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Ann, de chtm, ei dephyi

CBAP. XV. — PUÉNÛHÈNES ÉLECTRIQUES. 5^3

morceau de spath, à l'antre un contrepoids. D'après Haûy, rëlectrisation ne se produirait pas lorsque le corpa qui presse le cristal est rigide, comme le bois par exemple.

. Les assertions d'Haûy manieraient d'être vérifiées. Il se pourrait bien que l'ëlectricitë dëveloppëe dans ses expériences dût être simplement attribuée au frottement.

Pléao-«l«e*rieltA d«la (aam«ll>i«. — ObscrvatioNa de SOI. t. et w. Cnriti. — Nous avons dit (lome I, page 145) que la tourmaline cristallise dans le système ternaire avec un mode d'hémièdrie tel que l'axe ternaire et les trois plans de symétrie qui passent par cet axe étant conservés, le centre et les trois axes binaires perpendiculaires Aces plans sont supprimés, lien résulte que la tourmaline se présente habituellement (fig. 166)souB la forme de prismes dont l'axe est parallèle A l'axe ternaire, rendus triangulaires par la prédominance des trois faces de l'Iiémipriame hexaèdre e* dont Ips faces sont perpendiculaires aux plans de symétrie, et terminés par des pointements dissemblables aux deux extrémités. A l'une d'entre elles prédominent les faces du rhomboèdre i', A l'autre, celles du rhomboèdre e*.

11 y a peu de temps, KM. Jacques et Pierre Curie ' ont fait une découverte très importante et qui a considérablement étendu le cercle de nos connaissances sur les propriétés électriques des cristaux.

Ils ont observé que, lorsqu'on comprime une lame de tourmaline parallèlement é l'axe ternaire, les faces normales & cet axe se chargent d'électricités de noms contraires. La face tournée du cAté de la forme e' se chaîne d'électricité positive ; celle qui est tournée du cété de la forme b', d'électricité négative.

Si, après avoir comprimé la lame et l'avoir ramenée è l'èlat neutre, on la décomprime, on produit l'elTct inverse. Les pèles e' se chargent négativement, les pdles b' positivement.

Pour observer ces faits, on taille le prisme de tourmaline de manière qu'il se leimine par deux bases planes. On recouvre celles-ci de deux lames d'élain. Pendant la compression l'une de ces lam^sest mise en communication avec la terre, l'autre avec un èlectromètre.

Fig. IBS.

1. C. R. ei, 394. 383 (ISSO) ; 03. 186, 3! (1880) et Joum. de phyi. (S) 1,315 (188!).

(1881). fiuU. tUUtSocdmt,

La quantité d^élcctricitè dégagée sur une des faces doit être naturellement, dans des limites convenables, proportionnelle, pour un cristal donné, au poids P qui la produit. Si nous mettons c^te à côte deux cristaux dont les bases soient identiques, et si nous produisons sur Teii-

semble des deux cristaux la même variation de poids P, les choses se

p passeront comme si chaque cristal était pressé par le poids ^i et dans

chacun d'eux la quantité d'électricité doit être moitié moindre ; mais comme nous avons deux cristaux au lieu d'un, la quantité d'électricité totale n'est pas changée. Si q est la quantité, positive ou négative, d'électricité qui se dégage sur la base d'un cristal quelconque de tourmaline sous l'influence d'un poids P, nous pouvons donc écrire :

k étant une fonction, positive pour la base tournée du côté des faces e', négative pour l'autre, indépendante de la surface s de la base, et qui ne peut dépendre que de la hauteur du prisme de tourmaline, ou de sa nature.

MM. Curie ont vérifié l'exactitude de cette formule, lis ont établi, en outre, que k est indépendant de la hauteur du prisme, de sorte que q est indépendant des dimensions de celui-ci et ne dépend quq du

Fig. 167.

poids P. Us ont enfin trouvé que, pour toutes les tourmalines, le coefficient A* est le môme et a ainsi une valeur spécifique. Celte valeur est telle que, pour une variation de poids égale à 1 kilogramme, la quantité d'électricité dégagée q est susceptible de porter une sphère

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de i4<"",5 au potentiel d'un daniell^ c'est-à-dire qu'elle est égale à 0,055 unité G. G. S. électrostatique.

Pour obtenir ces résultats, HH. Curie ont employé la disposition expérimentale suivante. Une des lames d*étain A (fig. 167) qui couvrent les bases de la tourmaline, est reliée à la terre, l'autre lame B est reliée à l'une des lames d'un condensateur C dont la capacité est connue et dont l'autre lame communique avec le sol; elle est en même temps reliée avec l'un des couples de quadrants S de l'électrométre Thbmson- Hascart^ L'autre couple de quadrants est relié à l'un des pôles d'une pile Daniell dont l'autre pôle est mis en communication avec le sol.

La lame B et les conducteurs qui la touchent étant isolés, l'aiguille de l'électrométre est déviée sous l'influence de la pile Daniell; on charge alors de poids le cristal, et, si l'on s'est arrangé pour que l'électricité développée ainsi agisse sur l'aiguille de l'électrométre en sens inverse de celle de la pile, on peut, en ajoutant des poids en quantité suffisante, ramener l'aiguille à zéro. A ce moment la lameB, le condensateur C et l'électrométre ont un potentiel égal à celui d'un Daniell.

On répète la même opération après avoir supprimé le condensateur, et, pour ramener l'aiguille au zéro, il faudra une charge moindre sur le cristal ; la différence de poids représente la charge nécessaire pour porter le condensateur au potentiel d'un Daniell et pour dégager, par conséquent, une quantité d'électricité connue.

Piéxo-éieetrielié d« la cakuniiic. — .La tourmaline n'est pas le seul cristal dans lequel on puisse constater, sous l'influence de la pression, la production de deux pôles électriques opposés.

i. L'électrométre de sir W. Thomson, modifié par M. Hascart, contient une aiguille plate et très légère en aluminium, portée par une suspension bifilaire. L'aiguille, en forme de 8 pour que des légers déplacements n'infiuent pas notablement sur la symétrie de Tensemble, oscille à l'intérieur d'une sorte de botte métallique formée de quatre quadrants ou secteurs ss, «V, (fig. 1G7). L'aiguille supporte un fil de platine plongeant dans une cuvette remplie d'acide sulfurique, et ce liquide communique avec les pôles d'une batterie formée par un grand nombre de petits éléments zinc et cuivre. On charge 'ainsi l'aiguille à un potentiel constant et assez élevé. Les déviations de l'aiguille sont observées par le procédé de Gauss au moyen d'une fente lumineuse réfléchie par un petit miroir que porte le fil de suspension.

* On peut mettre le couple de secteurs « en communication avec une même source électrique; l'autre couple «'avec une source différente. Lorsque ces deux sources sont égales, l'aiguille est au zéro ; dans le cas contraire, elle est déviée dans le sens de la plus forte.

Tout Tappareil, placé au centre d'un vase métallique, percé de fenêtres convenables et en communication avec le sol, est ainsi soustrait à toute influence électrique extérieure. «

La calamine cristallise dans le système rhombique avec une antîhémiédric spéciale qui lui fait perdre deux de ses axes binaires, ainsi

que le plan de symétrie perpendiculaire au troisième, tandis que ce troisième axe binaire et les plans de symétrie qui le contiennent sont conservés. A Tune des extrémités de cet axe binaire persistant, que Ton prend pour la hauteur du prisme, domine la base;>; à Tautre extrémité dominent les faces de Toctaèdre e, (fig. 168). Lorsqu'on comprime un prisme perpendiculaire à Taxe binaire conservé, la base tournée vers le sommet où dominenl les faces e, prend rëlectricité positive, Tautre, l'électricité négative.

Piéao-éiec<rici(é da «mihx. — Mais tous les cristaux piézo- électriques n'acquièrent pas des pôles de noms contraires situés sur la direction de la pression.

On sait que le quartz cristallise dans le système rhomboèdrique avec l'hémiédrie holoaxe. Il est donc dépourvu de centre et de plans de symétrie. Soit A| A', (flg. 169) la coupe hexagonale, perpendiculaire à l'axe ternaire, d'un cristal de quartz; les diagonales telles que A| k\ sont les axes binaires. Nous supposerons que les sommets A^ A|, A,

sont ceux qui ne portent pas les faces «=(4iÏÏ) (fig. 170). (Voir t. 1,

Al

Fig. 168.

Fig. 169. Fig. 170.

p. 143.) On taille dans ce cristal un prisme droit dont les c^tés de la base rectangle sont respectivement parallèles ou perpendiculaires à l'axe binaire A| A\.

On comprime ce prisme normalement à la base, et aucune électricité ne se manifeste en aucun point de sa surface* On exerce la pression sur

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les faces latérales mn, m!n\ perpendiculaires- à Taxe binaire, et Ton observe un dégagement d'^ëlectricité, positive sur mriy négative sur m!n\ Nous dirons que Textrémité A| de Taxe est positive, Textrémité A'^ négative, par compression.

On comprime maintenant suivant une direction normale aux faces mm\ nn! qui sont parallèles à A^ k\\ on n^observe aucun dégagement sur les faces comprimées mm\ nn', mais on constate que la face mn dégage de Télectricité négative^ et la face m!n!\ de Télectricité positive.

Dans ce dernier cas, la formule qui donne la quantité d*électricité dégagée en fonction de la pression reste théoriquement la môme, mais elle subit une modification importante. La quantité d*électricité q est

toujours, en effet, en principe, indépendante de la distance comprise

p entre les deux faces pressées; elle est toujours proportionnelle à-

($' étant la surface pressée), et à la surface s qui dégage Télectricilé. Seulement dans ce cas s' n'est plus nécessairement égale à s; si nous appelons m la longueur mm\ n la longueur nn' et h la dimension du prisme parallèle à Taxe ternaire, on a s'=m.Aet s=:n,hf on a donc

La quantité d*électricité est proportionnelle au poids comprimant et au rapport de celle des dimensions du prisme qui est parallèle à Taxe binaire à la dimension qui loi est perpendiculaire.

Dans le cas où la pression est exercée suivant la face mn normale à l'axe, on a

MM. Curie ont vérifié ces deux formules, et ont constaté de plus que k=: — k\ Lorsque la face du prishie est carrée, c'est-à-dire lorsque m=n^ on a donc 9= — q\ Les quantités d'électricité dégagées par un même poids s'exerçant soit parallèlement, soit perpendiculairement à l'axe binaire sont, dans ce cas, égales et de signe contraire.

Pour une pression de 1 kilogramme exercée dans la dii*ection de l'axe binaire, la quantité d'électricité dégagée est susceptible ie porter une sphère de 16''"',8 au potentiel d'un daniell, c'est-à-dire qu'elle est

égale à 0,005 unité G. 6. S. électrostatique. La pièzo-électricjté du quartz est donc plus grande que celle de la tourmalineé ' Pour expliquer l'opposition des signes dflios le. ca9 d'une pression dirigée suivant l'axe binaire et dans celui d'utie prewop djsçigbe perr

pendiculairement à cet axe, on peut remarquer que Iorsqu*on comprime normalement à mn, les molécules sont rapprochées suivant la direction de Taxe binaire, tandis qu'elles sont écartées suivant la même direction, Iorsqu*on comprime normalement à mm\

Toutefois, cette règle ne peut pas être regardée conmie générale, car MM. Curie ont observé que lorsqu'on comprime un prisme de tourma- ' line normalement à Taxe ternaire, l'électricité se dégage encore, comme dans le cas de la compression suivant Taxe, sur les faces noi*males à cet axe, mais la face qui est positive dans un cas Test encore dans l'autre.

Lois sénéniies de la piéxo-éieeiridié. — Des faits qui précèdent, comme de tous ceux qui ont élé observés par MM. Curie, il résulte qu'on peut admettre, d'une manière générale, que tous les cristaux non conducteurs dépourvus de centre de symétrie, et ceux-là seulement, sont piézo-électriques, c'est-à-dire sont susceptibles de prendre deux pôles électriques de nom contraire lorsqu'on les comprime ou qu'on les décomprime.

La loi générale de la quantité d'électricité est, dans tous les cas, celle que nous avons donnée plus haut :

P étant le poids, s l'aire de la face qui dégage rélectricité, s' celle de la face qui reçoit la pression. Hais, dans un même cristal, k varie à la fois et avec la direction de la pression, et avec la direction de la surface sqr laquelle on exerce la pression. La loi des variations de k est sans doute fort complexe, et elle est très loin d'être connue. 11 est probable que, dans chaque cas particulier, il faudrait connaître, en chaque point du cristal, la déformation, ou le déplacement relatif des molécules, produite par la pression piézoélectrique, et connaître aussi le coefficient électrique par lequel il faudrait multiplier cette déformation.

Hais en l'absence d'une théorie générale, on peut tout au moins tirer parti des relations de symétrie qui existent dans le cristal.

Remarquons d'abord que la piézo-électricité a pour résultat de produire à la surface une répartition des deux fluides identique à celle qu'on obtiendrait en plaçant ce cristal dans un champ magnétique uniforme. Le phénomène serait complètement connu si nous connaissions dans chaque cas particulier la direction de la force électrique de ce champ, en donnant à ce mot de direction son sens géométrique précis, qui distingue dans une même droite deux directions opposées. Si cette directioA

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était connue et si l'ellipsoïde d*induction Tétait aussi, nous en déduirions la ligne des pôles électriques. Cette ligne ne se confond pas en général avec la direction de la force, mais il est à présumer qu*elle iic fait jamais avec elle un bien grand angle, et nous négligerons la différence.

La ligne des pôles étant connue, il y aura un plan, que nous pourrons supposer perpendiculaire à cette ligne, séparant la partie négative de la partie positive du cristal, et que nous appellerons le plan de nulle électricité.

Toute face taillée dans le cristal suivant une direction oblique ou parallèle au plan de nulle électricité, dégage de la piézo-électricilé. Toute face normale au plan de nulle électricité ne dégage d*é!ectricilé ni par compression ni par décompression.

Si nous taillons le cristal sous la forme d*une sphère, et si nous exerçons la pression aux deux extrémités d*un diamètre, le plan de nulle électricité partagera la surface de cette sphère en deux hémisphères de signes opposés ; la ligne des pôles sera perpendiculaire à ce plan et ses extrémités seront les points de dégagement électrique maximum.

Si nous restreignons expressément la piézo-électricité au cas où la pression s'exerce sur des faces égales et opposées, la pression est un phénomène symétrique par rapport à un point. Si le cristal est symétrique par rapport à un centre, la pression symétrique que nous imaginons ne *peut développer aucun phénomène dyssymétrique. Or, comme la production d'un champ électrique uniforme, qui a une direction déterminée, est un phénomène essentiell*^ment dyssymétrique, nous en concliurons que tous les cristaux dans lesquels on observera la piézoêiectricitè seront nécessairement dépourvus de centre, soit que celle particularité de la structure intérieure se dévoile dans la forme extérieure, soit que cetle forme reste impuissante à la déceler.

Le même raisonnement nous permettra de conclure que, dans un cristal qui manifeste la piézo-électricité. et qui possède des axes avec des plans de symétrie, la ligne des pôles électriques, dont les deux directions sont physiquement distinctes, doit être dirigée suivant une droite dont les deux directions sont cristnllographiquement différentes. Ia\ aussi, il peut arriver que cette dyssymétrie de la direction existe dans la sti'ucture intérieure, mais ne se décèle pas dans la forme extérieure. Les phénomènes électriques concourront :ilors, avec Tobservation de la forme extérieure, à nous dévoiler la structure intérieure du cristal.

Cr.lSTALLOGRAniir. T. II. 36

11 résulte de celte règle la conséquence suivante : Lorsqu'un cristal piézo-électriquc possède des axes ou des plans de symétrie la ligne des pôles électriques ne peut jamais être perpendiculaire ni à un axe pair, ni à un plan de symétrie.

D*ailleurs, si la pression est exercée suivant un axe de symétrie, ou perpendiculairement à un axe de symétrie binaire, ou bien si elle est comprise dans un plan de symétrie, ces éléments de symétrie persistent dans le phcnoniène.

Un axe de symétrie persistant coïncide nécessairement avec la ligne des pôles électriques.

Un plan de symétrie persistant passe par la ligne des pôles électriques ou coïncide avec le plan de nulle électricité.

Si ces règles qui déterminent la position de la ligne des pôles électriques sont contradictoires, il n*y a pas d'électricité développée par la pression.

Tel est, par exemple, le cas où la pression s*exerce suivant un axe d'ordre supérieur à 2, perpendiculaire à un plan contenant plusieurs axes binaires. Dans ce cas^ en effet, tous les axes de symétrie persistent et chacun d'eux devrait coïncider avec la ligne des pôles.

Ces règles ne s'appliquent qu*au cas où la pression exercée sur le cristal est un phénomène s'excrçant suivant une droite et symétrique par rapport à un centre. Si cela n*avait pas lieu, non seulement ces règles n'auraient plus aucune raison d'être, mais il est très vraisemblable qu'on observerait des phénomènes piézoélectriques dans toutes les substances cristallisées, quelles qu'elles soient, et peut-être môme aussi dans les corps amorphes. Les expériences manquent encore sur ce point. Il serait intéressant, à ce point de vue, d'examiner, par exemple, ce qui se passerait dans un cristal non hémiédré, ayant la forme d'un tétraèdre et soumis à la compression.

Cxpérlenees de H. HT. Rdat|^a sar la pléxo-éleetriclté d'aar

•flière de i|aarta. — Nous allons appliquer la théorie précédente au eas^ qui a été réalisé expérimentalement par M. W. C. Rôntgen*, d'une sphère de quartz pressée aux deux extrémités d'un même diamètre.

Comme nous l'avons déjà dit, le quartz conserve les axes de symétrie et a perdu les plans de symétrie. Supposons une sphère de quartz projt^tèe sur un plan perpendiculaire à l'axe ternaire, 0 sera le pôle de cet axe; a^ «r,, a, (fig. 171) ceux des pôles des axes binaires qui sont

f. %Viedem Am . 19,310 (1883).

CUAP. XV. — rHÉNUMÈNES ÉLECTRIQUES 565

tournés vers les angles non modifiés par les faces rhombiques s; nous .'ippellerons ces pôles porài/kt parce qu*ils prennent rélectricité positive iorsqu*on comprime suivant la direction d'un axe binaire. Les pôles a\, a\, <i\ sont les pôles négatifs des axes binaires. Nous menons les grands cercles tels que p^ p^, qui représentent les plans de symétrie supprimée) par rhémiédrie et sont respectivement perpendiculaires sur les axes binaires. Ces grands cercles partagent la surface de la sphère en six fu-

ï'vi. 171.

seaux qui renferment alternativement un pôle positif et un pôle négatif. Dans la figure on a haché les fuseaux positifs et laissé blancs les fuseaux négatifs.

On isole la sphère de quartz, d*un diamètre de 5 centimètres environ ; on la place sur le porte-objet d*uii microscope, de manière que le diamètre passant par le point d'appui soit exactement dans la direction de l'axe du microscope, et on exerce une pression sur la sphère on abaissant le tube de l'appareil qui a été chargé de poids; l'objectif a été remplacé par une pièce isolante, porta .)t une petite pièce métallique qui vient presser la sphère. On peut à volonté faire reposer la sphère soit sur un disque métallique, soit sur un disque isolant. Pendant que la sphère est pressée, on en explore électriquement le» diverses parties avec un fil terminé par un petit plan d'épreuve et relié, à un électromëtre. On observe ainsi les faits suivants :

1* Compression suivant Taxe ternaire. — Aucun signe électrique dans la sphère, ou traces faibles et irréguliéres.

2° Compression suivant un axe binaire a^ a\. — a, est le pôle positif, a\ le pôle négatif, puisque cet axe binaire est conservé dans le phénomène.

S"" Compression suivant la trace horizontale p^p^d^un plan de synié- Irie supprimé. — L'axe binaire perpendiculaire a^ a\ est conservé, donc il est encore la ligne des pôles. Mais a| est le pôle négatif , et non plus lo pôle positif, inversion que les considérations précédentes étaient impuissantes à faire prévoir.

¥ Compression suivant un point quelconque du grand cercle p^ p^. — La ligne des pôles est toujours Oj a\, mais Tintensilé de réiectricilé di'ga^ée doit aller en diminuant lorsque le point sur lequel la pression est exercée va de /?,, où elle est maximum, à 0, où elle est nulle.

5"* Compression appliquée en un point m situé entre Textrémité d*un axe binaire a' et la trace d'un plan de symétrie supprimé. — Dans co cas, les régies de symétrie sont insuffisantes, mais on doit considérer comme vraisemblable, et Texpérience confirme en effet, que la lign.* lies pôles est située dans lo plan horizontal. Lorsque la pression est en f7p le pôle positif est en a^; lorsque la pression esten/)|, le pôle positif est en a',, se déplaçant aiiisi de 60^ dans le sens droit lorsque le point (le pression se déplace de 50^ dans le sens gauche. Pour un point de pression situé en m, le pôle positif doit être quelque jpart entre a^ et ;>,. Si le déplacement angulaire du pôle positif était proportionnel à celui du point de pression, lorsque m serait à égale distance de Pi et de ai, le pôle positif serait en p^, à égale distance de a^ et de a\; la ligne des pôles serait alors à 45° de la ligne de pression. Le pôle positif se trouve à 45° du point de pression en tournant du côté où se trouve le pô.e positif développé par le premier suivant la trace la plus voisine du plan de symétrie déficient. L'observation confirmeces résultats

G® Compression suivant un point quelconque de la sphère. — Si le point de pression se trouve dans le fuseau positif qui comprend un pôle binaire positif aj, la ligne des pôle est inclinée d*une certaine manière sur la ligne de pression; le pôle le plus rapproché de a^ est le pôle positif. — Lorsque le point de pression est situé dans le grand cercle qui passe par un axe binaire et Taxe ternaire, le plan de nulle éLctricité est perpendiculaire à ce grand cercle qui contient, par conséquent, la ligne des pôles électri(|ues.

Pléxo-éleeirIcMé du sel de ScigneCCe. — Nous prendrons encorc

comme exemple un cristal du système rhombique, le sel de Seignette, par exemple, qui est hémiédrique holoaxe.

CHAP. XV. - PHÉiNOMÈHES ÉLECTRIQUES. &«:,

Les eitrèmilèa des axes binaires ne sont pas distinctes l'une de l'autii'. cl il en est de mâme de toutes les lignes camprises dans les plans principaui passant par deui de ces axes. Si a,i7,, a^,, «1,0,0^^ {fig. 171 j sont les projections de ces trois plans pnn- ai

(ipauz, une pressiin exercée en un point quelconque de ces trois grands ceules ne développe aucune électricité dans 1 un quelconque d'entre eux, et par conséquent Qi'r aucune électricité dons la sphère Au con traire, les drux octants opposes suivant le sommet d'un des axes binaires coircpon lient aux deux faces du tétraèdre, et les *"

octants adjacents aux sommets du même *'«■ "'■

lêlraèdrc. Ces derniers deviennent posiiifs lorsqu'on exerce une pri '^ision en un point quelconque de leur surface; les autres deviennent négatifs. Le maximum d'èicctricilè obtenue e:t évidemment quelque paît vers le milieu de l'ocUnt.

Ces déductions tliéoriqucs ont été vérifiées par les observations de MM. Curie.

nézo-^lecirielié t'um cvlsiai cnhi^iae. — Les cristaux cubiques l'ont susceptibles de deux modes d'iiémiédrie non centrés, tous deux ciractèrisés par la persistance de quatre axes ternaires et de trois axes binaires.

La surface d'un hémisphère se divise donc eu quatre octants; deu\ d'entre eux, opposés par le sommet, contiennent les extrémités des lues lern a in' s positifs par compression, les deux autres contiennent le» noniniels ternaires négatifs. Une compression suivant une direclioji quelconque comprise dans un des plans passant par les axes perpendiculaires aux faces du cube, est dirigée perpendiculairement à un axe binaire; cet axe devrait donc être la ligne des pAles; maiscamme les deux extrémités en sont identiques, il n'y aura pas d'électricité dégiJgée. Il n'y aura d'électricité dégagée que par une compression appliquée en un point situé dans l'intérieur d'un octant. Le pAle est alors (lu même signe que celui du pôle de l'octant.

Le chlorate de soude peut être pris comme exemple.

rMDomène réclpnMine de la pléao - éleelrlelti^. ^ Lai do M. LippaMaa. — VéHflcatloa de KM. Gnrie. — H. Ijppmann, dans

un travail très intéressant pour la philosophie de la science S a fait remarquer que l'énergie électrique, c'est-à-dire le produit de la masse iîleclrique par le potentiel, est une forme d'énergie entièrement analogue à celles que mesurent la masse multipliée par la hauteur de chute ou l'entropie calorifique multipliée par la température; que dans <^.hacune de ces formes d'énergie, l'un des facteurs du produit, la masse matérielle, l'entropie ou la masse électrique, reste invariable en quantité. La théorie des deux fluides repose, en effet, sur ce fait que les quantités d'électricité dégagées dans un phénomène sont toujours égales et 4ie signes opposés, de sorte que la somme algébrique en reste constante. 11 en résulte que l'on peut appliquer à l'électricité, mutatia mutandis, tout ce qui a été démontré pour la chaleur, et en particulier le principe de Carnot, sous la forme que lui a donnée M. Clausius.

Lorsqu'on comprime un corps, il se développe de la chaleur; on partant du principe de la conservation de l'énergie et de celui de ('arnot, on démontre que ce phénomène en implique un autre, à savoir, que le même corps échauffé doit se dilater. Les deux phénomènes sont réciproques.

Le phénomène réciproque, dans ce cas, et dans tous les cas analogues, est de sens tel qu'il tend à s'opposer au phénomène primitif. Si dans le premier cas, en effet, le corps transforme en chaleur le travail mécanique qui lui est appliqué, il doit restituer en travail mécanique la chaleur qui lui est communiquée. La loi de Lenz, relative à l'induction dynamo-électrique, n'est qu'un cas particulier de cette loi générale.

Quoi qu'il en soit, en appliquant cette conséquence aux phénomènes électriques, nous aurons le droit de dire que puisqu'un cristal hémièdre dépourvu de centre dégage de l'électricité par la compression, le même cristal, électrisé dans le môme sens, doit se dilater. Si les pôles électriques produits de force dans le cristal occupent la même place que celle qu'ils occuperaient dans le phénomène de compression, la dilatation qu'amène cette électrisation aura la même direction que celle de la compression.

Cette conséquence théorique a été vérifiée par BIM. Curie au moyqn <Ie la disposition expérimentale suivante.

Entre deux plaques de bronze massives maintenues par des colonnes on fer et serrées par une vis, on place un parallélipipède de quartz reposant sur une face taillée perpendiculairement à un axe binaire. Aux

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