KYSTES HYDATKJUES DES OS DU CRANE
Anatomie pathologique. — Les observations de kystes hydatiques du crâne, que nous connaissons, appartiennent à la \ariélé unilocuhnre : c'est ainsi (jue dans l'observation de Langenbeck, après la trépanation de la table externe du frontal et l'ouverture du sinus, « il s'écoula une humeur lymphatique claire et visqueuse, et l'on vit une vessie à parois brillantes qui remjjlissait tout le sinus, et d'où s'écoulait une humeur lymphatique, car elle avait été déchirée lors de l'ouverture de la cavité osseuse; l'hydatide fut saisie avec des pinces et arrachée par lambeaux.
La cavité avait o pouces de diamètre dans un sens, et 3 pouces 1/2 dans un autre sens; on reconnaissait facilement avec le doigt la paroi postérieure du sinus frontal; la paroi antérieure était très spongieuse et mince. En examinant les parois du kyste qu'on avait retiré, on les trouva épaisses et presque cartilagineuses à sa base; à l'intérieur, il était partagé en un grand nombre de cellules qui contenaient un pus fluide et jaunâtre. »
R. Keate découvrit aussi au cours de l'opération « une vessie à parois minces qui se déchira et laissa écouler un liquide incolore ».
C'est par un travail d'écartement, d'amincissement, et même de destruction des parois du sinus que les kystes se développent : les parois de la cavité ainsi distendue sont raboteuses et irrégulières, sans nécrose.
La table externe peut être perforée : chez le malade de Verdalle il existait un orifice osseux, à bords nettement taillés à l'emporte-pièce. Le liquide contenu dans ces poches était clair et limpide.
Sous l'influence de l'accroissement de ces kystes, le cerveau est comprimé mécaniquement, mais sans nulle altération de sa texture. Guesnard dit explicitement dans son observation : « La substance cérébrale n'est ramollie dans aucun point; sa consistance, sa couleur sont normales; l'hémisphère droit est remarquable par la compression qu'il a éprouvée, fortement excavé à sa base et sur les cc)tés de son lobe moyen; ses circonvolutions ont en partie disparu, et ses anfractuosités sont bien moins étendues. Le plancher du ventricule latéral droit s'élève \ pouce plus haut que celui du côté opposé et touche au plafond du même ventricule. La couche optique et les corps striés sont légèrement aplatis. Du reste, aucun liquide n'existe dans les cavités du cerveau. »
Symptômes. — Celte affection s'observe chez de jeunes sujets : c'est à sepl ans (Guesnard), à dix-huit ans (R. Keate, Verdalle, Denucé), à dix-sept ans (Langenbeck), que les malades se sont présentés à l'observation du chirurgien; mais comme il y a dans le développement de ces kystes une période latente prolongée, on est autorisé à admettre que leur début remontait à l'extrême jeunesse.
Le kyste hydatique étant une aftection essentiellement indolente, ne donne lieu à aucun signe appréciable, jusqu'au jour où la tuméfaction osseuse se produit : d'après les faits connus, c'est au niveau du sinus frontal que la tuméfaction s'est d'abord manifestée.
Il existe alors une tumeur arrondie, profondément fluctuante, à paroi osseuse amincie, quelquefois dépressible « comme le couvercle d'une boîte de ferblanc » (Langenbeck), d'autres fois très dure (Keate).
Cette tumeur offre ce caractère essentiel qu'elle est animée d'un double bat-
Lement; mais il ne s'agit pas d'un mouvement d'expansion : c'est un mouvement de soulèvement et, en l'analysant, on constate qu'il est double, isochrone d'une part aux mouvements artériels, et d'autre part au rythme respiratoire.
Le volume de cette tumeur est variable, mais notable cependant: le kyste a été comparé aux trois cjuarls dune orane;-e (Keate), Il était « considérable » dans le cas de Langenbeck (puisque la cavité avait .") pouces de diamètre dans un sens et 5 pouces 1/2 dans un autre).
Sous l'influence de l'accroissement, et probablement de circonstances extérieures nocives, le kyste peut finir par sabcéder, et donne lieu à un trajet fistuleux.
Le jeune berger observé par Verdalle et Denucé portait depuis trois ans un trajet fistuleux : le slylet pénétrait par la fiatule jusque dans une cavité fongueuse.
L'exploration, rendue plus facile, en raison de raiîaissement de la poche, permit, dans ce même cas, de constater Vexistence d'un orifice osseux, à bords nettement taillés à l'einporte-jnèce.
Les phénomènes cérébraux sont peu accusés (Keate), ou nuls (Langenbeck, Verdalle) ; la compression cérébrale s'établissant lentement, sans réaction périphérique sur les méninges ou le cerveau, on peut s'expliquer ce silence du cerveau.
Cependant le malade de Keate présentait des vertiges, des tintements d'oreilles et de violents maux de tète.
Les troubles du côté de l'appareil de la vision sont beaucoup plus graves : la vision était totalement abolie, et dans un cas, l'orbite et le globe de l'œil étaient simultanément repoussés en bas et en dehors, de sorte que l'œil était presque au niveau de la pointe du nez.
En résumant ces symptômes, on arrive à cette conclusion décourageante, qu'il est impossible de faire le diagnostic de pareilles tumeurs : ni l'âge du sujet, ni l'indolence de la tumeur, ni sa forme, ni son déveloi)pement extrêmement lent, ni les signes locaux sur lesquels nous venons d'insister, ne guitlent le clinicien.
C'est au cours de l'opération (pic les cliirurgiens (pie nous avons cités ont reconnu la nature hydali({ue(lu kyste; seule la ponction exploratrice, en révélant la clarté, la transparence du li(iuide, la présence de crochets, permettra de conclure à l'existence d'un kyste hydatique.
Pronostic. — Les hydatides du ciAuc ne mettent pas l'existence en jeu. mais ils sont surtout graves par les troubles cpi'ils produisent sur rai)pareil de la vision.
Traitement. — L'ablation des kystes hydatiqucs, accessibles, des os du crdne, est le seul traitement à préconiser. Nous ne ferons en cela qu'imiter les bergers dont parle Kscanaguel : « sur les dunes (pii servent de digues à l'océan, nous avons appris des bergers que lors(iue leurs moutons présentaient des cas d'hydatides des os du crAne, et «pie ces derniers, usés, amincis, bombaient en tumeur, ils brisaient tran(iuillement cette portion de la boîte
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épicrânienne, vidaient les hydalides, et par cette opération guérissaient leurs animaux. »
Cette ablation comprend :