‹ Traité de chirurgie publié sous la direction de Simon Duplay [et] Paul ReclusChapitre 34 sur 260 · IRIDECTOMIE · texte numérisé non relu

IRIDECTOMIE

La résection partielle de Tiris est pratiquée soit dans le but de permettre aux rayons lumineux d'arriver sur la rétine à travers un orifice situé plus périphériquement que l'orifice normal, soit dans le but de remédier à des phénomènes inflammatoires.

Dans le premier cas, l'iridectomie est dite optique; dans le second, elle est antiphlogistique.

L'iridectomie optique, ou opération de la pupille artificielle, trouve ses indications dans l'existence d'opacités centrales de la cornée, d'occlusion de la pupille et quelquefois aussi d'une cataracte capsulaire centrale.

L'iridectomie antiphlogistique a pour effet de diminuer la tension de l'œil, de prévenir le retour d'accidents inflammatoires. Elle est indiquée dans le glaucome, l'iritis et l'irido-choroïdite chroniques avec adhérences et dans les cas de synéchies postérieures totales ou multiples.

Nous verrons, à propos de l'opération de la cataracte, que l'iridectomie constitue un des temps de l'extraction dans l'opération de de Graefe dite extraction linéaire combinée.

D'une manière générale, lorsqu'on pratique l'iridectomie dans un but optique, on doit chercher à faire une pupille petite, et, à moins que la situation de l'opacité cornéenne oblige à agir autrement, on doit la placer en dedans et un peu en bas.

Si l'on a recours à l'iridectomie antiphlogistique, on tend à exciser plus largement l'iris et l'on place la perte de substance autant que possible en haut, de manière qu'elle soit dissimulée parla paupière supérieure.

Pour pratiquer l'iridectomie, les culs-de-sac de la conjonctive sont d'abord lavés avec une solution antiseptique, et l'œil est cocaïnisé. Cependant, comme l'anesthésie produite par la cocaïne ne s'étend pas à l'iris dont la section est à la fois délicate et douloureuse, on est quelquefois forcé de recourir au chloroforme pour les sujets indociles.

Les paupières étant maintenues écartées par le blépharostat à ressort, l'œil

est immobilisé avec la pince fixatrice. On pratique alors la ponction de la cornée, à l'endroit choisi, à l'aide d'un couteau lancéolaire droit ou coudé. Pour l'iridectomie optique, la situation de

FiG. 75. - Écarteur des paupières .le Panas. l'incision s'éloigUC légèrement

du limbe cornéen. L'iridectomie pratiquée pour les cas de glaucome doit être au contraire aussi large et aussi

FiG. 7i. ,— Pince fixatrice de de Graefe

périphérique que possible. L'instrument doit d'abord pénétrer plus ou moins perpendiculairement dans la cornée, puis le manche est abaissé, de manière

DES OPHUATIONS (U"I SE PRATIOUENT SIR LIHIS.

«.[ue la lame chcniiiie parallèleniont à l'iris s.ins (jiic la pointe risque de le blesser.

Dans quelques cas. le couleau de de Uraele esl plus commode pour opérer la section de la cornée. Il agit alors par ponction et contre-ponction, comme pour lopéralion de la cataracte.

L'humeur aqueuse étant évacuée, on introduit avec précaution, en déprimant la lèvre périphérique de lincision, la pince à

FiG. 73.

Couteau lancéolaire coudé.

FiG. 76.

Iridectomic. — Incision de la cornée.

iridectomie fermée, dans la chambre antérieure, et Ton saisit liris en entrouvrant

les mors de la pince. L'iris saisi est alors très doucement attiré hors de la plaie.

La section de la partie herniée de Tiris est pratiquée soit à Faide de ciseaux

FiG.

l'uic

i'c a iridectomie.

courbes, soit de préférence avec la pince-ciseaux de de Wecker. Elle est exécutée par un aide, pendant que le chirurgien maintient l'iris hors de la plaie et elle doit porter exactement auras de l'ouverture cornéenne. S'il n'a pas une confiance absolue dans l'habileté de l'aide, mieux vaut que le chirurgien lui abandonne la pince fixatrice pendant ce temps de l'opération et pratique lui-même la section de l'iris.

La pupille artificielle se trouve alors formée. Dans le cas où la section de la cornée a porté sur le limbe cornéen et où l'excision a été régulière, la perte de substance a la forme d'un trou de serrure.

Le nettoyage de la plaie, l'évacuation d'un peu de sang qui obstrue souvent la chambre antérieure, la réduction de petites portions d'iris, enclavées dans

FiG. 78. — Introduction des pinces pour saisir l'iris.

FiG. 79.

- Section du lambeau irien attiré au dehors.

les angles de la section de la cornée, pratiquée avec une fine spatule en écaille, constituent le troisième et dernier temps de l'opération.

Une rondelle de gaze aseptique au salol ou à l'iodoforme, de petits disques

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superposés d'ouate hydrophile et une hande pour maintenir le tout appliqué sur l'œil représentent un pansement légèrement compressil', (pii devra rester en place pendant A'ingt-quatre heures.

Le lendemain, l'œil est lavé doucement et l'on trouve généralement la plaie

de la cornée cicatrisée. On instille un peu d'atropine et l'on renouvelle le pansement qui, au bout de deux ou trois jours, peut être remplacé par un simple bandeau flottant.

Les suites de l'iridectomie sont habituellement simples. Les temps difficiles de l'opération sont la saisie de l'iris qui, pratiquée sans ménagements, expose à blesser la capsule du cristallin et la section de la partie saisie qu'une longue habitude permet seule d'exécuter avec une régularité parfaite.

FiG. 80. — Pince-ciseaux de de Wecker.

IRIDOTOMIE.

CORÉLYSIS

h'rndotomie, instituée par de Graefe, permet de rétablir une pupille dans les cas d'occlusion, sans exciser aucune portion de l'iris. Elle est applicable aux occlusions de la pupille que l'on observe après l'opération de la cataracte. La présence du cristallin, dans sa capsule, en arrière de l'iris, est un obstacle à la pratique de cette opération.

On procède d'abord comme pour l'iridectomie. Le couteau lancéolaire pénètre à la partie supérieure de la cornée ; lorsque la pointe est arrivée dans la chambre antérieure, on la dirige vers l'iris de manière à y faire une petite boutonnière. La pointe de l'instrument est ensuite dégagée. Par l'incision cornéenne on introduit alors la pince-ciseaux de de Wecker dont la branche postérieure mousse dépasse un peu la branche antérieure. Cette lame postérieure pénètre dans la boutonnière de l'iris et est poussée verticalement derrière cette membrane. La lame antérieure reste entre l'iris et la cornée.

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FiG. 8L — Spatule de Streatfield.

Le simple rapprochement des deux lames opère la section de l'iris suivant une ligne

FiG. 82. — Crochet de Weber.

FiG. 83. — Corélvsis.

verticale et dans une étendue de plusieurs millimètres.

La traction exercée par les fibres radiées de l'iris ne tarde pas à donner à cette simple section linéaire une forme elliptique, et l'on obtient ainsi une pupille régulière et centrale d'aspect beaucoup moins désagréable que la perte de substance de l'iridectomie la mieux réussie.

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