‹ Traité de diagnostic et de séméiologie (volume 2)Chapitre 65 sur 142 · CAUSES DE LA LENTEUR DU POULS · texte numérisé non relu

CAUSES DE LA LENTEUR DU POULS

moiselle qui avait, dans le même temps, deux cent quarante-trois battemens.

566. En général^ les causes organiques de la fréquence du pouls sont reconnues plutôt par l'histoire de la maladie , et par la réunion des signes anatomiques et physiologiques de celle-ci, plutôt, dis~je, que par des caractères en rapport avec l'examen du pouls lui-même.

567. Le pouls peut devenir lent à l'occasion de troubles survenus dans les grandes fonctions énumérées précédemment (n" 564).

568 r Les maladies du cerveau qui entravent l'action de cet organe ou celle du système nerveux, telles que riiyperhémie, l'hémorrhagie , les névralgies s'étendant à l'encéphale , etc. , ralentissent le pouls. Ce ralentissement est à coup sûr dans ce cas en rapport avec l' innervation ;

569. 2° L'inspiration de certains gaz tels que l'acide carbonique , la rareté de l'acte respiratoire rendent aussi le pouls plus lent , et il faut bien rattacher cette lenteur auv troubles de la respiration ;

570. 3° D'un autre côté, l'hyperhémie générale (pléthore) détermine encore le même effet par des raisons analogues à celles qui ont été établies par rapport à la fréquence, et ce sont là des pliénomenes dcpendans de la circulation,

571. La rareté du pouls, de quelque phénomène organique qu'elle provienne , peut être portée très loin. Vingt-sept pulsations par minute, est le terme le plus bas que j'aie observé. Dance n'en a pas vu au dessous de ircntc-cinq ou quarante. On a cité des

maladies du cœur où les pulsations étaient réduites à vingt-cinq et même à neuf. La rareté du pouls, considérée isolément, n'indique en rien 1 état organique qui peut la déterminer, et ce n*est encore que par l'ensemble des autres phénomènes qu'on peut arriver à reconnaître cet état organique.

671. De ce que la fréquence ou la rareté du pouls n'indiquent pas, et surtout ne caractérisent pas dans tous les cas la maladie, il en résulte que les battemens nombreux, observés dans un temps donné, ne constituent pas l'état fébrile. Déjà Morgagni avait remarqué que si l'on s'en rapportait seulement à l'accélération des pulsations artérielles , on croirait que que certaines gens ont la fièvre, tandis qu'il n'en est pas ainsi. Cette fréquence du pouls se remarque encore quelquefois pendant la convalescence ; on ferait ^ donc alors rester au lit des gens qui ont besoin d'exercice pour répar( r leurs forces. Sous le rapport de l'accélération du pouls, comme sous beaucoup d'autres, le mot fièvre ne donne que des idées très vagues : c'est ainsi que dans deux cas de fièvres typhoïdes (eniérite typhohémique ) j'ai vu le pouls ne pas être au dessus de trente-cinq pulsations par minute, tandis que chez des sujets, d'ailleurs bien portans , le cœur se contractait cent fois dans le même laps de temps. En définitive, il est impossible de dire : à tel degré de fréquence du pouls cesse l'état de santé ; à tel état d'accélération commence la fièvre ; à tel nombre de pulsations correspond telle lésion organique.

571. Halîer, cité par Dance, pense que, généralement, le pouls devient fébrile lorsqu'il donne

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