CODA
§ 558 —Au sujet du mot Coda employé dans les airs de danse, une explication est nécessaire.
Dans les polkas, les valses, [as polka -mazurkas, etc. on voit souvent, figurer, en tête du groupe de répétition, le mot coda, qui signifie exactement: queue, appendice, cest-â-dire: chose ajoutée à la suite du corps principal.
Or, logiquement, pour lui laisser sa signification précise, ce mot ne devrait se présenter qu'à la fin de ce groupe de répétition, puisque celui-ci fait partie intégrante du corps même du morceau.
Mais, dans le cas qui nous occupe, il faut considérer que le mot Coda est mis à la place des mots: dernière j'ois ou pour finir.
En effet, quand on joue cette musique pouv faire danse?: on peut, afin de prolonger la durée de la danse, répéter autant de fois que l'on veut les deu.v premiers groupes du morceau; ce qui est indiqué, a la fin du deuxième groupe, soit par un renvoi (%) soit par les mots Da capo (D.C. par abréviatiou )
Et lorsqu'enfin on veut en finir, on passe à la dernière fois, qui, ainsi que nous venons de le dire, est indiquée, ordinairement, par le mot coda.
Cette dernière partie du morceau se termine, effectivement, par la véritable coda; mais cel^' le-ci ne commence, en réalité, qu'après Y achèvement du groupe de répétition.
La véritable coda est généralement fort courte, surtout dans les airs de dinise tels que la polka et la polka -mazurka .
Dans les suites de valses, la coda est beaucoup plus développée, parce quelle renferme un résumé des principaux motifs du morceau.
ÉPISODES SUSPENSIFS ET TRANSITIFS ou passages épisodiques
§ 559 —Ou a vu que, dans la fugue, on appelle épisode, tout passage qui, n'étant ni le sujet ni la réponse, sert à reposer de l'un et de l'autre, ii conduire de l'un a l'autre, et à préparer, au moyen de modulations, les diverses tonalités par lesquelles on doit passer.
De même, nous appelons épisodes ou passages épisodiques, ces sortes de hors-d'oeuvre qui. dans les airs de danse, sont intercalés entre deu.v phrases, sans faire partie ni de l'une ni de l'antre, et qui, par eux-mêmes, n'ont pas ce qui constitue un motif proprement dit.
§ 560— Nous distinguons deu.v espèces d'épisodes dans les airs de danse: savoir: 19 l'épisode suspensif; 2" l'épisode transitif.
§ 561 — L' épisode suspensif est celui qui n'a pour Lut que de suspendre momentanément le sens mélodique, afin de reposer des motifs et d'en taire désirer le retour.
A.L .'.ts'.e.'.
$ 562.— Uépisode transitif est celui qui, tout en reposant des motifs, prépare la transition qui peut être nécessaire pour passer de l'un à l'autre, quand ils sont de rythmes ou de tons différents.
§ 563.— Ces épisodes, qu'ils soient transitifs ou seulement suspensifs, ne sont pas astreints à la même carrure que les motifs véritables; mais, dans la valse, la polka et la polka-mazurka, il est indispensable qu'ils aient un nombre pair de mesures; et, dans la schottisch,'\\ faut même que ce nombre de mesures soit divisible par quatre.
On verra la raison de tout cela aux divers chapitres qui sont consacrés à chacune de ces danses.
§ 564.— Pour ne pas arrêter les danseurs dans leur élan, il est bon que les épisodes conservent le rythme et le mouvement de la danse à laquelle ils appartiennent, et qu'ils en marquent les temps principaux.
§ 565.— Il est mauvais, d'ailleurs, d'abuser de ces hors d'oeuvre, comme l'ont l'ait certains compositeurs de musique de danse; car. si l'effet en est parfois heureux, d'autres fois, il est visible qu'on n'y a recours que pour coudre, tant bien que mal, deu.v motifs de tonalités hétérogènes Aaul l'enchaînement ne pouvait se faire naturellement et sans soudure.