méd. milit., Paris, 18.35. t. XX, p. 577. — Ollivier, art. Corps étr.anoers du l.arynx. Dict. en 50 vol., Paris, 1858, t. XVII, p. 550. — Mondière, Note sur le séjour prolongé des corps étrangers dans les voies aériennes. L'Expérience, Paris, 1840, t. V, p. 42b. — Jobert de L.\MDALLE, Recherches sur les corps étrangers dans les voies aériennes (extrait). Comptes rendus de l'Acad. des se., Paris, 1851, t. XXXII, p. 700. — Gnoss (S.), Trealise on foreign bodies in Ihe air passages, Philadelphie, 1854. — Ciiassaignac, Des indications de la trachéotomie dans les cas de corps étrangers. Monit. des hôp., Paris, 185S, t. III, p. 223. — Aronssohn (L.), Des corps étrangers dans les voies aérietines. Thèse de Strasbourg, 1850. — Gross (S.), Foreign bodies. Syst. of surgery, Philadelphia, 1864, t. II, p. 562, 5« édit. — Barbeu-Dubourg, Recherches sur les accidents produits par quelques corps étrangers dans les bronches. Thèse de Paris, 1800, n" 249. — Bourdill.at, Observation pour servir à l'histoire des corps étrangers dans les voies aériennes. Gazette médicale, Paris, 1808, p. 94, 121, 155, 180, 212 (bibliogr.). — C.LEMENTi (G.), Caso rai'o di mignatla délia glotlide e délia Irachea. Osservatore med., Palermo, 1874, 5° série, t. IV, p. 409, et Arch. gén. de méd., Paris, 1875, t. 1, p. 226. — Sander (A.), Ueber Fremdkôrper in den Luftwegen. Deutsche Arch. f. klin. Med., 1875, t. XVI, p. 550. — Poulet, Corps étrangers des voies aériennes. Traité des corps étrangers. Paris, 1879. — Krishaber, De la conduite de l'opérateur en face des corps étrangers engagés au niveau de la glotte. Ann. des mal. de l'oreille et du larynx, Paris, 1880, t. VI, p. 519. — Weist (R.), Foreign bodies in Ihe air passages. Trans. of the Amer. surg. Assoc, Philadelphia, 1883, t. I, p. 117. — Razu- MOWSKY, Extraction de deux canules à trachéotomie de la trachée. Duevnik Kazank. Obst. Vralclier, 27 décembre 1887, anal, in Revue intern. des se. méd., Paris, 1889, t. XXXIII, p. 709. — Leyden (F.), Beitriige zur Lehre der Fremdkôrper in den Luftwegen. Deutsche med. Woch , Berlin, 1889, p. 72, 81 et 464. — Thelen (O.), Zur Casuistik der Fremdkôrper in den Luftwegen. Ibid., p. 561. — Knight (Char. IL), A case of foreign body (metallic shoe-hook) removed from Ihe larynx by Ihyrotomy, Brit. med. J., 1897, t. II, p. 1558.

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