III. ÉLECTRICITÉ DÉGAGÉE PAR LES CRISTAUX
1"* ÉLECTRICITé DÉGAGÉB V\R UNE ACTION véCANIQUE. — Pl£zO-llLECTRICITi.
Éieciricité dégagée par le eiivage. — Les cristaux peuvent être, dans certaines conditions, de véritables sources d'électricité. Les cristaux non conducteurs peuvent, comme tous les corps analogues, se charger d'électricité par le frottement, mais jusqu'à présent on n'a signalé aucun fait qui fasse penser que ce phénomène puisse être mis en rapport avec la structure cristalline. Il ne serait pas cepen-
dant impossible que certaines faces d*uii môme cristal prissent par le frottement, les unes Télectricité négative, les autres, la positive.
Les cristaux peuvent aussi, d*aprës Becquerel S s'électriser par clivage. Si l'on clive rapidement une lame de mica dans l'obscurité, on observe une lueur phosphorescente, et il se produit en même temps un dégagement d'électricité, chaque lame emportant des électricités contraires. L'intensité électrique est d'autant plus grande que la séparation a été plus rapide. Becquerel recommande, pour que l'expérience réussisse, de bien dessécher la surface du mica.
Lorsqu'on rapproche les lames clivées et qu'on les sépare de nouveau après les avoir légèremenl pressées jusqu'à les faire adhérer, les lames reprennent la même électricité qu'elles avaient prise au moment du clivage. L'effet est particulièrement marqué, ajoute cependant Becquerel, quand on élève légèrement la température de la lame qui présentait l'état négatif en sortant du clivage.
Cette expérience curieuse mériterait d'être reprise, car elle donne lieu à une grave difficulté. Le plan de clivage du mica étant un plan de symétrie', on ne voit pas bien quelle est la raison qui peut donner à Tune des lames une certaine électricité, et à l'autre une électricité contraire. On est obligé d'admettre que ce sont les conditions accidentelles de l'expérience qui règlent le phénomène, et celui-ci perd alors beaucoup de son importance.
Becquerel en tirait la conclusion que le mouvement relatif de deux molécules à l'état libre pouvait développer de l'électricité dans chacune d'elles. Certaines expériences portent à croire qu'il peut en être ainsi, mais seulement lorsque les faces des molécules qui se regardent ne sont pas semblables.
La pression peut aussi développer de l'électricité dans les cristaux. Haùy' dit avoir constaté, par exemple, qu'en pressant un rhomboèdre de spath entre les doigts, on lui communique de l'électricité négative qu'il peut garder ensuite pendant très longtemps. L'illustre créateur de la cristallographie dit même s'être servi de cette propriété pour construire un électroscope consistant simplement en une aiguille légère tournant horizontalement sur un pivot, et portant à une extrémité un