C. DEVIATIONS DE LA CLOISON
Une cloison parfaitement droite est exceptionnelle chez l'adulte; cette conformation typique ne se rencontre que dans les races inférieures. Le nez de l'enfant possède également une cloison verticale: mais, à partir de sept ans. l'incurvation commence à se dessiner (').
La déviation de la cloison affecte des formes diverses; le plus souvent, elle représente une voile gonflée par le vent. Elle intéresse plus souvent et plus profondément la portion cartilagineuse. Parfois la déviation est double, c'est-à-dire qu'une portion, la portion antérieure ou inférieure, d'une narine est convexe, alors que l'autre partie, postérieure ou supérieure, est concave: c'est la. déviation sigmo'ùle.
Les symptômes subjectifs se bornent à l'obstruction nasale plus ou moins complète. Légère, lorsque la déviation est simple, elle peut prendre des proportions très marquées dans les cas de déviations sigmoïdes ou, ce qui est très fréquent, de déviation combinée avec un épaississement de la cloison.
Le nez extérieur présente souvent une petite incurvation correspondant à l'anomalie de la cloison.
Étiologie. — Trois causes peuvent provoquer des déviations du septum nasal :
1'' La pression directe des parties latérales voisines anormalement développées (dilatation du cornet moyen et de la bulle ethmoïdalet ;
2'' Les traumatismes. fréquents chez l'enfant, déterminant des fractures simples de la cloison qui, passant inaperçues, se consolident vicieusement:
5° Les troubles de développement : la cloison a une évolution indépendante de celle des parties latérales des fosses nasales. Que cette cloison tende à prendre un développement plus considérable que le cadre restreint dans lequel il doit être enchâssé le lui permet, il se passera ce qui suit : ou bien le septum s'incurvera à son point le plus faible et il en résultera une déviation physiologique. ou bien il s'arrêtera dans son développement et les matériaux destinés à son accroissement, détournés de leur destination, serviront à produire des excroissances; il en résultera les crêtes de la cloison. Naturellement les deux faits peuvent s'associer.
Il est inutile d'ajouter que le même eiïet mécanique se produit lorsque, la cloison ayant ses dimensions normales, c'est le cadre qui est trop petit et l'oblige à se replier: il en est ainsi, par exemple, chez les porteurs de végétations adénoïdes, dont la voûte palatine, formant une ogive très élevée, réduit notablement le diamètre vertical du nez et force la cloison à se plier.
Le diagnostic est facile à faire avec un peu d'habitude de la rhinoscopie. et en comparant les deux côtés.
(*) S.\RREMONE Des malformations de la cloiso7i du ne:. Tlièse de Paris. 1894.
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Traitement. — Les difïerents modes de trailemenl orlfto])étli(jUc sont insuffisanls et souvent insupportables.
Reste le traitement chirurgical. Diverses méthodes ont été proposées ayant pour but de rétablir la perméabilité des narines. Certains procédés ne s'attaquent pas à la lésion elle-même, et se bornent à rétablir le passage de l'air sans toucher à la cloison, en réduisant le cornet inférieur avec le galvano-cautère.
Les autres méthodes qui s'attaquent à l'obstacle lui-môme sont nombreuses, et il est difficile d'en adopter une à l'exclusion de toutes les autres. Réthi fait, au niveau de la portion la plus convexe, une section en croix intéressant toute l'épaisseur du cartilage et opère le redressement, qu'il maintient au moyen d'un drain enveloppé d'iodoforme. Petersen fait la résection sous-périostée du cartilage dévié; ce procédé donne des résultats parfaits, mais est d'une exécution très difficile. Le procédé d'Hajek, tout en étant d'une exécution assez délicate, exige moins de minutie que le précédent : après avoir tamponné les choanes, cocaïnisé le malade, Hajek, sectionnant de part en part le cartilage quadrangulaire, le transforme en un volet qui n'est plus retenu à la cloison que par son bord cthmoïdal. On refoule alors la partie convexe du côté de la narine la plus large, et on maintient la cloison verticale par un tamponnement des deux fosses nasales.
Si l'on a affaire à une déviation sigmoïde, on se contentera d'opérer la déviation inférieure, la supérieure étant souvent inaccessible, et gênant peu le malade.
D. SYNECHIES
Les synéchies nasales sont des adhérences en forme de cordons ou de membranes qui s'étendent le plus souvent entre le cornet inférieur et la cloison. Elles sont rarement congénitales, souvent acquises.
L'intégrité de la muqueuse est absolue dans les synéchies congénitales; dans les adhérences acquises, au contraire, la muqueuse présente soit des érosions, soit un tissu cicatriciel et blanchâtre.
Les synéchies se produisent quand les muqueuses en contact perdent leur épithélium. Les causes ordinaires de presque toutes les synéchies sont les cautérisations nasales.
Les synéchies ne donnent souvent lieu à aucun trouble. D'autres fois, elles entravent la respiration nasale ou donnent lieu à des troubles réflexes, tels que des migraines ou des névralgies du trijumeau.
Traitement. — Les soins consécutifs à toute intervention nasale doivent tendre à prévenir les synéchies. Une fois celles-ci produites, il faut les sectionner. Suivant leur résistance et leur consistance, on emploiera soit simplement le stylet mousse, soit les ciseaux, le couteau galvano-caustique ou la scie de Bosworth. C'est le pansement consécutif qui a le plus d'importance; il consiste à maintenir écartées avec des lanières de gaze iodoformées les deux surfaces bourgeonnantes .