MAUVAISES COUPES DE VERS
et arrangement des différents couplets sur le même air (Page 299 )§§ 935 à 944 Variantes de fantaisie (Page 301) §§ 942 a 944
$ 1053.— Ainsi qu'il a été dit déjà (§£ 770 à 774) les vers d'une certaine dimension qui n'ont pas de césure (notamment ceux de huit syllabes) ne se prêtent pas toujours au bon développement rythmique de la phrase musicale.
Et nous ajoutons: ces vers sans césure peuvent être surtout gênants dans les morceaux à couplets .
§ 1054.— Or, s'il est parfois difficile de faire aller sur le même air les deux seuls couplets dont se compose, ordinairement, une romance d'opéra, on doit comprendre que la difficulté doit être souvent plus grande encore quand il s'agit des trois, quatre ou cinq couplets d'une chanson ou d'une romance comme il en existe beaucoup pour le salon.
En effet, tel rythme musical qui convient parfaitement a tel couplet peut ne pas convenir du tout a tel autre; et 'nous le répétons, c'est, le plus souvent, la coupe des huit pieds sans césure qui présente cet inconvénient.
A L. SX!»".»
6 1055.— Celle coupe, ingrate pour le musicien, est, au contraire, rfe* />/«« commodes pour le versificateur; aussi, en fait-il un très grand usage.
Pour le /(f/r/c qui ne destine pas ses vers ii la musique, il est tout naturel et tort légitime qu'il ne tienne aucun compte des exigences de cette dernière, et qu'il use des libertés que lui accordent les règles de lu versification
[Néanmoins, de véritables poètes ont écrit des pièces de vers qui sont rythmées a la manière des meilleurs fermes lyriques.— Théophile Gautier, par exemple, h qui l'on prête ces paroles: "La musique est le plus cher de tous les bruits " parait ne pas avoir dédaigné ce bruit si cher quand il a écrit des vers comme ceux-ci:
Il \ZIIKL
Daiio le bain, A nm il l'ii'd .l'aime à voir lii' riiir jaune
sur les dalles.
ne'frl i^ti'Tit
des sandales cl d'argent
(36 vers de H pieds sur le même rythme)
Quand viendra Quand auront .
Tous les dcii\, .
Four cueillir
V1LLANELLE
la saison
disparu
nous irons, le muguet .
etc.
nouvelle ,
les froids,
ma belle,
au bois
(7 vers de 8 pieds,(rul/i»ies comme ci-dcssus)el 1 vers de 2 pieds, pour chacune des trois strophes)
R.-B— Cette dernière pièce île vêts, si bien taillée pour la musique, a tenté bien des compositeurs, qui en mil t'ait des mélodies publiées sous divers titres: Yillanelle, La saison nouvelle, vie.
8 1056.— Sans donner à ses vers une coupe aussi uniforme que celle des vers précédents, le parolier qui écrit pour le musicien doit chercher a favoriser Péclosion de mélodies franches , régulières et bien rythmées. A cet effet, lorsqu'il divise sa pbésie par strophes, dans l'intention d'en obtenir des couplets qui aillent tous sur le même air, il faut qu'il prenne le soin de faire concorder les repos principaux des vers qui se correspondent dans chaque strophe, pour que le musicien puisse trouver un rythme qui convienne également a tous les couplets.
Malheureusement, cette condition est trop souvent négligée par le parolier, et il est rare que le compositeur ne soit pas forcé d'apporter des modifications plus ou moins légères, plus ou moins profondes, à Y air du premier couplet pour l'adapter à chacun des couplets subséquents.
8 1057.— Ce que nous venons de dire s'applique, non seulement aux vers de huit pieds, mais encore à tous ceux qui, dans leur cours, sont susceptibles de renfermer me ou plusieurs syllabes d'appui réclamant un repos.
Voici quelques exemples des modifications qu'on peut être obligé d'apporter, selon le cas, à Voir du/-'' couplet, pour en obtenir une bonne adaptation aux couplets suivants: