Pogg. Ann
CHAP. XV. — PHlXOMÈNES ÉLECTRIQUES, 551
Caldte. Disque parallèle à Taxe
Axe équatorial
Sidérose id.
id.
Tourmaline id.
Axe axial.
Émeraude id.
id.
Bismuth id.
id.
Aragonite. Disque parallèle à Taxe vertical
h équatorial
Salpêtre. id.
id.
Barytine. Plan de clivage p
b équatorial
Gypse. Plan de clivage g*^
Diag. de V
angle obtus des deux cli-
vages à
peu près équatoriale.
Knoblauch remarque que le quartz S la topaze et la tourmaline restent électrisés après Tinfluence, ce dont on s'assure en constatant que le cristal, étant retourné de 180^, revient à sa première position d'équilibre . La raison n*est pas péremptoire, et il est bien possible que reitrémité de la tourmaline qui se tourne vers le pôle positif, par exemple, soit déterminée par la cristallisation même. Ce point qu*il aurait été si curieux de constater ne parait avoir été Tobjet d'aucune observation.
Knoblauch a appliqué à Torientation électrique des cristaux les
mêmes procédés d'explication qu'il avait antérieurement appliqués à l'orientation magnétique. Il admettait que cette orientation était exclusivement due à la position des clivages, un plan de clivage se plaçant toujours perpendiculairement à la ligne des pôles, comme le fait entre les pôles magnétiques un cristal dimagnétique •
Cette explication était appuyée sur les quelques observations que nous avons rapportées. C'est ainsi que Témeraude et le bismuth ayant un clivage perpendiculaire à l'axe, cet axe dans ces substances se place axialement, le clivage étant équatorial.
De même que pour les propriétés magnétiques, Knoblauch appuyait son explication sur des imitations artificielles de cristaux.
De la poudre 'de barytine coagulée par de la gomme était soumise à la compression, et, après la solidification, on découpait dans la masse un disque dont le plan contenait la direction de la pression. Ce disque, suspendu horizontalement entre les pôles, s'orientait de telle sorte que cette direction fût équatoriale. C'est ce qu'on avait constaté pour l'orientation magnétique de la poudre de bismuth {diamagnétique) comprimée.
Nous ferons ici les mêmes réserves qu'à l'occasion des phénomènes magnétiques. 11 est certain que l'écarlement des molécules, et par
i. Knoblauch n'indique pis quelle a été la direction d'oriantation des disques de quarti.
552 DEUXIÈME P.UlTfE. — CRISTALLOGRAPHIE PHYSIQUE.
conséquent la structure réliculaire des cristaux, exerce une influence sur Torientation électrique ainsi que sur Torientation magnétique, et. comme nous le verrons tout à Theure, par une raison identique. Mais il n*est nullement prouvé que la forme et la nature de la molécule niaient pas sur le phénomène leur part d'influence. 11 est probable que celle-ci apparaîtrait si les observations étaient plus multipliées. On peut déjà remarquer que, pour satisfaire à la règle, ce n*est pas la bissectrice de l'angle obtus^ mais celle de Tangle aigu des clivages m de la barytine qui devrait se placer équatorialement. Il en est de même pour le gypse.
Réflexions ||énëral«« sar rindaction erlulalllne. — Ellipsoïde
d'indnetion électrique. — Knoblauck parait avoir pensé que, dans ses expériences, il mesurait la conductibilité. Si eu effet, sur un disque léger non conducteur, on colle une petite bande très mince de clinquant, le disque s'oriente de manière que cette bande, qui représente la direction la plus conductrice de la lame, se place axialement.
Mais la plupart des cristaux n*étant pas conducteurs, on ne voit pas très bien ce que signifie, pour ces corps, Texpression : de plus facile conductibilité. En réalité, Texpérience de Knoblauch met en jeu, au moins pour les cristaux diélectriques, une propriété spéciale sur laquelle on n*est bien fixé que depuis peu de temps.
Oii admet maintenant que les corps qui sont diélectriques, comme le verre, subissent, lorsqu'ils sont soumis à Taclion extérieure d'un corps électr isé, une polarisation analogue de tous points à ciille qu'un morceau de fer doux subit sous l'action d*un pôle d'aimant. Dans chaque molécule du diélectrique le fluide neutre (pour employer le langage convenu) se décompose; le fluide de nom contraire à celui du corps extérieur se portant vers Textrémité de la molécule tournée du côté de ce corps, le fluide de même nom se portant vers l'autre extrémité. Cette polarisation, soumise aux mêmes lois que celle du fer doux, persiste tant que l'influence extérieure persiste ; elle cesse instantanément dès que cette influence disparaît.
Lorsqu'un cristal est soumis à l'action directrice d'un pôle électrique situé à l'infmi, ou, ce qui équivaut, d'un champ électrique uniforme, il est clair que les lois auxquelles est soumise celte action doivent être les mêmes que celles auxquelles est soumise l'action directrice d'un champ magnétique uniforme. Nous n'aurions qu'à répéter mot pour mot, en changeant magnétique en électrique^ la théorie exposée dans le chapitre précédent. 11 y a donc pour chaque cristal un ellipsoïde d'induction
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électrtique analogue à rellipsoîde d*induction magnétique, et la connaissance de cet ellipsoïde permettrait de résoudre, comme nous Tavons fait à propos du magnétisme, tous les problèmes que soulève la direction électrique d'un cristal.
11 est malheureux que cette théorie n*ait pas encore été directement vérifiée par Texpéricnce. Les physiciens trouveraient sans nul doute dans cette étude le moyen de perfectionner et d*étendre les données que Ton possède déjà sur la polarisation des diélectriques.
Une lacune non moins regrettable se rapporte aux cristaux, qui, comme la tourmaline, la calamine, etc., sont dépourvus de centre et présentent deux extrémités distinctes au point de vue des propriétés électriques comme au point de vue des propriétés cristallographiques. Ces cristaux placés dans un champ électrique uniforme et laissés libres de se mouvoir ne s'orientent-ils pas de manière à présenter toujours la même extrémité au pôle positif? 11 serait très important qu*on put ré~ pondre à celte question, et Ton doit souhaiter vivement que les expériences de Knoblauch, si intéressantes, mais si incomplètes, soient reprises et considérablement étendues.
Jusqu'ici nous n'avons parlé que des cristaux diélectriques, qui sont les plus nombreux. Quelques-uns cependant, comme le bismuth, sont conducteurs. 11 est très remarquable que, d'après Knoblauch, une sphère de bismuth, placée dans un champ magnétique uniforme, s'oriente à la façon d^un cristal diélectrique. On est amené à penser que la distribution de réleclricité, sur une semblable sphère conductrice, mais cristallisée, ne se fait pas suivant la même loi que celle que l'on a observée pour une sphère métallique amorphe. 11 y aurait là encore sans doute un sujet d'étude des plus intéressants pour la théorie générale des phénomènes électriques.