‹ Traité de chirurgie (volume 2)Chapitre 96 sur 166 · DILATATIONS CONGÉNITALES DE L'URETHRE · texte numérisé non relu

DILATATIONS CONGÉNITALES DE L'URETHRE

Ce vice de conformation est infiniment rare. Nous nous en tiendrons a description donnée par Guyon dans sa thèse.

Un cas de Delbovier (■^) (occlusion siégeant au niveau du ligament pubien, pas de dilalation en arrière d'elle, dilatation considérable au niveau du gland) tendrait à prouver la possibilité d'une dilatation congénitale sans cause mécanique.

Inversement, voici une observation d'Hendriksz (d'Amsterdam) dans laquelle la dilatation paraît être due à la présence de deux plis valvulaires. Il s'agit d'un enfant de huit ans qui portait au-dessous du pénis, une bourse flasque très plissée, occupant toute la portion comprise entre la fosse naviculaire et l'arcade du pubis et capable de contenir toute l'urine d'une miction. Le méat était bien conformé. Pour vider sa bourse, l'enfant était obligé de la comprimer assez fortement avec les deux mains. Par l'exploration à l'aide d'une sonde, on constatait l'intégrité de la paroi supérieure de l'urèthre, mais l'absence de la paroi inférieure sur toute la longueur correspondant à la poche. Hendriksz guérit cette infirmité par l'opération suivante : La tumeur, distendue par une injection d'eau tiède, fut circonscrite par deux incisions semi-elliptiques. La membrane propre de la bourse fut dénudée et incisée. Alors le chirurgien reconnut la présence de deux plis valvulaires de la muqueuse uréthrale situés aux deux orifices de la poche et les détruisit. Après avoir réséqué la portion exubérante des parois, il sutura séparément les lèvres de la muqueuse et les bords cutanés. Une sonde à demeure fut laissée quelque temps et la guérison fut complète.

Voici enfin un fait de dilatation congénitale sans occlusion, il a été recueilli par M. Anger, alors interne du service de Lai.gier, à l'Hôtel-Dieu. Un enfant de trois ans, chétif, à tous antécédents héréditaires, porte au-dessous de la verge un appendice cutané, en forme de crête, épais, irrégulier, pendant de 4 centimètres 1/2 environ, et constitué par une poche qui, à l'état de vacuité, est aplatie latéralement et sillonnée de plusieurs plis divergents. L'orifice préputial permet d'entrevoir le bout du gland et un méat normal. La verge est un peu plus grosse qu'on ne l'observe à cet âge; son bord supérieur présente une courbure très accentuée en haut et en arrière. Un stylet glissé le long de la face supérieure de l'urèthre pénètre aisément dans la vessie; si l'on veut suivre la paroi inférieure, on tombe immédiatement dans la poche. Il n'existe de valvule

(') Journal de SédUlot, l. XXVII, p. .".70.

[^) Depaul, Gaz. hebd. de méd. el de chir., 1860, t. VII, p. 524, et Annales de la méd. belge, mai 1842j 5' catiier, p. 10 et suiv.

EMBOUCHURES ANOMALES DES ORIFICES DE L'URÈTHRE. Tr.O

en aucun point de rurèlhre. Pendant la miction, la poche se distend peu à peu et acquiert le volume d'un gros œuf de poule. Ses parois, déplissées, sont tendues et transparentes. La poche prend la forme d'un estomac dont le méat serait le pylore et la partie postérieure de la verge, l'œsophage. Le jet. unicpie. a la forme et les dimensions ordinaires. Les efforts de la miction terminés, il dure encore un instant, puis s'arrête. La poche, restée pleine, ne peut être vidée que par la pression entre les doigts.

De ces trois observations, ressort nettement la conclusion suivante : les dilatations congénitales de l'urèthre ne dépendent pas d'une cause mécanique analogue à celle qui produit les dilala- /&

FiG. 1S(3.

Poche urineuse congénitale à l'étal de vacuité et au moment de la miction. lorsqu'elle est distendue par l'urine. (Anger.)

tions accidentelles, en arrière d'un rétrécissement par exemple. L'absence de toute trace du corps spongieux dans la texture des poches urineuses congénitales tendrait plutôt à incriminer un arrêt de développement du squelette spongieux qui faciliterait la distension de la paroi uréthrale réduite à la muqueuse seule. La gravité du pronostic dépend du degré de la gêne apportée à l'exercice des fonctions urinaires et génératrices, et de la nature des malformations concomitantes. Quant au traitement, nous ne pouvons que nous en rapporter à l'observation d'Hendriksz.

EMBOUCHURES ANOMALES DES ORIFICES DE L'URÈTHRE ET D'ORGANES VOISINS DANS L'URÈTHRE

On n'a jamais observé d'embouchure anomale de l'orifice poalérieiir ou vésical de l'urèthre.

On a noté au contraire plusieurs variétés d'embouchure anomale du méat.

Malgaigne (') les a indiquées sommairement dans son Anatomie chirurgicale., et, en 1845, Guillon a présenté à l'Académie des sciences un sujet chez lequel le méat urinaire formait une sorte de poche à parois assez minces, qui souvrait sur le côté droit du gland; le jet d'urine décrivait un angle presque droit avec le pénis et se divisait comme l'eau qui sort d'une pomme d'arrosoir. Dans des

[}) T. II, p. 24i, 2^- édition.

[£. rORGUE.\

cas de ce genre, il suffit de créer un nouveau méat à sa place normale. S'il existe une poche voisine du méat, on n'aura qu'à exciser ses parois.

Les seuls faits A'emboucJnire anomale de rini des segments de Turèthre qu'on ait observés, se rapportent à des cas d'ouverture dans le rectum, accompagnée d'autres malformations de la verge que nous avons déjà étudiées.

h'ejnboucJiure anomale du rectum, dans Viirèthre s'accompagne toujours d'une oblitération de l'anus. Elle doit donc être étudiée avec les vices de conformation de l'anus et du rectum.

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