‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 62 sur 142 · I. Le nombre des battemens dans un temps donné · texte numérisé non relu

I. Le nombre des battemens dans un temps donné

552. Lorsque la fréquence du pouls n'est pas extrême, il n'est pas utile pour un homme très exercé de mesurer avec une montre le nombre des battemens; car l'habitude fait' trouver, à quelquesunes près, la quantité de pulsations que l'artère donne par minute. L'erreur que l'on pourrait commettre de quelques battemens de plus ou de moins, ne modifierait pas le jugement porté sur la maladie.

555. Lorsque la fréquence du pouls est très grande, comme cela arrive pour les enfans, les personnes qui ont peu l'habitude de palper l'artère feront bien de se servir d'une montre à seconde ou, à son défaut, d'une montre ordinaire. Dans ce dernier cas, on consacrera nécessairement plus d'une minute à l'exploration du pouls.

554. Le nombre des pulsations varie beaucoup en santé suivant les âges. On admet généralement les proportions suivantes entre le nombre des années et celui des pulsations : Dans la première enfance, le pouls s'élève de 120 à i5o; il descend à 100 vers la deuxième année; il tombe à trois ans entre 90 et loo; à sept ans, vers 90; il s'abaisse à ^5 ou à 80 à l'âge

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adulte. Il varie de 70 à 80 chez le vieillard, et n offre

plus que 60 à 65 batteiiiens dans la vieilles^se confirmée.

555. Ces données sur la fréquence du pouls, en raison de Tâge, quoique consacrées parle temps et par des autorités imposantes, sont loin d'être positives. M. Billard (Traité des maladies des en fans nouveau-nés) a0irme que le pouîs des enfans nouveau-nés est souvent aussi lent que celui de ladulte. Sur l^o enfans âgés d*un à dix jours, 18 avaient moins de 80 pulsations. Le pouls s'accélère ensuite dans les premières années. Suivant MM. Leuret et Mitivié, qui ont pris la moyenne d'un grand nombre d'observations recueillies sur des vieillards et des adultes, le cœur bat plus rapidement chez les premiers que chez les seconds. Tout récemment M. Beau a trouvé cependant que le pouls exploré chez 275 personnes ne variait guère, suivant les âges, que de 5 à 6 pulsations par minute, et c'était chez les vieillards qu'elles étaient les moins nombreuses. Des recherches multipliées sur plus d'un millier de cas me portent à croire que le pouls des vieillards n'est pas en général de beaucoup plus lent que celui des adultes.

556. C'est une chose incroyable que la facilité avec laquelle on reproduit d'âge en âge les erreurs qui Dous sont transmises et que nous admettons sans réflexion. Comment se fait-il que, depuis tant d'années, les médecins aient presque toujours attentivement examiné le pouls, et aient admis comme loi générale qu'il décroissait d'une manière rapide dans un âge avancé? lia fallu cependant des travaux spé-

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ciaux et consciencieux pour redresser cette erreur grossière; malgré tout, la masse très nombreuse des médecins qui ne lisent pas, admettra encore pendant de longues annés que la fréquence du pouls diminue à mesure qu'on avance en âge.

557. Le nombre des battemens de Tartèredans un^ temps donné est plus grand dans les heures qui suivent la digestion, circonstance dont il est urgent de tenir compte pour ne pas considérer comme un état maladif, un phénomène très naturel.

558. Le pouls varie de fréquence d*un individu à un autre. Les auteurs citent des cas où il était très lent; tel était un homme de la Clinique de la Pitié et une femme de la Salpétrière chez lesquels Tartère battait seulement (îe 3o à 4^ fois par minutes. Sur un autre malade de l'Hôtel-Dieu, il n'y avait que 27 battemens dans ce laps de temps. Dans d'autres cas au contraire, des sujets bien porîans présentent 100 pulsations par minute. Les personnes maigres et faibles ont en général le pouls plus fréquent; il en est ainsi des constitutions qui, comme celle de la jeune femme se rapprochent de l'état organique de l'enfance.

559. On a dit encore que le pouls était plus fréquent sur les hommes petits que sur ceux d'une haute taille; qu'il présentait des variations en nombre suivant les heures du jour et les variations du baromètre et du thermomètre ; qu'il était lent dans les lieux humides et en automne; vif dans les endroits secs, dans l'été et en hiver; mais ce qui est bien plus^ certain, c'est que les impressions morales tantôt lac-

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célèrent, tantôt le ralentissent; c'est que l'exercice et surtout les grands mouvemens inspirateurs augmentent de beaucoup sa fréquence. Il serait impossible, d'après toutes ces causes de variationSy de dire d'une manière absolue quel est le nombre des pulsations de l'artère qu*un sujet donné doit avoir. En ma^ ladie, la fréquence ou la lenteur du pouls varie encore davantage.

560. Plusieurs circonstances organiques accélèrent le pouls :

i'* U irritation^ la souffrance vive d'un organe et surtout la douleur,

56 1. C'est ainsi qu'on voit le pouls augmenter de fréquence dans la gastro-entérite, l'entérite simple ou typhohémiqueetsurtoutdans la péritonite, l'hépatite. 0 ïi peut dire en généralencore que plus une phlegmasie est accompagée de douleur, et plus le 'pouls devient fréquent. Remarquez cependant qu'il est certains organes qui deviennent très douloureux sans modifier beaucoup le pouls: telle est la matrice chez la femme en travail, ou dans les accès demétralgie, (hystérie) ; tel est l'œil dans Firalgie, le nerf sciatique dans la névralgie de ce nom, etc ; mais en définitive le plus souvent les vives douleurs, surtout lorsqu'elles sont réunies à l'inflammation, accélèrent le pouls. Il est même des cas où la souffrance d'un organe n'est pas perçue et ne dépasse pas peut-être les nerfs ganglionnaires et ou la fréquence du pouls est extrême; c'est ce qui a lieu quelquefois dans l'entérite, et c'est ce que M. Broussais a prouvé jusqu'à l'évidence. L'accélération du pouls ost encore ici en rapport avec les connexions

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