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KYSTES SÉREUX

oulose sont durs, bosselés, moins circonscrits; ils s'accompagnont souvent d'altération du cordon et de la prostate. La gangue scléreusc que laisse après elle l'épididymite uréthrale se rencontre toujours à la queue de l'organe, où elle décrit une sorte d'anse.

Traitement. — Les kystes spermatiques ne géneni que par leur volume; leur retentissement sur la spermatogenèse paraît nul, et, dans nombre d'observations, on mentionne l'intégrité des fonctions génitales.

Nous en renvoyons la thérapeutique à l'article Hydrocèle, car,- pour guérir les kystes, on a recours aux mêmes méthodes : les injections irritantes et l'incision antiseptique. Nous ajouterons l'extirpation, la meilleure de toutes et à laquelle nous avons systématiquement recours. Il faut inciser les tissus jusqu'à la poche, disséquer fin, et la tumeur, facilement décollée, tombe pour ainsi dire dans la main de l'opérateur.

GRANDS KYSTES SEREUX

Ils siègent sur l'épididyme et sur le cordon, et doivent être décrits dans des paragraphes distincts, car leur pathogénic peut être différente.

a. Les (jrands kystes de l' épididy me dérivent peut-être des petits, non pas de ceux qui siègent sur la face convexe de l'organe, mais au niveau du point où la séreuse se réfléchit pour former le cul-de-sac sous-épididymaire. Nous avons énoncé déjà l'opinion de Poirier, pour qui les petits kystes de cette région seraient dus à un enclavement de la séreuse; les espaces libres circonscrits par la coalescence incomplète des deux feuillets pourraient donner naissance à des cavités volumineuses. Hochenegg voulait en faire une ectasie des lymphatiques, mais cette hypothèse semble peu vraisemblable, et l'endothélium qui les tapisse ne plaide pas plus en faveur de l'origine lymphatique que de l'origine séreuse.

Depuis longtemps l'existence de ces kystes sous-épididymaires est admise : Paul Broca a publié une observation qui se réclame de cette origine ; elle avait le volume d'un œuf et refoulait le testicule en bas et l'épididyme en haut; elle présentait cinq ou six bosselures dues à la distension des parois ; elle était cloisonnée par un diaphragme ouvert en un point; le liquide, citrin, ne contenait pas de spermatozoïdes. Denucé donne un fait analogue : le kyste adhère à l'albuginée et

à l'épididyme; il est gros comme une noix, bosselé, et contient un liquide visqueux, sans animalcules, avec des globules rouges et des cristaux de cholestérine. Les parois sont épaisses, la cavité est cloisonnée par des travées librouses qui limitent les poches communiquant entre elles, sauf deux plus petites et

FiG. -J&O.

Kyste séreux sous-épididymairc.

(Monod et Terrillon.)

[P. RECLUSri

l-2iO

CORDON SPERMATIOUE ET VÉSICULES SÉ.MIXALES.

parfaitement closes. La vaginale, intermédiaire à lépidiclyme et au testicule, rappelle les parois de ce kyste.

L'enclavement de la séreuse, la dilatation des cryptes du cul-de-sac vaginal expliquent le développement de la plupart de ces kystes séreux; mais tous ont-ils cette pathogénie? Nous en avons vu qui coexistaient avec un kyste spermati(iue, et, n'était la présence des animalcules, leur aspect ne difTère en rien de celui de la cavité où nagent les zoospermes. Nous avons examiné sur un sujet de l'École pratique une pièce où quatre kystes paraissaient d'une même venue; le premier, du volume d'une noix, se trouvait sur la tète de l'épididyAie: il contenait un liquide lactescent et des spermatozoïdes en suspension: le deuxième et le troisième étaient distendus par un liquide sans animalcules: quant au ({uatrième, il remontait le long du cordon. Pour les séparer, une dissection délicate a été nécessaire; leur structure semblait identique.

h. Les kystes du cordon peuvent avoir pour origine les débris wolffiens échelonnés le long du canal déférent, et une étude plus approfondie de la structure des parois démontrera si le fait signalé par Vautrin et Baraban reste unique. Mais la plupart des auteurs les considèrent comme le vestige du canal péritonéovaginal. Avant la naissance, le péritoine descend au fond des bourses, et lorsque le testicule achève sa migration, il trouve une cavité préformée, prolongement digitiforme de la séreuse abdominale; quand est achevé lexode de la

glande, ce canal s'oblitèi^e, et il n'en reste qu'une ampoule, la vaginale qui entoure le testicule. Auguste Broca insiste aussi sur un prolongement tubulé qu'il a vu sur le cadavre dans de nombreuses dissections : « La vaginale, peut-être un peu plus spacieuse, semble close; mais si on l'examine de près, on voit en haut, en général en dedans du cordon, un diamètre de pertuis variable et où la sonde cannelée pénètre parfois jus(iu"à l'anneau externe. » Ce canal, dont nous avons déjà parlé, doit être rapproché des « tunnellisations » ascendantes ou descendantes qui naissent sous des valvules semblables à celles qu'a décrites Ramonède. Enfin, ajoute Broca, Hugo Sachs a souvent noté l'insinuation du feuillet séreux entre les éléments du cordon : le microscope révèle ces débris séreux avec cavité virtuelle au milieu des coupes transversales du cordon.

Ces notions renferment toute la pathogénie des kystes du cordon. Que l'oblitération du canal péritonéo-vaginal soit incomplète, qu'un segment de ce conduit ne se fusionne pas, une cavité, isolée de la vaginale et de la séreuse abdominale, persiste où du liquide s'accumule et le kyste est constitué; qu'une série d'altérations partielles s'échelonne, on aura ces kystes en chapelet dont on signale quelques observations; que les tunnellisations verticales se laissent distendre par la sérosité, et des poches se formeront qui pourront coïncider avec des kystes du conduit principal. On sait combien fréquemment se rencontre une hernie concomitante acquise ou surtout congénitale. Nous venons d'opérer un enfant dont l'anse intestinale avait

FiG. 291. — Kyste du cordon et liernie inffuinale.

SPERMATOCKLE. I'2U

pénétré dans le canal périlonéo- vaginal jusqu'au niveau de la vaginale oblitérée; en arrière de lui se trouvait un kyste, probablement développé dans le diverticule de Broca.

On signale d'autres complications : l'hydrocèle coexiste souvent: on a noté des kystes del'épididyme. Une inflammation peut frapper la cavité, et aura pour conséquence l'épaississement des parois, la formation de néomembranes à vaisseaux friables, caractéristiques de la pachyvaginalite. Routier en a publié une observation; la poclie, qui avait un prolongement al>dominal, fut incisée et décortiquée. Ces complications, l'existence d'une hernie débordante, la multiplicité des kystes, parfois la difficulté de déceler la transparence, la fluctuation peu nette dans une tumeur très tendue rendent le diagnostic impossible. L'erreur est fréquente avec une épiplocèle ou un kyste sacculairc, épanchement dans un sac herniaire déshabité.

2° SPERMATOCÈLE

On nomme spermatocèle une tuméfaction formée par l'accumulation de la semence dans le testicvde ou surtout dans l'épididyme, et c'est à tort que certains auteurs, parmi lesquels Kocher, ont appliqué ce mot aux kystes spermatiques. Cette affection est peu connue : la clinique en est faite d'après quelques anecdotes, et l'anatomie pathologique sur des trouvailles d'autopsie.

PoRTAL, Spermatocèle. Précis de chirurgie pratique. Poris, 1768, 2° partie, p. 677. — Bres- CHET, Observations et réflexions sur la fistule spermatique et sur la tumeur spermatique ou spermatocèle. Soc. de méd., 17 juin 1826. Journal gén. de méd., de cliir. et de pharm. Paris, 1826, p. 338. — GossELiN, Mémoire sur les oblitérations des voies spermatiques. Ârch. gén. de méd., 1847, t. XIV, p. 405, et ibidem, 18oô, t. II, p. 257. — Gavasse, Un point de l'histoire du spermatocèle. Gaz. des hûp. Paris, 1860, p. 578. — Bouisson, Spermatocèle. Montpellier méd., 1863, t. X, p. 503. — Paul Reclus, Bull, de la Soc. anal., 1875, p. 302. — Ed. Brissaud, Étude anatomo-pathologique sur les effets de la ligature du canal déférent. Arch. de physiol. norm. et pathnl. Paris, 1880, t. VII, p. 769. — Moxod et Terrillon, Traité des maladies du testicule, 1889, p. 551.

On en décrit deux degrés : dans le premier, il s'agit d'une distension passagère; sous l'influence d'une excitation génésique prolongée, d'une continence trop absolue ou d'un orgasme vénérien sans éjaculalion, la glande se tuméfie; l'épididyme, dur et gonflé, coiffe comme d'un casque le testicule douloureux. On sait l'histoire, contée par Bouisson, d'un jeune commis voyageur enfermé auprès d'une femme dans un coupé de diligence; Curling, Breschet, Cavasse en rapportent de semblables, et Morillon a observé un individu dont le spermatocèle, disparu pendant le mariage, reparut pendant le veuvage. On explique ces faits par un rétrécissement spasmodique derrière lecpu^l s'accumulerait le sperme sécrété en plus grande abondance. De fréquentes récidives amèneraient des altérations permanentes et, à trente-huit ans, le commis voyageur de Bouisson présentait un développement anormal des épididymes mous et comme fongueux. Les crises se rapprochent si les excitations persistent avec la continence; les accidents s'aggravent et, dans les observations de Cavasse, le spermatocèle unilatéral rappelait une éi)ididymite au début. Le coït régulier, les pollutions nocturnes ou la masturbation mettent un terme à ces crises qui se répétèrent 15 à 20 fois chez le malade de Cavasse.

Pour le premier degré, nous n'avons trouvé que des faits clinii[ues et pas un

[P. RECLUSi

examen anatomique; pour le deuxième degré, la dilatation permanente, nous n'avons plus que des autopsies et pas une observation clinique: si, un fait de Crompton — car celui de Bouisson est vraiment trop douteux — où chez un individu survenaient, avant et après le coït, une douleur vive et, à l'origine du canal déférent, une petite tumeur qui n'existait pas à l'état normal. Dès qu'on touchait le scrotum, elle grossissait à vue d'œil jusqu'à atteindre le volume d'une févcrole. Crompton attribuait le rétrécissement, en amont duquel cette dilatation s'était formée, à une orchite blennorragique qui avait laissé un noyau fibreux dans la queue de l'épididyme. — Gosselin a vu sur le cadavre trois spermatocèles qui succédaient à une oblitération, l'un du canal déférent, et les deux autres du tube épididymaire dont les circonvolutions avaient un calibre six fois plus considérable; le testicule n'avait subi aucune altération et continuait à sécréter des animalcules.

J'ai publié un cas souvent reproduit : le testicule ne paraît offrir aucune altération; les tubes séminifères ne sont pas plus dilatés qu'à l'état normal; mais, dès la tète de l'épididyme, les cônes sont gorgés d'un liquide blanchâtre qui dessine par transparence les flexuosités des tubes ; le corps, lui aussi, est rempli de sperme, mais c'est à la queue surtout que cette substance s'est accumulée; le canal déférent est dur, tendu, plus volumineux et l'on aperçoit, dans son intérieur, une colonne de liquide blanc nacré dont les reflets rappellent l'orient opalin des perles. Si l'on comprime la queue pour expulser ce liquide vers le canal déférent, il ne peut franchir un certain point malgré un effort énergique. Sous une pression de 10 centimètres, le mercure a filé dans le canal et s'est arrêté au point que nous jugions rétréci; en augmentant la pressioi^ nous avons constaté le passage pénible de deux ou trois gouttelettes de mercure : le rétrécissement n'était pas infranchissable.

Ces accumulations de sperme sont fréquentes: dans les épididymes, on trouve souvent des cônes vides; puis, tout à côté, d'autres tubes remplis d'une substance « crème au café » qui, examinée au microscope, fourmille de spermatozoïdes et de cellules pleines de granulations graisseuses. Ces faits se rapportent à des oblitérations de certains territoires de la tête de l'épididyme. Brissaud a étudié sur l'appareil séminal du lapin les effets de la ligature du canal déférent. Au début, le testicule grossit ; les tubes séminifères sont doublés ou triplés de volume et peut-être la spermatogenèse s'exagère-t-elle ; plus tard, les épithéliums deviennent inactifs et semblables à ceux de jeunes sujets dont l'appétit génésique nest pas encore éveillé; quant à l'épididyme, son tube prend d'abord un développement énorme, puis survient une inflammation épithéliale du canal épididymaire, suivie à brève échéance d'une inflammation insterstitielle qui aboutit parfois à l'oblitération des canaux excréteurs du sperme. Cette dilatation peut-elle être continue et avoir pour conséquence la formation d'une vaste poche? Bouisson le pense d'après l'examen d'une pièce dont l'histoire clinique reste inconnue. Ce n'est pas avec des faits aussi discutables qu'on décrira le spermatocèle.

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