II. — RALB SOUS-CRÉPITANT
Le râle sous-crépitant présente plusieurs variétés sous le rapport du volume et du nombre de ses bulles : l"" le râle sous-crépitant fin, qui se rapproche du râle crépitant par sa ténuité et son abondance, et par cette circonstance que c*est surtout pendant Tinspiration qu'il se fait entendre ; 2* le Tél^ sous-crépitant moyen, dont les bulles sont plus volumineuses, moins nombreuses, et s'entendent plus fréquemment pendant les deux temps de la respiration; S"" enfin le gros rdle sous-crépitanty à bulles volumineuses inégales, rares, constituant un véritable gargouillement.
Le râle sous-crépitant doit être considéré comme l'un des principaux phénomènes de toutes les aOections bronchiques capillaires dans lesquelles il y a hypersécrétion des liquides fournis par la muqueuse, dans la bronchite à la seconde période, la dilatation des bronches, le catarrhe de la muqueuse pulmonaire; on le rencontre également dans certaines formes de congestion des poumons, et dans l'apoplexie pulmonaire, dans Thémoptysie ; enfin, dans la phthisie tuberculeuse, au moment où commence la fonte des tubercules. Alors, comme je le dirai un peu plus loin, le râle sous-crépitant se fait entendre avec une modification particulière très importante à
r»04 TROUBLES DR LAPPAREIL RESPIRATOIRE.
étudier ; il se présente surtout à l'état de craquements humide!i/\s>(^\ih, avîint |ÉOur siège la partie du poumon occupée par les tubercules en vui»^ de ramollissement. iMais, dans presque tous 1rs cas, la présence du r.il»' sous-crépitanl seul, à petites ou à grosses bulles, n'aurait pas une signification assez absolue pour permettre de porter un diagnostic, si l'on ne tenait compte et du point où on Tentend, des circonstances individuelles, des antécédents du malade et des autres symptômes.
m. — RALE CAVERNEUX OU GARGOL'ILLEMENT
Le rdle caverneux ou gargouillement est constitué par des bulles grosses, de volume variable, peu abondantes, et toujours mêlées de respiration soufflante caverneuse, ce qui permet de le distinguer du râle muqueux à grosses bulles ou gros sous-crépitant.
Pour que le râle caverneux se produise, il faut qu'il existe au sein du lissu pulmonaire une excavation contenantune certaine quantité de liquide et dans laquelle l'air puisse librement pénétrer. Le bruit est le résultat du passage de Tair au travers de la coucbede liquide, et se produit de la même façon (lue celui que Ton détermine en soufflant par un cbalumeau dans de Teau de savon un peu épaisse. Ici le bruit est augmenté par le retentissement contre les parois de la caverne. Si le liquide diminue de quantité, le râle cavcîMieux cesse de se faire entendre jusqu'à ce que la caverne soit de nouveau suffisamment remplie.
Le râle caverneux ou gargouillement est le signe habituel d'une excavation pulmonaire, résultant ordinairement de la fonte d'une niasse tuberculeuse ; quelquefois, mais plus rarement, d'une dilatation des bronches, d'un abcès pulmonaire simple ou consécutif à l'évacuation d'un kyste hydatique, d'un foyer apoplectique ou gangreneux du poumon. Dans ce dernier cas, l'odeur caractéristique de la gangrène lèvera tous les doutes; dans les cas d'abcès ou de foyer apoplectique, le diagnostic devra se compléter par l'étude et l'appréciation des circonstances accessoires.
Cependant le gargouillement existe ailleurs que dans les excavations pulmonaires tuberculeuses produisant la phthisie. On le rencontre aussi {.hush dilatation des bronches chez les vieillards atteints d'asthme et d'emphysème, et dans la pleurésie aiguë lorsque l'épanchement comprime à demi le poumon (Barthez, 11. Landouzy). Dans ces cas, le bruit se passf dans les grosses bronches remplies de mucosités, et il se transmet à travers le poumon aplali sous la couche d'eau qui le recouvre (1).
Une nuance du raie caverneux désignée sous le nom de rdlecarernuleux, présente les même caractères que le précédent, sauf que les bulles sont plus petites, et que leur timbre est plus clair. H indique l'existence de petites cavernes tuberculeuses.
(1) H. L.iiuiouzy, Mémoire sur le gargouillement }>roduit dans la pleurésie aiguë, neii»i>, 180:».