‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 139 sur 142 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

SUR l'isocronisme des mouvemens du coeur.

(N*» 1419). I^es expériences que nous avions annoncées relativés à l'isochronismedes mouvemens du cœur (n° 3io, Voy. la note) ont été faites. Elles ont constaté la vérité des anciennes opinions des auteurs sur la simultanéité des battemens des ventricules, et sur la succession qui a lieu entre les contractions des ventricules et des oreillettes.L'idée qui avait été émise dans mon mémoire sur les bruits du cœur, a au moins servi à mettre ex-

NOUVEAU SIGNE DE l'aORTIEGïASIE.

périraentaiement hors de doute uné opinion reçue. Je remercie donc M. Bouillaud de m'avoir conduit à réaliser l'expérience proposée ; seulement j'eusse désiré que la forme de l'avis qu'il me donnait, eût été plus en harmonie avec notre ancienne amitié.

(No 1420). Ces expériences me sont communes avec M. P. Béîouino qui me remet la note suivante que je transcris. Le i5 juin i836 nous nous rendîmes , M. Pioiry et moi , à Montfaucon , pour constater par des expériences sur les chevaux , si les contractions des ventricules du cœur sont simultanées ou alternatives. Cette première fois nous n'apprîmes qu'à bien faire l'expérience et nous n'obtînmes aucun résultat positif. Quelque temps après, nous y retournâmes avec M. Barbe : nous mîmes le cœur d'un cheval à découvert en enlevant le sternum; nous enfonçâmes ensuite des trocarts dans les ventricules, et nous pûmes voir que le jet du sang avait bien lieu en même temps des deux côtés. Comme nous n'avions pas ouvert le cœur pour nous assurer si nos trocarts n'avaient pas percé la cloison des ventricules, nous jugeâmes à propos de recommencer la même expérience sur un lapin. Nous obtînmes exactement le même résultat, et de plus, une petite ponction faite à l'oreillette droite, donna lieu à un jet de sang qui alternait avec celui des ventricules. L'ouverture du cœur nous démontra que nous n'avions pas intéressé la cloison.

ADDITION No 2.

NOUVEAU SIGNB DE l'aORTIECTASIE THORACIQUE.

(N*» 1421). Ily a quelques mois, qu'à la Clinique de l'Hôtel-Dieu, ilavait été possible de sentir l'aorte dilatée, en portant un doigt profondément dans lapoitrine, par l'espace qui se trouve entre les attaches inférieures des deux sterno-mastoïdiens. Un fait récemment recueilli à la Pitié , adonné à ce signe une valeur de plus et a prouvé que, dans certains cas, il est possible de palper l'aorte dans le thorax, aussi facilement que la radiale au poignet. 11 suffit de faire pencher la tête en avant , de placer les muscles qui viennent d'être nommés dans le relâchement et de les écarter l'un de l'autre , pour pouvoir porter le doigt très profondément , et pour arriver jusqu'à l'aorte, alors quelle est très volumineuse. On peut même faire éloigner d'avantage les sterno-mastoïdiens par des aides, et introduire deux ou trois doigts jusques sur divers points de l'étendue de la crosse aortique.

(N° 1422). A l'aide de ce procédé on sentait très distinctement, dans le cas dont il s'agit, l'expansion aortique, bien que sur le sternum on n'observât aucun battement appréciable à la main. Comme la matité observée sur ce point dans un espace arrondi et circonscrit, avait fait soupçonner la présence d'une tumeur anévrysmale; comme un bruit de souffle marqué

NOUVEAU SIGNE DE l'aORTIECTASIE.

se fît entendre le lendemain sur ce même point ; la palpation de Taorte derrière le sternum en donnant Texpansion dont il vient d'être parlé , confirma le diagnostic. Du reste, un ronchus remarquable, une sorte de sifflement, obtenus sur le point où se trouvaient les autres signes , porla à penser que la bronche gauche était comprimée parla tumeur. Tout le poumon de ce côté donnait lieu à des ronchus , qui paraissaient être en rapport avec la stase des mucosités dans. les bronches et dans les vésicules correspondantes. Il est probable que cette stagnation était due à la difficulté de rexcrétion des mucosités bronchiques au-d«ssous du point comprimé.

(N° i423). Sur une douzaine d'autres malades qui ne portaient point de dilatation de la crosse aortique, le doigt porté derrière le sternum ne rencontrait ni battemens ni expansions.

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