MALAISIE
plante appelée Krouboul , dont la fleur étonne le botaniste; elle a 2 mètres 20 de circonférence, et pèse environ 7 kilogrammes. Elle croît et s’épanouit sans lige ni feuilles. On devrait l’appeler raflesia de Sumatra.
Les chevaux sont petits, les vaches et les brebis de médiocre taille, ces dernières viennent du Bengale. Le buffle est employé à quelques travaux. Les forêts nourissent l’élépliant, le rhinocéros, l’hippopotame, le tigre royal, l’ours noir qui mange le cœur des cocotiers, la loutre, le porc-épic, des daims, des sangliers^, des civettes et beaucoup d’espèces de singes, le iribbon aux longs bras. Le maïba ou tapir indicus est le tapir bicolore de Malacca. Parmi les nombreux oiseaux le faisan de Sumatra est. d’une rare beauté. Les poules d’Inde y abondent. L’ardea argala est la plus grande espèce du genre héron, on la retrouve au Bengale et dans le midi de l’Afrique. L’angang ou l’oiseau rhinocéros, porte sur son bec une espèce de corne, c’est un casoar. Les rivières sont infestées de crocodiles et remplies de toute sorte de poissons. On trouve à Sumatra le caméléon et le lézard-volant.
Les insectes y fourmillent et sont très incommodes, les moustiques, les fourmis ailées, les termites qui rongent tout,
L’hirondelle dont on mange les nids gélatineux est très commune.
Java. — L’ile de Java domine, par sa position, les principales entrées qui baignent l’Asie orientale. Elle n’égale point en étendue ni Sumatra ni Bornéo, mais ses habitants sont plus nombreux et plus industrieux. L’île a plusieurs pics volcaniques dans ses montagnes. Il y a trois volcans en activité : l’ajouna, haut de 5,500 mètres, rejette continuellement de la
fumée.
Plusieurs rivières sont navigables. On a aussi exagéré l’insalubrité du climat de Java; Batavia s’est beaucoup assainie depuis la création de la Aille haute: à 10 ou 12 lieues dans l’intérieur, il y a des collines élevées où l’air est frais et sain, les habitants en sont vigoureux et les médecins
y envoient leurs clients.
La température de Java, suit naturellement les variations des moussons au sud de l’équateur, la présence du soleil amène la mousson des pluies qui durent d’octobre en avril, tandis que la mousson opposée y amène la sécheresse d’avril en septembre. Depuis la mer jusqu’aux montagnes, la végétation est très variée. Le riz des deux espèces y croît en abondance, ainsi que le maïs ; on y récolte plusieurs espèces de haricots, des lentilles, du millet, du sorgho jaune, des ignames, des patates douces, des pommes de terre d’Europe. On trouve en abondance, dans les jardins, d’excellents légumes, tels que les raves blanches de la Chine, les pois d’Angole et toutes les plantes potagères d’Europe. Les cannes à sucre rendent beaucoup plus que celles d’Amérique* Le café et l’indigo sont cultivés sur une grande étendue. Le thé, dont les premiers arbustes ont été importés du Japon en 1827, réussit très bien. La cannelle, introduite aussi depuis peu, rivalise avec celle de Ceylan. La cochenille s’élève en plein air sur les
214 CLIMATS D0CÉAN1E.
nopals. Le tabac cultivé à Java est excellent; le poivre y est très abondant.
Le cocotier, naturel au pays, fournit du bois, de l’huile, du savon, du vinaigre. Il y a des végétaux vénéneux, tels que l’upas tieuté ou tjetlek (strychnos) et l’upas antiar (antiaria loxicaria).
Les fougères sont très hautes, les mousses montent à un pied. Les végétaux à fruits sont : le bananier de paradis, le bananier nain qui produit une banane très délicate, l’ananas, la goyave, le jacquier des Indes, les mangoustans, les melons d’eau, les oranges, les pamplemousses, les citrons.
La pulpe des fruits du caneficier, fournit deux sortes de casse à la médecine : cassia fistula et cassia javanica. Les gousses pendant de l’arbre en bâtonnets, d’où le nom de casse en bâtons, donné à celle qui vient des Antilles. Java produit aussi deux espèces de colon, l’un provenant de l’arbuste gossypium indicum, l’autre d’un arbre élevé gossypium arboreum.
Il y a beaucoup de buffles, de bœufs, de chevaux dans certaines parties de l’ile. Les moutons sont rares, ils ont du poil au lieu de laine et les oreilles pendantes. 11 y a des éléphants, des chameaux, des ânes, des cerfs, des gazelles, des lièvres, des lapins, des sangliers, une espèce des rhinocéros et le tigre royal. Les iguanes, les caméléons, les lézards pullulent.
Parmi les singes de Java, il faut citer le simnopithèque nègre et la macaque brune. On trouve aussi dans les bois l’écureuil bicolore et l’écureuil volant de Java.
Tous les oiseaux de basse-cour, qu’on y a transportés d’Europe, s’y sont acclimatés. Les oies et les canards sauvages, les cailles, les bécassines, les faisans, les grèbes, les pics, l’aigle blanc, le paon sont communs. On y remarque aussi le gigantesque émeu ou casoar des Moluques; plusieurs espèces de perroquets, qu’on ne trouve point ailleurs, tels que les loris rouges et le cacatoès blanc, remarquable par la huppe qu’il porte sur la tète. Les coqs sauvages ont le plumage très brillant et la crête blanche mêlée d’une teinte légère de violet.
Dans les marais habitent une vipère verdâtre, très dangereuse, et un serpent redoutable l’outa sawa, qui avale des volailles et même des chevreaux. Il n’y manque pas non plus des crocodiles énormes.
Les dragons volants, voltigent aux environs des villes, pendant la plus plus grande chaleur du jour, comme la chauve-souris en Europe. La cigale musicale se perche sur les arbres; son chant métallique est comparé an son d’une trompette. La blatte et de petites fourmies rouges et blanche; (termites) s’insinuent partout, rongent et mangent tout. La terre fourmilh d’autres insectes nuisibles ou dangereux. Java fournit en abondance les fameux nids de l’hirondelle esculenta, si recherchés des Chinois. C’esl dans les excavations des contreforts calcaires de la chaîne du Salak, que sc fait la principale cueillette de ces nids.
Batavia est la capitale des Indes Hollandaises. L’ancienne ville était basse, sillonée de canaux aux eaux stagnantes, emprisonnée dans les