CHAPITRE PREMIER
La respiration est une fonction qui a pour objet de mettre, le sang veineux et les matériaux du sang (tels que la lymphe et le chyle) en contact avec Tair atmosphérique, afin de leur donner, par Thématose, les qualités vivifiantes du sang artériel. Les organes auxquels cette fonction est dévolue chez Thomme sont les poumons.
Chaque mouvement respiratoire est composé de deux temps : celui par lequel Tair est introduit dans les poumons, connu sous le nom d'tnsptratiouy et celui par lequel ce fluide en est rejeté, c'est l'expiration.
Dans Tétat naturel, la respiration est facile, douce, égale, régulière, et, tandis que Ton compte trente-cinq respirations par minute pendant la première année de la vie, vingt-cinq la seconde année, vingt à la puberté, ce nombre ne s élève plus qu'à dix-huit et souvent qu'à quinze, dans Fàge adulte et dans la vieillesse.
Lorsque Thomme est malade, sa respiration change souvent de caractère et elle offre un grand nombre de phénomènes nouveaux : les uns appartiennent aux mouvements alternatifs d'inspiration et d'expiration, qui sont troublés dans leur rythme ; les autres sont accidentels, comme la toux, Véteniuement, le rire sardonique, etc. En étudiant la fréquence des mouvements respiratoires, il faut avoir le soin de compter les inspirations, se rappelant toujours que l'émotion occasionnée par la visite du médecin, les cris, l'exercice, etc., contribuent à les accélérer. Les femmes et les enfants respirent aussi, dans l'état normal, plus fréquemment et plus vite que l'homme. On remarquera ensuite la lenteur ou la précipitation, la grandeur ou la petitesse des mouvements respiratoires, le plus ou moins de difficulté que le malade éprouve à les opérer, la dyspnée, Vorthopnée, etc. Les inégalités et les irrégularités qui accompagnent les deux temps de la res-
4IJ0 TROUnLKS DK l'AI'PARKIL RKSPIRATOIUE.
piralion, les soupirs (jui peuvent los (uitivcouper, leur suspeiisiou moinenlaiiéo, lo.stritor, la respirât ion conrnisirc, onlivcoupre, inlorrompiip, cW., soroiit éixah'riKMil notés avec soin. Passant de là à Télude de chacun des mouvenienls respiratoires, on s'assm'era s'il va prolon«i:einent de l'un deu\; car le prolonirenienl de rexjiiraiion a une valeur considérable pour le dia- ^Doslic (lu premier i\e^\v. de la luberculisalion pulmonaire et de la conifeslion (les pomiions.
La ^ène (pie le malade éprouve à arcoînpiir l'acte respiratoire, los douleurs (prit ressent, ses soupirs, les rôles (\\u s(î font entendre à distante, les (jiKtlih'S, Vodcur surtoitt do rair crpirê, la nature et la fréqucna* de hi lour^ Vc.vpoctordtioii et princi|)ale!nenl la (|uantité, la forme, la couirur, l'odeur des mati(M'es expectorées, et l'examen des parois thoraciques pendant (|ue la respiration s'elTedue, méritent une grande attention, ('/est vu elVet par ce dtMiiier moyen (ju'il est |)ossil)l«^ de constater les vices de conformation, les roussurcs, onfonccminds, dcriations^ invipiHtr de ijrauileur Oïl de dilfttuliou des deiw côtés du thora.r, défaut complet de dilatation d'undes ecUés, elcUuantaux phénomènes fournis par lupalpation, la mmsurdtion, la sucrussion, la spirométrie, la percussioni.^ Vaaseullation dt's pounu^ns,c'e^l à eux (|u'il appartient de rendre le dia^'uoslicde |)lus en \)U\^ piecis. Par leur intermédiaiie, le m«»decin s'eleve à la connaissance, iion seuiemenl deror^\ane malade, (|ui ptMitètre le larynx, la trachée, les grossis ou petites bronches, et le poumon lui-nM'*me, mais encore de l'étendue de l'altération, de sa nature et de son siè^jo dans les diflerents tissus.
(bi |)eul juizer par ces (M)nsideralions irénerales de l'importance des diflerents si«;nes fournis par les phénomènes de l'appareil V(jcal et respiratoire, et l'étude particulière de chacun d'eux mcHitrera tout ce (|ue la science a .su tirer de leur observation.
CIIAPITUK 11
SKiNES DIAiiNOSTKjUKS FOniMS PAR L\ VOIX
La voix est un bruit particulier du larynx modifié par les lèvres, pour former la parole, le chant et le cri.
L'homme, dans letat de santé, a la voix étendue, retentissante; son timbre très llexible, se prête volontiers aux sentiments variables qu'elle est tour à Ic^ur charriée d'exprimer ; elle trahit son àme, sa force et son courage, sa franchise et sa faiblesse, et dans les maladies mêmes elle ofl're un certain nombre de caractères trc's importants pour le diagnostic.
Si les conditions physi(jU'js de la |)ro(lnction de la voix viennent à changer soit par maladie du larynx, soit par altération du tissu pulmonaire, soit par modilication du calibre (l(\s bronches, soit enfin par suite de Ja formation de cavités accidcMilelles dans le parenchune pulmonaire, son tiuibre et ses caractères chani:enl romplèleuMMit,