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SYMPTOMES ET ÉVOLUTION DES HERNIES

de celle-ci, cette tuméfaction est en général sessile, globuleuse, hémisphérique ou ovoïde : quelquefois elle s'allonge et prend une forme cylindrique ou piriforme. Généralement régulière, elle peut présenter des bosselures et des points rétrécis qui dépendent des particularités que nous avons signalées dans la conformation du sac et dans la disposition des plans anatomiques environnants.

Quand la hernie est très petite, ou lorsque la région qu'elle occupe est très profonde, elle ne détermine même aucun relief appréciable à la vue et ce n'est que par la palpation qu'on peut avoir la notion de son existence.

La palpation permet de circonscrire les limites de la tumeur et de reconnaître qu'elle se continue dans la profondeur par un pédicule plus ou moins large qui paraît s'enfoncer dans la paroi abdominale.

La consistance présente une certaine élasticité; dans les efforts, dans la toux, elle devient plus ferme, en même temps que la tumeur augmente de volume cl que la main qui la circonscrit perçoit une sensation de choc ou d'expansion, ce qu'on rend en disant que les hernies présentent de Yimpulsion.

L^ne pression un peu soutenue, quelquefois un simple attouchement, suffisent pour faire diminuer de volume la tuméfaction, puis la faire disparaître. Pendant que cette réduction s'opère, on constate le plus souvent un (jargouUlement caractéristique que ressentent les doigts, mais qui peut être parfois entendu même à distance.

Certaines pointes de hernie, qui ne déterminent aucune saillie perceptible à la vue ni à la palpation, ne se révèlent que par le gargouillement qui accompagne leur réduction lorsqu'on vient à appliquer sur elles l'extrémité du doigt.

Lorsque la hernie s'est réduite, le doigt peut s'engager à sa suite dans le trajet herniaire, s'enfoncer dans la paroi abdominale, reconnaître le contour et les dimensions des orifices herniaires. Si l'on dit au malade de faire efïbrt ou de tousser, le doigt introduit dans le trajet sent alors l'impulsion que lui communique l'intestin qui tend à redescendre dans la hernie.

Le gargouillement indique la présence de l'intestin dans la hernie : celle-ci est encore révélée par la souplesse, parla consistance uniforme de la tumeur et par une sonorité manifeste à la percussion.

L'ateence de sonorité, la sensation d'un corps lobule, finement granuleux, qui s'étale et se déplisse entre les doigts qui l'explorent, font reconnaître l'épiploon (').

Benno Schmidt avance que certaines hernies, chez des enfants très jeunes, peuvent présenter de la transparence; il est probable qu'il n été trompé par la diffusion des rayons lumineux au travers des couches superficielles de la tumeur, grâce à un phénomène analogue à celui qu'on observe quand on fait écran avec les doigts à une lumière vive. La transparence dune tumeur semblable indique toujours l'existence d'un épanchement liquide, d'une hydrocèle, dans sa cavité.

Dans un cas que j'ai observé, une hernie des plus volumineuses présentait des battements, des pulsations isochrones au pouls et perceptibles à la vue; en

(') Notons comme signe exceptionnel une sensation de frémissement, analogue au frémissement hydatique, que donnait aux doigts une hernie épigastrique dans les eiïorts de toux. Ce frémissement, qui lit confondre la tumeur en question avec un kyste hydatique, pai'aissait dû à l'afflux des liquides dans l'anse intestinale contenue dans la hernie, s'il faut en croire l'auteur. On peut se demander s'il ne s'agissait pas seulement du froissement que l'on perçoit souvent dans les épiplocèles ou dans les hernies graisseuses de la hgne blanche quand on les explore dans les mêmes conditions. (Lennhoff, Ueber ein dem Hydalidenschiuirreii ùlinliches Sprilzphdnomen bel Hernien der Linea alba. Bcrliner klin. Woch., 189G, n° 51.)

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la saisissant avec les mains, on sentait que cette hernie était le siège d'une expansion manifeste, due à l'afflux du sang dans l'intestin à chaque systole cardiaque. Ce fait est le seul dont j'aie connaissance où ce signe ait été observé; mais, dans les très grosses hernies, il n'est pas rare de voir les anses intestinales se dessiner au travers des enveloppes et être parfois le siège de contractions péristaltiques; celles-ci s'accompagnent quelquefois de gargouillements et d'une sensation de colique.

Suivant la facilité plus ou moins grande avec laquelle les hernies ressortent quand elles ont été réduites, Gosselin les a divisées en quatre catégories principales que voici :

1° La hernie ne sort pas quand le malade est dans la position horizontale, même lorsqu'on le fait tousser; elle ne sort pas non plus toutes les fois qu'il est debout; elle ne paraît que de temps à autre et seulement sous l'influence d'un effort considérable, dans la station debout ou dans la position accroupie. En général, ces hernies qui sortent rarement et difficilement sont peu volumineuses et se voient sur des sujets qui font peu d'efforts ou qui ont longtemps porté de bons bandages. On les observe plus souvent chez les individus de la classe aisée que chez ceux de la classe pauvre.

2" La hernie rentre facilement d'elle-même quand le malade est dans la position horizontale, et elle sort difficilement tant qu'il reste au lit; mais, s'il vient à se mettre debout, elle se reproduit sans eflbrt ou à la suite d'un effort modéré. Telles sont les hernies de beaucoup d'enfants, d'un certain nombre de femmes ; telles sont, chez tous les sujets, les hernies peu volumineuses qui sortent par des anneaux peu dilatés.

5'' La hernie rentre encore facilement, mais on la voit reparaître avec rapidité, même dans la position horizontale, aussitôt qu'on fait tousser le malade.

4" La hernie est continuellement dehors. Si on la fait rentrer, elle sort sans effort, même au lit. Lorsque le malade est levé et veut mettre un bandage, elle séchappe aussitôt sous la pelote. A cette catégorie se rattachent la plupart des hernies volumineuses qui sortent à travers des ouvertures extrêmement élargies, celles aussi qu'on nomme incoercibles.

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