‹ Traité de cristallographie suivi d'une application des principes de cette science a la détermination des espèces minérales et d'une nouvelle méthode pour mettre les formes cristallines en projectionChapitre 53 sur 74 · Argent antimonié sulfuré , vulgairement ar- • gent rouge · texte numérisé non relu

Argent antimonié sulfuré , vulgairement ar- • gent rouge

La description qui va faire le sujet de cet article , et celle de la substance appelée Boumonite y dont elle sera suivie, se trouveront d’autant plus naturellement rapprochées l’une de l’autre , que nous y verrons l’antimoine sulf.iré jouer deux rôles différens , dont le contraste servira à mieux faire ressortir la ligne de démarcatioq tracée par la Cristallographie entre les minéraux dont tous les principes se sont comme concertés pour produire une combinaison unique, et ceux dans lesquels leurs actions se sont partagées entre plusieurs combinaisons distinctes. ' Les chimistes qui ont analysé l’argent rouge, eu ont retiré les principes de deux sulfures, l’un d’argent, l’autre d’antimoine. Le premier étant ductile, ne se prête pas à la division mécanique, mais la forme qui domine dans ses cristaux est le cube. Quant à ceux du second, les joints naturels que l’on met à découvert, en les divisant, indiquent, pour forme primitive, un octaèdre à triangles scalènes, ainsi que nous le verrons dans l’article suivant.

D’une autre part, le solide qui fait la même fonction dans l’argent rouge, est un rhomboïde obtus dont deux faces prises vers un même sommet font entre elles un angle de log*^ 28'. Or , la forme rhornboïdale est par elle-même incompatible avec celle du cube et avec celle de l’octaèdre j ce qiii assigne à l’ar-

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gent rouge un rang à part dans la série des espèces minérales.

La composition de cette substance va me fournir une considération qui s’applique également à tout autre minéral qui se trouve dans un cas semblable. Lorsque le résultat de l’affinité est un simple mélange , les molécules intégrantes des composans conservent leurs formes , et celles qui n’ont joué qu’un rôle passif dans la cristallisation sont seulement interposées entre celles du principe dont l’action prépondérante a déterminé la forme cristalline. On a supposé que dans les autres substances dont j’ai parlé d’abord , les composans dont elles renfermaient les principes existaient tout formés, en sorte que c’était, de la réunion de leurs molécules intégrantes que résultait la forme de celle que l’on retirait du minéral à l’aide de la division mécanique. D’après cette hypotlièse, on s’est servi des expressions de sulfures, de sulfates ou dû oxides , pour indiquer la manière d’être de la composition. Ainsi l’on a dit de l’aident rouge qu’il était composé d’argent sulfuré et d’antimoine sulfuré.

Pour que ce langage s’accordât avec ce que nous apprend la géométrie des cristaux , il faudrait que les molécules intégrantes de l’argent sulfuré et de l’antimoine sulfuré fussent susceptibles de s’unir sans subir aucune décomposition, de manière à produire par leur assortiment une troisième molécule d’une

forme dilférenle, r|ui serait celle d’im rhomboïde.

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Or, les premières étant des cubes, et les secondes des tétraèdres semblables à ceux que donne la sousdivision de l’octaèdre primitif, jamais on ne pourra, dans quelque ordre qu’on les assortisse , faire naître de leur réunion un rhomboïde qui semble les repousser.

Il est bien plus naturel de supposer que les élémens de l’argent sulfuré et de l’antimoine sulfuré étaient d’abord suspendus dans le liquide où s’est opérée la cristallisation de l’argent rouge, et qu’ils se sont ensuite réunis, en vertu de leuV allinité mutuelle, pour produire immédiatement la molécule intégrante du minéral dont il s’agit. Cette forme aurait dépendu alors des fonctions que les molécules élémentaires exerçaient les unes sur les autres en se réunissant, et rien ne parait s’opposer à ce que la quantité de soufre qui s’est combinée avec l’ensemble des deux métaux ait été la même que dans l’hypothèse où ils auraient agi séparément sur le même principe J ainsi le résultat de l’opération de la nature n’aurait été que la réunion des élémens de deux sulfures , l’un d’argent et l’autre d’antimoine , et le résultat de l’analyse aurait donné lieu de croire que ces deux sulfures coexistaient dans l’argent rouge.

Oserai-je ajouter que nous ne sommes pas bien sûrs que les substances que nous regardons comme simples, telles que le fer, le titane, l’or, l’argent, le soufre, etc., ne soient réellement composées ultérieurement de molécules principes de différente

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