QUANTITÉ NÉCESSAIRE
1» Pour stériliser 1 .000°<de selles dianhéïques
récentes
additionnées de bacilles
de choléra
2° Pour stériliser 1 .000°* de selle* diairhéïques
putrifiées
additionnées de bacilles
de choléra
Crésyl.
3 grammes
3 à 4 grammes
Lysol.
3 grammes 5
4 grammes 5
Suliàte de cuivre.
6 grammes
Id. + 1 p. 100 de SO* H2.
Chlorure de chaux.
6 grammes
8 gr. 50 à 9 gr.
Id. + 1 p. 100 de HCL.
5 grammes
Solvéol.
Soude.
Potasse.
Chaux.
25 grammes
25 à 30 grammes
Le chlorure de chaux est un excellent désinfectant et désodorisant des matières fécales ; il doit être employé en solution à 100 grammes pour 1.000.
Le lysol, à la dose de 5 pour 100, stérilise les selles en peu de temps. Vincent a observé que le bacille typhique est détruit en moins de 7 heures par le lysol, à la dose de 8 grammes pour 1.000 centimètres cubes de matières ; celui du choléra en moins de 7 heures par l'addition de 3,5 de lysol pour 1.000, à la température moyenne de 15 degrés.
Le sulfate de cuivre, en solution à 50 pour 1.000 possède une réelle valeur antiseptique, qu'il est possible d'augmenter encore par l'addition d'acide chlorhydrique ou sulfu-
rique (1 pour 1.000). Jalan de la Croix et O'Néal le classent dans leurs expériences parmi l'un des meilleurs agents de désinfection. D'après Vincent, à la dose de 7 kilos par -y»-mètre cube de matières fécales, fraîches et diluées, lé sulfate de cuivre détruit le b. coli-communis et les germes de la putréfaction. La proportion de sulfate de cuivre, capable de tuer dans les selles le bacille d'Eberth, en 24 heures, est en moyenne de 6 pour 1.000 ; souvent en moins de 12 heures le microbe peut être mort. Quand au bacille virgule, il a toujours été détruit en moins de 12 heures par une proportion de sulfate de cuivre égale à 4,5 0/00 de matières fécales (Vincent).
Acidifié par l'acide sulfurique le sulfate de cuivre serait selon Vincent, le meilleur désinfectant des selles typhoïdiques. En 1 heure, à 15 degrés leur désinfection est obtenue par 10 grammes de suiiate de cuivre et 10 grammes d'acide sulfurique pour 1.000 centimètres cubes de matières.
Le sulfate de cuivre a l'inconvénient de n'avoir qu'une très faible action comme désodorisant.
L'emploi de l'acide phénique est rejeté par bon nombre d'auteurs qui le jugent insuffisant pour la désinfection des fosses d'aisance. A la close de 50 grammes pour 1.000 il ne détruit pas le b. coli-communis, même après 24 heures de contact. Pour obtenir une désinfection certaine, il faut employer une quantité d'acide phénique telle que son usage en devient très onéreux.
Conseillée par Dussart et Emery-Desbrousses, l'huile lourde de houille ne donnerait pas une désinfection complète, même en solution à 1 pour 10, et à volume égal de 'matière fécales. Son pouvoir bactéricide est rapidement neutralisé. Elle a le seul avantage de désodoriser les matières à cause de la forte odeur empyreumatique qu'elle dégage.
Le sublimé à 1 pour 100, seul ou acidulé avec de l'acide chlorhydrique, est un médiocre désinfectant.
Le chlorure de zinc en solution à 4 pour 100 est un désodorisant efficace.
Le sulfate de fer ne possède qu'une faible action désodorisante. D'après Vincent, aux doses de 2Ô0 et 300 pour 1000, il ne stérilise qu'imparfaitement les matières ; le coli bacille a été retrouvé vivant après 43 heures de contact dans ces solutions.
On désinfecte également les matières fécales en les soumettant à des températures élevées. Kielh et Wossiljew, de Saint-Pétersbourg, ont fait construire un appareil où les matières supportent une température de 105 degrés dans de la vapeur surchauffée.
Armstrong, de Newcastle-Fyne et W. G. Lews, ingénieur de cette ville, ont inventé un appareil destiné à la désinfection des selles cholériques et typhiques. Cet appareil, que les auteurs ont présenté au Congrès de l'Institut sanitaire de Birmingham en 1899, est employé à l'hôpital de Newcastle.
Incinérateur-stérilisateur du docteur Bréchot (1)
L'incinérateur-stérilisateur réalise d'une façon absolue la destrution des matières fécales et la stérilisation des liquides. Son usage est tout particulièrement indiqué dans les hôpitaux, les sanatoriums, les infirmeries militaires etc..
L'appareil se compose de trois parties :
1° L'incinérateur qui reçoit, conserve et détruit les matières fécales ;
2° Une cuve où sont portés à l'ébullition les liquides qui ont traversé la couche de coke de l'incinérateur et dans cette cuve un serpentin pour le refroidissement des liquides bouillis ;
3° Un brûleur de gaz où viennent se détruire les fumées et vapeurs de l'incinérateur et de la cuve.
4° Au besoin, si la quantité de liquide à désinfecter est
(l) Revuo d'Hygiène, novembre 1907.
très considérable, une seconde cuve raccordée à la première par de larges tubulures.
Incinérateur. — L'incinérateur se compose d'un cylindre A ouvert à sa partie supérieure, qui est entourée d'une gouttière B, dans laquelle on met du sable fin. En dedans, occupant le tiers inférieur, un foyer C avec sa grille D. Audessous le cendrier, dont le fond présente une ouverture E par où les liquides qui ont traversé le filtre de coke coulent dans la cuve (fig. 120). Un bouchon ferme cette ouverture pendant l'incinération, pour empêcher les cendres de tomber dans la cuve. En avant, sont les portes du foyer et du cendrier F G, garnies à l'intérieur d'une épaisse couche de caoutchouc et munies d'un étrier et d'une vis de pression. Au-dessus de ces portes, une ouverture conique H, dont le petit orifice est extérieur et est fermé par un tampon garni d'amiante. En haut, sur le côté, une ouverture pour le passage du conduit d'arrivée de l'effluent des \vater-closets, et en arrière un court tuyau I par où s'échappent les fumées.
La voûte du foyer C est formée par une grille J d'un diamètre moindre que le cylindre A. Cette grille a la forme d'un cône tronqué en son milieu et formé par deux cercles réunis par des barreaux disposés en rayon. L'ouverture laissée par l'enlèvement de la moitié supérieure de ce cône est fermée, en dessous, par une grille ronde mobile K, qui repose sur deux équerres fixées au cercle supérieur de la grille. Une tige L dont l'extrémité affleure en haut la porte F permet de mettre et d'enlever à volonté cette grille (fig. 120).
Sur le bord de la grille J repose un tube M de moindre diamètre que le cylindre A, et percé de trous sur toute sa surface. Ces trous sont dans le tiers inférieur d'un diamètre plus grand. Ce tube constitue le réservoir des matières : il porte en bas une ouverture 0, où débouche l'extrémité amovible du conduit qui amène l'effluent des water-closets ; 2° en arrière un trou P, qui correspond au tuyau I pour l'échappement des fumées du réservoir, Un couver-
rt
— n — nJ r=<*b
(Fig. 120) Coupe verticale de rincinérateur-Stérilieateur du D' Bréchot
cle Q, plongeant dans la gouttière de sable B, ferme hermétiquement le cylindre A.
Le tout est entouré d'une enveloppe de plus grand diamètre R, soudée en haut à la gouttière B, ouverte en bas. En haut une tubulure S, où pénètre le tuyau I mais de plus grand diamètre que lui, d'où part le tuyau collecteur S, qui reçoit les fumées de l'incinérateur et les vapeurs de de la cuve (fig. 120).
Cuve. — Au-dessous de l'incinérateur la cuve U. Sur la paroi supérieure se trouve :
1° En avant, l'incinérateur, dont l'enveloppe R se raccorde avec le bord d'une ouverture de cette paroi ; quatre entretoises passant sous le cendrier le fixent aux parois de de la cuve ;
2° Une tubulure fermée par un bouchon, pour donner au besoin passage au tuyau d'aspiration d'une petite pompe destinée à envoyer les eaux refroidies à l'égout, s'il se trouve au-dessus du fond de la cuve ; dans le cas contraire, le liquide s'écoule directement par l'ouverture d'une vanne W.
3° En arrière, une ouverture de visite X fermée par un tampon garni de caoutchouc avec étrier et vis de pression.
4° Le passage de la cheminée S.
5° Le passage de la cheminée Y du brûleur de gaz qui toutes deux traversent la cuve dans sa hauteur.
Sur le pourtour de la cuve :
1° En arrière, 3 tubulures superposées fermées par des bouchons. Ces tubulures 1, 2, 3, destinées à être, au besoin, raccordées avec 3 tubulures d'une cuve supplémentaire, qui, elle n'a ni serpentin, ni niveau d'eau. Du milieu de la face supérieure de cette cuve part un conduit qui se raccorde avec la tubulure T.
Sur la tubulure I s'ouvre, en haut, une petite tubulure I' qui sert de trop-plein et se relie à la tubulure correspondante du second appareil. Une vanne permet d'établir ou
de fermer cette communication. Cette petite tubulure reste fermée par un bouchon s'il y a deux cuves supplémentaires, et ce sont alors les deux petites tubulures F de ces cuves qui sont réunies.
Si l'appareil est raccordé à une cuve supplémentaire, il y a entre les deux tubulures 2, comme entre les tubulures 3, une vanne qui permet d'établir la communication pour former le thermosiphon.
2° Sur le côté un peu en avant, un niveau d'eau, dont le tube, enfermé dans une gaine, a toute la hauteur de la cuve.
3° En bas, la vanne de vidange W.
Brûleur de gaz. — Le fond de la cuve est soutenu par 6 entretoises verticales, 4, 5, 6, 7, 8, 9, qui reposent sur le fond du brûleur de gaz. Quatre jde ces entretoises sont largement ajourées pour laisser circuler les gaz. Les entretoises 5, 8, perpendiculaires à l'axe antérieur du brûleur sont pleines et empêchent toute communication entre les fumées et vapeurs venant par le conduit S et les gaz qui sortent du brûleur pour gagner lai cheminée Y (fig. 120 et 121).
Placé sous la cuve, le brûleur de gaz se compose d'un foyer 10, d'un cendrier 11 fermés par des portes ordinaires placées à l'avant. La paroi 12 du foyer, verticale sur les deux tiers environ de sa hauteur, se dirige ensuite obliquement vers le bord inférieur de la cuve. Mais dans la moitié placée en arrière des entretoises 5 et 8 elle ne monte pas jusqu'à la cuve. Il reste entre cette paroi inclinée du foyer et la cuve un espace libre 13 de 6 centimètres pour le passage des gaz venant du brûleur. Après avoir traversé cette ouverture, ces gaz s'engagent gous la paroi oblique pour gagner la cheminée Y qui la traverse en arrière (fig. 121).
En avant des entretoises 5 et 8, la paroi oblique du foyer de chaque côté ne monte jusqu'au bord de la cuve que dans un tiers postérieur et laisse dans les deux tiers antérieurs un libre passage 14 aux fumées venant du con* duit S.
Le foyer est séparé sur les côtés d'une double paroi, par un espace de 10 centimètres. Cette double paroi ne s'élève pas à plus de 10 centimètres au-dessous de la paroi oblique du foyer, Elle traverse toutes les entremises,
(Fig 121)
Brûleur de Gaz
et est soudée exactement aux entretoises 5 et 8 qui lui livrent aussi passage et sont soudées au fond de l'appareil (fig. 120).
En arrière des entretoises 5 et 8, la double paroi vient obliquement contourner le tuyau S de l'incinérateur et forme, avec la paroi qui la recouvre hermétiquement, une boîte 15 dont la paroi supérieure est traversée par le conduit S qui y déverse les fumées de l'incinérateur, d'où elles se rendent de chaque côté du foyer dans l'espace libre
pour contourner la paroi inclinée du foyer en avant Ses entretoises 5 et 8 et venir se jeter dans les flammes du foyer.
Fonctionnement. — La canalisation amenant l'effluent des water-closets se termine par deux branchements munis chacun d'une vanne et reliés chacun à un appareil.
Pour préparer un appareil, la vanne d'arrivée étant fermée :
1° On met momentanément le bouchon sur l'orifice F pour ne pas laisser tomber de débris de coke dans la cuve, et on enlève le couvercle Q pour mettre en place la grille K sur laquelle on verse une couche de coke qui monte dans le réservoir M, jusqu'au niveau supérieur des trous de grand diamètre ; puis on remet le couvercle Q ;
2° On nettoie le fond du cendrier et on enlève le bouchon E.
3° On met en place les tampons qui ferment les ouvertures F G, en ayant soin de visser à fond les vis de pression ; on ferme de même l'orifice H, puis les portes du foyer et du cendrier du brûleur de gaz ;
4° On ferme le robinet de vidange de la cuve et les vannes qui la relient à la cuve supplémentaire ;
5° On ouvre la vanne 16 pour laisser arriver les matières ;
Les matières s'arrêtent sur la couche de coke que les liquides traversent pour tomber dans la cuve. Le niveau d'eau Z indique la hauteur du liquide.
Dans un établissement quelconque, chaque appareil, à tour de rôle, reçoit l'effluent des water-closets pendant vingt-quatre heures. On ouvre la vanne 16 le soir, pour la fermer le lendemain à la même heure et brûler le matin.
Incinération-Ebullition. — 1° On enlève les tampons qui ferment les ouvertures du foyer et du cendrier de l'incinérateur et on les remplace par de simples plaques qui y sont suspendues.
2" On ouvre le robinet d'arrivée d'eau du serpentin qui esl place dans la cheminée Y.
3° On allume le foyer l(> du brûleur de gaz, on souffle dans le cendrier avec un pelil ventilateur à eau ou électrique ; l'eau du ventilateur est très propre et peut trouver son emploi. Quand le feu est entièrement pris et garni d'une couche de coke de 15 à 20 centimètres, bien rouge, ce qui demande vingt-cinq minutes, on ferme la porte du cendrier et on enlève les deux plaques qui bouchent le foyer el le cendrier de l'incinérateur.
i" On ferme l'orifice E avec son bouchon, pour empêcher les cendres de tomber dans la cuve.
5° On brûle sur la grille D du bois et du coke entremêlés el on active avec le souffleur placé sous la grille. Lorsque la grille I K, qui forme voûte, rougit un peu, et que le coke qu'elle supporte Commence à bien prendre, on charge de coke le foyer jusque sous les barreaux de la grille supérieure, particulièrement sur les côtés, et on attend cinq minutes qu'il soit allumé. Il faut pour le tout vingt minutes.
On saisit alors avec une pince spéciale la poignée L de la petite grille mobile K que l'on enlève. Le coke et les matières s'affaissent sur le feu du foyer.
0° Par l'orifice II on regarde, en enlevant le tampon, comment marche l'incinération : on peut môme l'activer en .remuant les matières.
Les vapeurs de la cuve montent autour du cylindre A, pour venir contourner le bout de tuyau I où arrivent les fumées de l'incinérateur, et gagner le conduit collecteur S. qui les conduit dans la boite à fumée 15 ; de là, elles se rendent dans le foyer où elles se détruisent pour ne laisser que des gaz incolores et inodores qui se dégagent par la cheminée Y.
Dès que l'incinération est entièrement terminée, la grille supérieure I K libre et que les liquides ont bouilli un quarl d'heure, on fait tomber le coke du brûleur de gaz pour faciliter le refroidissement. On arrose ce coke pour l'utiliser encore.
AN
Hors on ierme le serpentin de la cheminée et on ouvre le robinet de celui de la cuve pour y faire entrer l'eau froide «-"' on règle la sortie de façon a obtenir la température convenable. x
Apres l'incinération, le réservoir M de l'incinérateur leste propre et sans odeur.