‹ Traité de cristallographie géométrique et physiqueChapitre 322 sur 339 · Âm.dech. et dephys · texte numérisé non relu

Âm.dech. et dephys

CRISTAaOGRlPHIB, T. II. 37

Avec un tétraèdre de cuivre gris, le résultat est le même qu'avec : cuivre.

Avec un tétraèdre de chalcopyrite, le sens est inverse, ce qui protn que le signe thermo-électrique de la chalcopyrite est, par rapport , platine, contraire à celui du cuivre gris.

Avec les lames de cuivre gris et de chalcopyrite, le sens des conm'^ pyro-électriques est donc le même que celui qu'on aurait si on remplaçait les lames par des tétraèdres ayant leurs sommets dirigés ver^ celui du cristal dont la lame était détachée. On expliquerait donc Ic^ phénomènes observés en supposant que les molécules de ces deux matières ont une forme tétraédrique semblable à celle du cristal. La kv placée du côté des pointes moléculaires se refroidirait ou s'échaufîerai' plus vite que celle qui serait tournée du côté des bases.

On voit que dans ces phénomènes la pyro-électricité parait se compliquer de la thermo-électricité, et peut-être même celle-ci est-elle seuk enjeu.

Ségle 4é<«nniaant cclnl des aontmcUi dn riisUiI ^mî ett pmMï par compression on par refroidissement. — En comparant entre

elles toutes les substances sur lesquelles on a, jusqu'à ce jour, constat' la pyro-électricité, ou, ce qui est la même chose, la piézo-électriii/t'. MM. Curie sont arrivés iii formuler une loi curieuse et intéressante.

Lorsqu*on considère une droite susceptible de prendre à ses àm extrémités, par compression suivant sa direction, des électricités dnoms contraires, ces deux extrémités sont cristallographiqueinefll difft^ rentes. Or, Textrémité qui prend par compression (ou par ^efroidib^^ ment) rélectricilé positive, est toujours tournée du côté où les laces du <:ristal donnent le sommet le plus pointu.

Ainsi lesommet positif par compression est tourné, dans la tourroalioo. du côté du pointementé^ ; dans la calamine, du côté du pointemeoteL: dans les tétraèdres de blende et de chlorate de soude, du côlc du sommet du tétraèdre. Il parait d*abord y avoir une exception pour); boracite, dont le sommet positif est tourné du côté de la base da tttraèdre. Hais cette exception confirme ici la règle, car nous venons^ voir que la boracite est réellement terbinaire et que la droite qui joiiv deux sommets pseudo- ternaires est Taxe dliémimorphisnie« Or il e^ facile de voir que les faces tétraédriques sont, dans le cristiilterbinairt* des faces du biseau a*. Le pôle positif par compression, étani ioumdu côlé de cette face pseudo-ternaire, est donc en réalité Ipurne. suivant la régie, du côté du biseau a*.

CHàP. XV. — . PHÉNOMÈNES ELECTRIQUES. 579

Celte règle ayant ainsi un haut degré de généralité, on peut conjecturer qu'elle a sa raison d'être dans la forme même de la molécule, qui serait plus pointue du côté du pôle positif.

Plfténoniéae réciproque de la pyro-électricité. — De môme que

rélectrisation produite par la compression entraîne la dilatation pro^ (lui te par Télectrisation, Télectrisation par le réchauffement doit en- Iraîner le refroidissement par Télectrisation. Un cristal de tourmaline qui, par échauffement, prend à une certaine extrémité un pôle positif, doit donc se refroidir lorsqu'on communique à la môme extrémité de r électricité positive. Cette conséquence de la théorie, qui a été formulée par M. Lippmann, peut être considérée comme certaine, quoiqu'elle n*ait pas encore été vérifiée par l'expérience.

Essais d*expllca(toa théorique de ! la piéxo et de la pyro-élecirl*

cité. — M. GaugainS à la suite de ses remarquables travaux sur la pyro-électricité delà tourmaline, avait émis, pour expliquer ce phénomène, la théorie suivante. Il supposait que, dans la tourmaline, la dyssymétrie de la molécule est due à ce que deux portions opposées de cette molécule ont des pouvoirs thermo-électriques différents, et s'cchauffent ou se refroidissent inégalement quand la température du corps varie. La variation de température constitue alors la molécule à l'état de tension opposée à ses deux extrémités. . On peut matérialiser en quelque sorte cette conception, comme l'a fait H. Gaugain, en soudant ensemble alternativement, par la base et par le sommet, de petits cônes de cuivre et de bismuth. Lorsqu'on plonge le tout dans une étuve, les pointes s'échauffent plus vite que les bases, et, jusqu'à ce que l'équilibre de température soit obtenu, il se produit un courant attesté par un galvanomètre. Le courant change de sens lorsque la variation de température change de signe ; la quantité d'électricité dégagée est indépendante de la longueur de la chaîne; elle est proportionnelle à la variation de température. On retrouve donc les principales lois de la pyro-électricité.

Hais cette ingénieuse idée ne rend pas compte de la piézo-électricilé, et les deux phénomènes paraissent si intimement liés que l'explication de l'un doit aussi convenir à l'autre.

Sir W. Thomson a cherché de son côté à expliquer la pyro-électricilê en admettant qu'un cristal pyro-électrique est toujours, à l'état de polarisalion électrique^ les deux extrémités dissemblables de la molécule

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