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ARACTERES ANATOMIQUES DES HERNIES

aspect caractéristique ; il ne peut se déplisser ni s'étendre ; il est dépourvu de graisse et présente une consistance et une texture fibreuse caract(''risti([ues. La portion située au-dessous de ce point rétréci peut avoir conservé ses caractères normaux, mais généralement elle perd sa souplesse, devient inégale, bosselée et plus dure ; cette modification de sa consistance est due à des dépôts plastiques développés sous l'intluence d'un travail d'inflammation chronique. L'épiploon devient alors irréductible. Cet état coïncide presque toujours avec des adhérences solides qui fixent l'épiploon à la paroi interne du sac, le plus souvent au niveau du collet. Fréquemment aussi l'épiploon adhère aux autres organes contenus dans la hernie, à l'épididyme, au testicule, à la vessie, enfin à l'intestin lui-même. Ces adhérences sont constituées par un tissu fibreux en général peu vasculaire. Elles peuvent donner lieu à une disposition singulière, bien étudiée par Prescott He\vett('), disposition d'après laquelle, à l'intérieur du sac, l'épiploon forme autour de l'intestin une deuxième enveloppe complète, un sac êpiploïque fermé de toutes parts. L'épiploon adhère presque toujours en pareil cas à la face interne du sac; d'autre part, comme je l'ai constaté dans un cas, il peut avoir contracté des adhésions intimes avec l'intestin qu'il enveloppe. Voici, suivant l'auteur anglais, comment se constitue cette singulière anomalie : l'épiploon adhérant au pourtour du collet du sac, l'intestin, pour y descendre, est obligé de déprimer ce voile membraneux dont il se coiffe. On peut aussi concevoir que l'épiploon se fronce au niveau du collet et que ses plis se soudent pour former une sorte de capuchon dans lequel vient s'engager l'anse, quand elle descend dans la hernie. Quel que soit son mode de développement, cette disposition crée les plus sérieux obstacles à la réduction de l'intestin dans l'opération de la hernie étranglée.

Moins communément que l'épiploon et l'intestin, mais très fréquemment encore, le gros intestin descend dans les hernies. Ce sont par ordre de fréquence VS iliaque, le côlon transverse et le caecum qu'on y trouve le plus souvent ; puis viennent les côlons ascendant et descendant. Les déplacements du rectum, son prolapsus, les rectocèlcs, ne sont pas considérés comme des hernies. Les hernies du gros intestin d'ailleurs présentent des caractères sur lesquels nous aurons à revenir en étudiant les hernies compliquées d'adhérences.

Tous les viscères, à l'exception peut-être du pancréas, ont été rencontrés dans les hernies. Si les cas dans lesquels le foie s'est trouvé compris dans ces déplacements appartiennent plutôt à la tératologie, c'est dans des hernies ordinaires qu'on a constaté la présence de l'estomac, de la vessie, des trompes et des ovaires, de l'utérus même gravide, de la rate et du rein. Le caractère insolite de la présence de ces organes dans les tumeurs fait que les hernies qui les comprennent doivent être décrites à part comme des variétés rares au point de vue de leur contenu.

Les organes contenus dans une hernie peuvent être le siège d'altérations pathologiques diverses sur lesquelles nous aurons à revenir en parlant des complications et des accidents dont les hernies peuvent être le siège. C'est

(') Med.-chir. Transnrt., 1844, et Journ. de Malgaigne, 1840, l. VI.

CONSTITUTIUN DM I.A IIKUNMK. 559

ainsi (lu'oii y a <)!)S(M'\('' dos liimoui-s ol si^'M-ialcniciil des cancors de l'inlcsliii, qu'on a j)n voii" lôpiploon coiilcnii dans la InMiiio alloini d'une inlillralidn lubcnndonso (|ni no s'élcndail j>as au reslo de la sôrcnsc périlonéalo. Snr tinc pièce recueillie par UunUn- chez un singe et déposée au Collège des chirurgiens de Londres, on peut constater l'existence de 6 ou 7 kystes hydatiqucs occuj>anl répi|)loon compris dans une hernie inguinale, et même une vésicule hydalicpu^ libre dans le sac herniaire (').

Dans des cas fort rares on a décrit, à l'intérieur de sacs herniaires, l'existence de productions polypiformcs, pourvues d'un pédicule se rattachant aux environs du collet, et terminées par une extrémité renflée qui flottait dans la cavité du sac(-); ces végétations renrermaient un licpiide séro-nuKjueux, la séreuse du sac leur formait un revêtement péritonéal complet. Ce sont très probablement au début des lipomes, qui soulèvent le péritoine pariétal aux environs de l'orifice herniaire, qui se pédiculisent, puis s'engagent dans la hernie, dans laquelle ils finissent par attirer leur point d'attache lui-même. L'atrophie, la dégénération muqueuse de la graisse ({ui les constitue, l'infiltration de leur tissu par la sérosité, les transforment à la longue en appendices hydropiques.

On a môme constaté l'existence de corps étrangers organiques mobiles dans la cavité de certains sacs herniaires. Les observations de cet ordre ont été publiées par Canton ('*), Shaw (*) et Murchison (^). Il s'agissait dans ces cas de productions libres de toute adhérence avec les parois du sac ou avec les organes qui y étaient contenus, de volume variable (la plus volumineuse avait 1 pouce i/ti de diamètre), dures, ayant l'aspect et la consistance du tissu fibreux ou du tissu cartilagineux. Ces corps étrangers étaient parfois formés de couches stratifiées; dans les trois cas que nous avons cités, leur partie centrale possédait les caractères du tissu adipeux ; dans deux de ces faits, on pouvait retrouver à leur surface une sorte de bile où paraissait s'être implanté un pédicule. Deux de ces corps étrangers furent trouvés à l'autopsie des sujets qui en étaient porteurs; le troisième, qui mettait obstacle à l'application d'un bandage, fut extirpé par Shaw au moyen d'une incision : il avait le volume d'une châtaigne.

Ces corps étrangers organiques des sacs herniaires s'étaient vraisemblablement formés aux dépens d'appendices épiploïques du gros intestin, un travail d'irritation chroni(pie ayant déterminé le dépôt de couches fibrineuses autour du noyau adipeux qui en constituait l'élément primitif; ultérieurement le pédicule qui les rattachait à l'intestin se serait rompu, et le corps étranger, devenu libre dans la cavité péritonéale, serait venu tomber dans le sac herniaire.

(') J. Bland Sutton, Inguinal hernia in monkeys. Transiirt. of the palh. Soc. of London, vol. XXXIX, p. 4oo, 1888.

(-) Hans P^latten, Eine nierkiviirdige Herniotomie. Centralhlall fiiv CInr., n° 2, 1887, et G. d'Ajutolo, Soc. médico-cliir. de Bologne, 11 févr. 1887.

(') Canton, The Lancet, 1850, p. 18G.

(*) Shaw, Transnct. of the path. Soc. of London, 1853, p. 204.

(5) MuncuisoN, Ibid., t. XV, 18(34.

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