‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 197 sur 260 · CHAPITRE III VICES DE CONFORMATIONS ET DIFFORMITÉS DU PHARYNX NASAL · texte numérisé non relu

CHAPITRE III VICES DE CONFORMATIONS ET DIFFORMITÉS DU PHARYNX NASAL

Les anomalies congénitales du pharynx nasal sont rares; elles consistent : 1" qh oblitération (') de V orifice postérieur des fosses nasales (choanes) ; 2° en adhérence du voile du 23alais à la paroi postérieure du pharynx (rare); 5" en divisions médianes du voile du palais; le voile bifide est assez souvent esquissé, par une encoche, qu'on observe à la pointe de la luette; A" en perforation, au niveau du pilier.

Les anomalies acquises sont le résultat d'ulcérations graves du voile (syphilis, lupus) et des cicatrices consécutives.

Dans une thèse étudiée, Georges Homolle(-) a décrit : I, les pertes de substance du voile et II, ses adhérences vicieuses.

l. Les piertes de substance du voile peuvent se présenter sous trois formes, que Fournier a heureusement caractérisées :

J" Echancrures marginales;

2'^ Ulcère perforant. ■

ô° Division en rideaux.

1° Echancrures marginales. — La lésion occupe le bord libre soit de l'un des piliers, soit du voile : la courbe normale que dessinent ces parties, est brusquement interrompue par l'intersection d'une courbe de rayon différent, ou par une incisurc plus ou moins profonde, et plus ou moins régulière. — - Cette portion est amincie, et donne lieu à une cicatrice marginale, linéaire, sous forme d'une bandelette nacrée.

2° Ulcère perforant. — 11 occupe fréquemment la ligne médiane : il peut alors affecter le voile ou la voûte; dans quelques cas rares, il siège au-dessus de l'un des piliers : le contour de la perte de substance est formé par un bord mince et nacré.

La perte de substance forme quelquefois une sorte de canal creusé à travers toute l'épaisseur des parties molles et du squelette osseux, comme si une portion de la voûte avait été détachée à V emporte-pièce.

5" Division en rideaux. — Quand une perforation s'est produite au voisinage du bord libre du voile, ou d'un pilier, et que, par ses progrès, elle s'étend jusqu'à ce bord même et en interrompt la continuité, ou bien lorsqu'une incisure profonde du bord libre va se continuer avec une perforation, le voile du palais

(*) EscAT, De là sténose congénitale des fosses nasales et du naso-pharynx. {Ârch. int. de laryn gol., mai, juin 1896.)

(-) Georges Homolle, Des scrofulides graves de. la muqueuse bucco-pharyngienne, Paris, 1875.

[GÉRARD-r>IARCHANT.-\

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sft trouve parlagé en deux lambeaux flottants, qui tendent à s'écarter 1 un de 1 "autre, à la manière de deux rideaux.

Le voile, partagé par cette division profonde, n'est plus susceptible de reprendre ses caractères de l'état normal : l'écarlement que les muscles tendent à produire, ici, comme dans les divisions congénitales, s'exagère sous l'influence du retrait cicatriciel, et l'isthme du gosier présente, au lieu du cintre régulier, qu'on lui connaît, une ogive très aiguë : tout le contour est marqué par une ligne fdsreuse, et très souvent des cicatrices plus ou moins profondes couvrent les parties voisines du voile.

II. Adhérences vicieuses. — Les adhérences du pilier ou du voile avec la paroi postérieure du pharynx s'observent fréquemment (lupus, syphilis).

Le pilier adhérent est le plus souvent porté en dedans, étalant ainsi la loge amygdalienne : mais il peut être, au contraire, caché derrière le pilier antérieur : l'excavation est alors complètement masquée.

Dans le cas de fusionnement du voile avec la paroi postérieure du pharynx, le voile forme un rideau transversalement tendu d'avant en arrière : il ne reste, entre lui et la paroi postérieure, qu'un orifice, dont le diamètre peut ne pas dépasser celui d'une plume d'oie, d'une aiguille à tricoter, ou s'effacer même complètement; les fosses nasales n'ont plus alors de communication avec la gorge (H. Paul, de Breslau, Arch. f. klin. Chir., t. VII, p. MO, et Arch. gén. de méd., 1865. — Isambert, Mém. de la Soc. des hôp., 187 J, p. 107. — Fougères, Thèse de Paris, 1871, n° 57. — G. Homolle, loc. cit.).

Nous n'avons pas à insister sur l'influence fâcheuse que des adhérences aussi étendues exercent ?,VivV audition, Volfaction, la voix et la respiration.

La staphylorraphie peut remédier à certaines de ces infirmités, de môme qu'il sera quelquefois possible de libérer les adhérences du voile à la paroi postérieure du pharynx: mais, malgré ces tentatives opératoires, le timbre de la voix est à jamais perdu.

Ces opérations ne doivent jamais être tentées avant la cicatrisation complète

des ulcérations.

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