CHAPITRE PREMIER
D£ LA STRUCTURE DES CORPS CRVSTALLrSÉS
ExpoHé suceinct d« In chéorle d'BaAjr. — La forme géométrique des crislaux, et surtout de certains cristaux volumineux, comme le cristal de roche, a, dès la plus haute antiquité, frappé les yeux des obsei^vateui-s les moins attentifs. Ce n*GHt cependant qu'au siècle dernier qu'on paraît s'être pose sérieusement les problèmes quelle soulève- . Parmi ces problèmes» un des premiers qui se présentent à l'esprit est la recherche du rapport qui doit exister entre cette forme et la nature chimique. Dans cette recherche, on ae trouve arrêté immédiatement par ce fait qui paraît inexplicablct qu'uu mûme corps peut se présenter cristallisé sous des formes géométriques qui paraissent absolument différentes.
Les figures 1 et '1 représentent eu effet deux cristaux de la variété commune de carbonate de diaui connue sous le nom de calcite» et à la première vue, si les différeaces sautent aux yeux, les analogies
semblent nulles. Cependant, certains traits se trouvent communs aux deux formes et sont comme une marque de leur identité substantielle. La calcite possède, ainsi qu'un grand nombre d'autres cristaux, la très-curieuse propriété de présenter, suivant certaines directions, des
Fig. 1.
Fig. 2.
cassures planes que l'on nomme des clivages. Dans le cristal (fig. 1), une direction de clivage est parallèle à un plan passant par les deux arêtes ab, hc; en choquant le cristal, on le voit s'effeuiller en quelque sorte, en montrant des plaques superposées parallèles au plan ahc. Un second clivage se p\'oduit aussi suivant un plan passant par deux autres arêtes hc et cd, et enfin un troisième, suivant le plan parallèle aux arêtes cd et de. Il résulte de ces particularités, qu'en dirigeant convenablement le choc, on peut enlever tout le pointement à six faces, qui termine la partie supérieure du cristal, et le remplacer en quelque sorte pau un pointement à trois faces, ayant pour sommet p, et pour contours, les arêtes en zigzag ah, hc, crf, de^ ef, fa. Les trois plans, pahc^ pcde, pefa^ de ce pointement sont parallèles aux trois directions du clivage.
Nous pourrons agir de même sur la partie inférieure du cristal, et l'on conçoit enfin qu'en dirigeant convenablement l'opération, on puisse extraire du cristal primitif un solide pabcdefp', qui est un parallélipipède dont toutes les faces sont des rhombes égaux. Ce solide, qu'on appelle solide de clivage, parce que toutes ses faces sont des faces de clivage, est un rhomboèdre.
Si maintenant nous étudions le cristal de calcite fig. 2, nous constaterons que le choc y développe aussi des plans de clivage; que les