CHAP. XUI. — CONSTANTES OPTIQUES
manière qu'on puisse en chaufTer l'extrémité par une lampe à espritde-Yin ou un bec de gaz. La lame de gypse s'échaulTe et Ton voit les axes, qui étaient d'abord écartés de 57<* à 58<», se rapprocher de plus en plus jusqu'à se réunir. Cette réunion ne se produit cependant pas en même temps pour toutes les couleurs ; Tuniaxie se produit d*abord pour le rouge, puis pour le bleu.
Lorsque la température dépasse celle qui produit l'uniaxie pour une couleur, le jaune par exemple, n^ — n^ est nul pour cette couleur. Si Ton élève encore davantage la température, n^ — n^ devient nul, c'està-dire que la direction de l'axe moyen de Tellipsoîde inverse devient celle de Taxe minimum, et la direction de l'axe minimum devient celle de l'axe moyen. Le plan des axes qui, à la température ordinaire, coïncide avec ^', se place donc perpendiculairement et, dans cette nouvelle position, Tangle des axes s'accroît régulièrement. L'^xpé* rience ne peut d'ailleurs être poussée très loin, car le gypse se décompose, en se déshydratant, à la température de 110^ environ.
Observations sar les variations 4e l*éeartenient ani^nlalre des
axes optiques. — La variation de Técartcment angulaire des axes, qui est une conséquence de celle des axes de l'ellipsoïde optique avec la température, est au reste un phénomène relativement facile à étudier en ayant recours à une disposition du microscope à lumière convergente décrite dans le chapitre précédent. M. Des Cloizeaux, qui a imaginé cette disposition, s'en est servi pour elTectuer de nombreuses observations *.
Parmi les substances étudiées par lui, la plupart ont montré une variation faible ou inappréciable de l'écartement angulaire des axes. 11 ne faudrait pas en conclure que, pour ces substances, la biréfringence ne varie pas d'une manière sensible avec la température, car, pour que la grandeur de V reste sans changement, il suffit que les
variations de tï5 et de v laissent à peu près constant le rapport — . Tel
est, par exemple, le cas de la boracite, dont l'écartement angulaire reste presque invariable, tandis que la biréfringence diminue d'une manière très sensible à mesure que la température s'élève.
D'autres substances, au contraire, subissent, sous l'influence de laccroissement de la température, une variation forte ou notable de
1. Voir sartout : Mémoires présentés à C Académie des sciences t t. XVIII, p. 512,
récartement angulaire des axes optiques. Je citerai seulement les vantes :
165^5' à iS^ 74^2' i960 85021' 90
Calamine. . 1 ^^^^^ ^2io
Sulfate de strontiane | ^^^^^, ^^^^
( 16*22' 12* Carbonate de plomb 1 330 3/ 950
l 124*50' 16* Sel de Seignette poUssique ... | |^qo20' 72*
Tous ces nombres se rapportent aux rayons rouges. Ceux qui expriment la température ne sont qu*approchès et sont probablement tous trop forts pour les températures élevées.
Variations dans i'orientaCion des axes de Tellipsorde opil^inew^
Dans les cristaux rhombiques, la position des axes de l'ellipsoïde optique est fixée par la symétrie; elle est donc invariable avec la température. Hais il n'en est plus de même dans les cristaux clinorhombiques pour les deux axes situés dans le plan de symétrie, et dans les cristaux anorthiques pour les trois axes. Dans le gypse, par exemple, le plan des axes coïncide avec le plan de symétrie g^ à la température ordinaire; le symbole optique est A*Bc= — 37*28' à la température
de 19* (Angstrôm). La dispersion est inclinée, c'est-i-dire que les courbes isochromatiques sont symétriques par rapport au plan des axes. Les phénomènes ne sont pas les mêmes autour des deux axes optiques. Autour de l'un d'entre eux, les anneaux sont plus larges et l'hyperbole offre à l'extérieur une bordure violette ; autour de l'autre axe, les anneaux sont plus rétrécis et l'hyperbole, est bordée à Texterieur par du rouge wa peu vineux. Lorsqu'on élève la température, les deux axes se rapprochent l'un de l'autre, mais l'axe à larges anneaux se meut à peu près deux fois plus vite que l'autre, de sorte que la bissectrice marche du côté de l'axe optique à petits anneaux. M. Des Cloizeaux estime que de 20* à 95* la bissectrice s'est ainsi déplacée de 5* 28' environ.
Le même phénomène se manifeste pour l'azotate double de lanthane et d'ammoniaque qui cristallise dans le système dinorhombique avec