‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul Reclus (volume 5)Chapitre 95 sur 250 · F. — TUMEURS MALIGNES DU PLANCHER BUCCAL · texte numérisé non relu

F. — TUMEURS MALIGNES DU PLANCHER BUCCAL

Le plancher buccal peut être envahi par des tumeurs malignes nées dans les organes voisins (langue, maxillaire inférieur); il peut être le point de départ des lésions. Seuls les néoplasmes, nés dans la région, nous arrêteront.

De Landeta (J.-B.), Réflexions sur quelques tumeurs siihliagnates. Thèse de Paris, 1863, n° 4.

— Bbady, On a case of sublingual lumour, etc. Médical Times and Gaz., London, 1867, t. I, p. 386. — Verneuil, Épithélioma des glandes sublinguales. Bull, de la Soc. de chir., Paris, 1871, 2° série, t. XII, p. 225. — Spence, Sublingual cancroid ulcer; opération; recovery. The Lancet, London, 1875, t. I, p. 858. — Margnat (A. -F.), Contribution à l'étmlc de Vépithélioma de la glande sublingitale considéré surtout au point de vue du, traitement. Thèse de Paris, 1877, n''t52. — Brvant, Two cases of epith. of the tongue and one of eiiilh. of the floor of the mouth. The Lancet, London, 1878, t. I, p. 827. — Larbieu (L.), Contribution à l'ctude de l'épithélioma du plancher de la bouche. Thèse de Paris, 1879, n° 506. — Zeissl, Eine noch nicht beschriebene Geschwulst der Sublingualdriise. Stricker's med. Jaltrh., Vienne, 1882, t. II, p. 197. — Faure, De l'épithélioma du plancher de la bouche. Thèse de Paris, 1885-1884, n° 243.

— Feuilletaud, Du traitement chirurgical des tumeurs du plancher de la bouche. Thèse de Paris, 1885-1886, n" 152. — Richet, Cancroïde ulcéré du plancher buccal. France méd., Paris, 1880, t. H, p. 1313.

Étiologie. — L'épithélioma du plancher buccal se montre surtout de cinquante à soixante ans et presque exclusivement chez l'homme : 15 fois sur l(i (P. Faure). Les diverses irritations locales, invoquées à propos du cancroïde de la langue, trouvent ici leur place comme causes prédisposantes.

Anatomie pathologique. — La maladif di^bute par la muqiunise de la région, pcul-tHie f[uclque('ois, ce serait même la règle pour Vernciiil, par les glandes sublinguales.

En loul cas, très rapidement l'alTection envahit les glandes sublinguales; elle s'étend même plus loin, dans les ganglions, dans la glande sous-maxillaire, et se propage, d'autre part, au maxillaire inférieur.

Histologiquement, on trouve soit un épithélioma pavimenleux lobule, soit un épilliélioma tubulé, soit même un épithélioma à la fois tubulé ei lobule, comme le fait a été observé par Suchard dans une autopsie.

Symptômes. — Le début a lieu généralement par une petite tumeur verruqueuse, de la grosseur d'un pois, dure, indolente, ne révélant sa présence que par un peu de gêne dans les mouvements de la langue; dans quelques cas, la maladie commence par une petite fissure linéaire à base indurée.

Rarement le chirurgien est appelé à cette période; le plus souveni, lorsque le malade se présente à lui, il existe déjà un ulcère linéaire, en forme de tranchée, reposant sur une base dure qui constitue la tumeur; l'induration s'étend souveni au loin et comprend le périoste du maxillaire inférieur dans une étendue variable, les ganglions et môme la glande sous-maxillaire.

La marche est beaucoup plus rapide que celle de l'épithélioma lingual et la récidive presque constante (A. Vcrneuil).

Aussi faut-il, lorsqu'on intervient, faire des opérations larges et même résé- (pier une étendue plus ou moins grande du maxillaire inférieur.

LÉSIONS TRAUMATiaUES

Les lésions traumatiques des glandes salivaires ne présentent d'intérêt qu'au niveau de la région parotidienne; elles atteignent, suivant les cas, la glande ou son canal excréteur.

Percy, Bull, de la Faculté de méd., 1811, n" ô. — Denowilliers et Gosselin, Compendium de chir. prat., Paris, 1861, t. III, p. 799. — Boyer, Traité des nviladies chir., 4° édit., Paris, 1831, t. VI, p. 252. — Thorni:::y Stocker, On the re-establishment of a divided salivary duel. Duhlin Journ. of med. sr., 1882, t. LXXIII, p. 8. — Legouest, Traité de chir. d'armée, l" édil., Paris. 180.), p. Ô82; 2= éd., 1872, p. 280.

.■A. — PLAIES DE LA GLAXUh: P.IROTIDE Les plaies de la parotide sont importantes non seulement parce qu'elles inté-

[H HABTMANN ]

2i;0 MALADIES DES GLANDES SALIVAIRES.

rcssciil In glande, mais aussi parce que souvent elles al leig-nenl, en nirnic lemps, des organes impoiianls, vasculaires ou nerveux, qui la traversenl.

A pari certains cas oii la plaie large el béante permet de constater ilc vku les lésions, il n'est le plus souvent pas facile de dire, en présence d'une plaie de la région parotidienne, si la glande est intéressée ou non. L'absence de notion sur la profondeur à laquelle a pénétré l'instrument vulnérant, l'existence d'une hémorragie qui empêche la constatation de l'écoulement salivaire, puis celle de la suppuration qu4 se mélange aux produits de sécrétion de la glande, lorsque la plaie n'est pas restée aseptique, sont autant d'obstacles au diagnostic. Aussi doit-on souvent se fonder, pour y arriver, sur des signes secondaires, tels qu'une plus grande abondance des liquides de la plaie au moment des repas.

Les lésions nerveuses du facial, de l'auriculo-temporal, des branches du plexus cervical superficiel, s'accompagnent de paralysies motrices ou sensitives qui permettent de les préciser très exactement. Celles des vaisseaux sont graves, les plaies de la région parotidienne pouvant atteindre des artères volumineuses et profondes (carotides, maxillaire interne, temporale superficielle, etc.). L'instrument vulnérant pouvant, en même temps qu'il lèse une artère, atteindre un des nombreux rameaux veineux qui vont soit à la jugulaire interne, soit à l'externe, on comprend que ces plaies aient été quelquefois suivies du développement d'anévrysmes arlério-veineux.

Afin d'éviler la formation d'une fistule salivaire, on devra, toutes les fois qu'on soupçonnera une lésion de la glande, fermer la plaie par une suture, aussi exactement que possible, et imposer au malade le repos et le silence.

On excisera les bords de la plaie lorsqu'ils seront contus et l'on en pratiquera ensuite de même la réunion. Cette conduite a permis d'obtenir, dans bien des cas, la guérison complète sans fistule.

Lors d'hémorragie abondante, le traitement présente plus de difficultés. La recherche des deux bouts du vaisseau au fond d'une plaie profonde, dans un tissu dense, serré et vasculaire, est, comme l'a fait observer Marjolin, des plus délicates. Aussi comprend-on qu'un certain nombre de chirurgiens, en présence d'hémorragies inquiétantes, aient eu recours d'emblée à la ligature de la carotide primitive. Cette ligature a même été insuffisante entre les mains do Marjolin, de Giroux, dont les malades sont morts d'hémorragie. Pour éviter le retour du sang par les anastomoses intra-crâniennes de la carotide interne, P. -H. Bérard conseille de lier la carotide primitive au voisinage de sa bifurcation, puis de jeter un fil sur une des carotides, interne ou externe, principe qu'adopte Ricliet dans les cas où la ligature de la carotide externe est impossible ('). Avant de recourir à ces moyens, il faudra, dans l'impossibilité de lier les deux bouts dans la plaie, cherchera arrêter l'hémorragie par la forcipressure à demeure, ce qui sera, croyons-nous, possible dans la majorité des cas.

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