B. — COMPRESSIONS
Dans cette classe d'occlusions, l'agent mécanique, extérieur à 1 intestin, arrête le cours des matières par striction ou par pression. Tantôt, l'intestin est comprimé ou élreint sur une surface étroite ; tantôt, au contraire, sur une surface large :
(') Melchiori, Bull, de la Soc. de cliir., 18G0. Rapport de Giraklès. (*) Nicaise, Revue de chir., 1881, p. 54.
[AD. JALAGaiERI
A. Compressions étroites. — Los compressions étroites consliluent, avec rinvagination, une des causes les plus communes d'occlusion. Il s'agit d'un étranglement véritable, en tout comparable, au point de vue de son évolution et de ses effets, à l'étranglement herniaire.
L'intestin peut être étranglé par des brider accidentelles, résultant d'inflammations localisées du péritoine, qui sont, le plus souvent, des pelvipéritonites, et aussi, mais plus rarement, des pérityphlites. Parmi ces brides, les unes sont courtes et adhérentes par leurs deux extrémités, soit à deux points voisins de la paroi abdominale, soit à l'un des viscères contenus dans l'abdomen, de manière à constituer une sorte de pont, sous lequel une anse d'intestin peut s'engager; les autres sont longues, de manière à pouvoir s'enrouler autour de l'intestin. Dans certains cas, avi contraire, c'est l'intestin qui s'enroule ou qui se coude sur la bride, à laquelle il est comme suspendu. Suivant Trêves, la plupart de ces brides sont des cordons fibreux, du volume d'une sonde n" \ ou n° G; cependant Terrier (') a fait la laparotomie pour un cas dans lequel la bride avait le volume du petit doigt.
D'après Fitz("), les prétendues brides accidentelles ne devraient pas être attribuées, aussi souvent qu'on le fait, à une inflammation antérieure du péritoine; elles résulteraient très fréquemment de la persistance de quelques débris des vaisseaux omphalo-mésenlériques.
Il faut rapprocher de ces étranglements par brides purement accidentelles, les occlusions par une frange épiploïque adhérente à la paroi abdominale, au voisinage de l'ombilic ou d'un orifice herniaire, ou même au mésentère, comme dans une observation de Berger ('); ainsi que les occlusions par la trompe de Fallope, par le pédicule d'un kyste ovarique opéré, mais surtout par l'appendice iléo-Ciiecal ou par un diverticule de l'intestin grêle.
Les étranglements par diveriicules méritent plus ({u'une simple menlion :
Le diverticule de Meckel est un vestige du canal vitellin qui, normalement, disparaît, chez l'embryon humain, vers la huitième semaine de la vie intra-utérine. Le pédicule de ce canal persiste, quelquefois, sous forme d'un diverticule qui s'insère constamment sur la dernière portion de l'iléon, à une distance variable de la valvule iléo-cœcale. D'après Augier (^), auteur d'une bonne thèse sur ce sujet, on le trouverait environ 1 fois sur 50 (6 fois sur 500 autopsies). Le diverticule s'implante, le plus souvent, sur le bord convexe de l'intestin; quelquefois sur une des faces latérales; très rarement au niveau de l'insertion du mésentère. Sa structure est celle de l'intestin grêle. Sa longueur varie de 2 à 16 centimètres (Augier) ; il se termine par une extrémité arrondie ou conique, quelcjuefois par une véritable ampoule piriforme. Cette extrémité est libre et flottante, ou bien adhérente, soit intimement, soit par quelques tractus plus ou moins larges, à l'ombilic ou à un autre point de la paroi abdominale, au mésentère, au caecum, ou bien à l'iléon lui-même. Parmi ces adhérences, les unes, comme celles qui se font au voisinage de l'ombilic, sont le reste d'un état embryonnaire, les autres sont le résultat d'inflammations antérieures du diverticule.
(') Terrieh, Bull, de la Snc. de clilr., LS'O, p. 564. (-) FiTZ, Amer. Journal of rned. sciences, juillol 1884. (^) Berger, BuU. de la Soc. de chir., 1880, p. 001. (*) Augier, Thèse de Paris, 1888, p. 7.