NES-VIVANTS
Lô^i limes.
1llé{ri limes.
Total.
Mort-
nés.
des nais sauces.
Pour 10,000 liabilanls
' Nés vivants
Morl-
nés.
ht
Naissances
totales
Moyennes .
MALADIES ( LEM VI EIIIOl ES.
Eu jetant les yeux sur les chiffres proportionnels, on constate tout de suite une diminution tellement sensible de la natalité, que l’on se demande si c’est bien là un résultat normal. Mais le doute n’est pas de longue durée, car en se reportant au recensement de 1861, dont les chiffres n’ont rien d’hypothétique, on voit que la proportion totale pour ces deux années 1861. 1866, donne déjà nue différence considérable : 546 naissances pour 10,000 habitants en 1861, 526 en 1866. Les chiffres ne sont pas de même provenance, il est vrai, mais l’écart entre le Bulletin municipal q\,Y Annuaire des longitudes est nul pour l’année 1866, ce qui établit suffisamment l’exactitude de la comparaison pour 1861.
Il y a donc en réalité une diminution dans la natalité à Paris, et en examinant les chiffres des recensements antérieurs, on trouve des proportions tout-à-fait significatives. En 1826, 557 naissances vivantes pour 10,000 habitants; en 1851, 581; en 1856, 518; en 1841,520; en 1846, 516; en 1851, 507 ; en 1856, 521 ; en 1861, 522 ; en 1866, 502. En ajoutant les morts-nés, les proportions à partir de 1856 deviennent : 558, 546, 558, 529, 545, 546, 526. Ainsi ce dernier chiffre est inférieur à celui de tous les recensements précédents, depuis près d’un demi-siècle. Ce fait
méritait d’ètre noté.
Ajoutons incidemment que parmi les enfants légitimes, la proportion des nés vivants est de 71,6 p. 100, alors qu’elle n’est que de 66,5 pour les enfants illégitimes. Ainsi la proportion des morts-nés est de 5,1 p. 100 plus forte parmi ces derniers.
Si l’on rapproche le chiffre des naissances vivantes de celui des femmes dans l’àge de fécondité, quinze à quarante-cinq ans, on trouve le rapport 10.48 enfants pour 100 femmes. Ce rapport monte à 15,95 pour les femmes mariées, et descend à 6,45 pour les femmes non mariées. Mais il ne faut pas prendre à la lettre ce dernier résultat, car si toutes les femmes mariées sont exposées à la conception, il n’en est pas de même pour les autres. C’est donc là un fait mathématique, mais point du tout un fait médical ni moral.
Lors du recensement de 1866, on a constaté, pour la France entière, la proportion 20,66 naissances pour 100 femmes mariées et 1,85 pour 100 femmes non mariées. Ces différences sont considérables, et il y en a encoie une assez marquée si l’on prend les chiffres du département de la Seine en son entier, 14,92 dans le premier cas, 6,52 dans le second. Ce n’est pas la, on doit le comprendre, une question de fécondité; il n’y a pas lieu de songer à une influence climatérique. Quant aux circonstances delà \ie parisienne, les seules auxquelles on puisse imputer ces résultats, chacun peut les interpréter à sa guise; le champ est large et ouvert a toutes les suppositions.
Les naissances illégitimes à Paris sont dans la proportion : 28,4 p. 100 du chiffre total. 11 est assurément permis de croire que la fécondité, ou plutôt l’aptitude à la fécondité, est la même pour les femmes des deux catégories, quel que soit d’ailleurs leur étal civil. On pourrait donc, sans
CLIMAT DE PARIS
trop (le hardiesse, tirer des chiffres ci-dessus un enseignement tout au moins démographique, c’est-à-dire déterminer, à peu de chose près, quel est le nombre des femmes non mariées qui s'exposent à la grossesse. Mais pour arriver à ce résultat, il convient de revenir aux chiffres totaux de la natalité, abstraction faite de la vitalité ultérieure. C’est là évidemment qu’est le vrai point de vue médical et démographique, surtout si l’on considère qu’un bon nombre des morts-nés sont seulement des décédés avant leur inscription à l'état civil.
Ceci admis, nous trouvons les chiffres suivants : Natalité annuelle moyenne, 59,295; soit 11,55 pour 100 femmes de quinze à quarante-cinq ans. Natalité légitime, 42,258, soit 15 p. 100 femmes mariées de cet âge. Natalité illégitime, 17,055; soit 7,07 pour 100 femmes non mariées de cet
âge.
Par conséquent, en admêtlant l’aptitude normale pour les deux catégories, il y a moitié des femmes non mariées qui s’exposent à la grossesse; soit, en chiffres exacts, 4-7,2 sur 100, ou 115,940 femmes de quinze à quarante-cinq ans. Sur le chiffre total des femmes de cet âge, abstraction faite de l’état civil, la proportion est de 21 ,8 p. 100. Il y a donc 782 femmes adultes sur 1,000 à Paris, qui contribuent à la population et qui s’exposent à toutes les chances de la grossesse et de la parturition, soit 595,565 en moyenne. Le lecteur curieux du côté moral de la question, trouvera sans doute utile de connaître la proportion corrélative de population adulte mâle. Elle est de 677,924 hommes de quinze à soixante ans, et de 705,218 si l’on y ajoute la garnison.
Voici maintenant la répartition, par mois et par saison, de cette natalité. La question n’est pas sans importance au point de vue des conditions atmosphériques, dont on connaît l’influence sur les maladies puerpérales, comme aussi au point de vue de la conception. Pour obtenir les faits exacts, il a fallu opérer cette répartition par jour et adopter le mois type de trente journées. Voici le résultat du calcul ainsi établi :
Ce tableau ne comprend que les naissances vivantes. La durée de la gestation est trop variable, parmi les morts-nés, pour qu’il soit possible de les introduire ici.
En l’examinant, on voit qu’il naît en moyenne 150 enfants par jour à Paris , soit 8,20 pour 100,000 habitants. Cette moyenne monte à 165 pour février et descend à 144 en octobre. Pour 1,000 naissances annuelles, il y en a 2,74 par jour; en février cette moyenne monte à 2,97; en octobre elle descend à 2,62.
Tableau C. — Natalité par mois.
Naissances
des
cinq années
Moyenne
pour
le mois de trente j o u r s .
Moyenne réelle par jour.
Naissances par jour.
Pour 1 Pour -1000 nais-- 1 00,000 sances. : habitants.
Epoque
approxima-
tive
de la conception.