PRÉFACE
DU SECOND VOLUMK
Les développements auxquels m'a entraîné Timportance toujours croissante de l'optique cristallographique ne m'ont pas permis de compléter dans ce volume, comme je l'espérais, l'exposé de la science des cristaux. J'ai dû m'y borner à l'étude des modifications que subissent les divers phénomènes physiques lorsqu'ils ont pour siège la matière cristallisée.
La plupart de ces modifications sont susceptibles d'une représentation géométrique remarquable.
Lorsque, sous l'influence d'une certaine cause, il se pro* duit dans un corps un phénomène physique suivant une direction déterminée, la cause restant la même en grandeur mais variant en direction, la grandeur et la direction du phénomène varient en général à la fois. Si, sur chacune des directions de l'espace issues d'un même point, on porte une longueur proportionnelle à la grandeur du phénomène qui lui est propre, le lieu des extrémités des rayons vecteurs ainsi définis est un eUipsolde.
Je me suis attaché à montrer que cette loi est générale ; qu'elle ne dépend ni de la nature du phénomène physique, ni même de la structure réticulaire des cristaux, mais qu'elle est une simple conséquence de l'homogénéité supposée de la substance, de la
VI l'RKFACE DU SECOND VOLI ME.
continuité du phénomène dans l'espace, et de la proportionnalité de Tcffet à la cause.
Dans Tétat actuel de la science, aucune théorie ne permet de déduire, de la struclure de Tcdifice cristallin, la nature des modifications que cet édifice fait subir aux phénomènes physiques. Mais la cause et l'effet devant nécessairement être régis par la même symétrie, l'observation de ces modifications et de la symétrie qu'elles présentent, offre un moyen de déterminer la symétrie dont les cristaux sont doués.
Ce moyen vient s'ajouter à celui que nous offre déjà l'étude de la forme extérieure. Il a une portée moindre que ce dernier, puisque la morphologie cristalline ne se borne pas à déterminer la symétrie du cristal, mais nous fait connaître en outre, avec les paramètres cristallographiques, la forme môme de la maille du réseau. En revanche, il se montre souvent, dans les limites où il est renfermé, plus délicat et plus précis, en même temps qu'il a l'avantage de pouvoir être appliqué aux fragments les plus informes et les plus petits de la substance.
Avec ce volume se termine l'exposé des procédés* d'investigation dont l'observateur dispose pour l'étude des substances cristallisées qu'offre la nature ou que fabriquent les chimistes.
Un troisième et dernier volume sera consacré aux faits q.ui concernent la forme extérieure ainsi que la structure intérieure des cristaux, et dont ces divers procédés d'investigation ont enrichi la science. On aura ainsi à y parler de l'hémitropie, des groupements pseudo-symétriques, de l'isomorphisme, du dimorphisme, de la genèse des cristaux, etc.