MOUVEMENTS DU CŒUR
Dans la poitrine de l'homme, au niveau de la mamelle gauche, a main et l'oreille perçoivent des mouvements réguliers accompagnés d'un bruit de tic4ac plus ou moins rapide, variant de 60 à 80 par minute. Ce sont les mouvements et les bruits du cœur. Les uns ont pour cause la contraction musculaire des ventricules cardiaques, ou systole ventriculairey et les autres résultent du redressement des valvules par le choc du sang à leur surface. Ce tic-tac forme un double bruit, séparé par un vrai silence, et le premier son qui frappe l'oreille est sourd, prolongé, coïncidant avec le choc de la pointe du cœur sur la poitrine, entre la quatrième et la cinquième
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rr»lr; laiidis <j«ir h', s^cruid l)ruil, plus clair, plus bref, s'entend niieuv un peu plus liaul vris la lioisirMucî ecHc, au-dessus et à droite du mainrlou. C/r^l ciHMMMî (jî (ju<' Ton a appcdé bruit supéiicur, par opposition à IV'jiilliclr de /y///// infrrirur donner au premier bruit. Ces deux l)ruits réunJN [>ar r(Mi|)les se répètrnt d'une l'aron réii;uli«;re de la manière suivante : — premii'r bruit sourd aveeejioc de la pointe du cœur et battement des artères; petit siU'nee ri s«'cond bruil clair suivi d'un i;rand silence, qui est le n^pos de. ror;;ane. lien resuite une mesure à trois temps dans laquelle le premier i)ruit peut être représenté par une noire; le petit silence et U' second bruil, cbacun par une crocbe; et le grand silence par un»' noire.
Les nnuivemenls du cœur (|ui donnent lieu à ces bruits intérieurs sont variables dans leur lorce, dans leur fréquence et dans leur régularité, d'après l'âge, \c se\(\ Tidiosyncrasie, les mouvements, Texercice, ctf. l'orls, lVé([uents et réguliers dans l'enfance, ils varient de 420 à 140 par niinuli* dans le premier mois de la vie, de 100 à 1:20 pour les deux premièn^s amiees de l'existence, et ils dimiriuent progressivement jusqu'à la puberté. \.cuv nombre décroît et leur régularité s'altère avec l'âge; ils lombtMil de 70 et SO, cbilïres ordinaires de l'adulte, à 60, 50 et même encore au-d(*ssous cluv. les vieillards. Ils sont un peu plus fréquents chez la ftMnme que eluv. rbi^nune, et Ton rencontre de jeunes sujets chez lesquels ils ont une U nltMU' ualurelle extraordinaire, chilTrée entre 40 et 50 par miinile. l.exerciie les auf:nienti\ ainsi que certaines impressions morale> NiNCs. et il en est de même de l'ai imenlal ion, car, après les repas, il y a louivHUs une notable acci^l(M\Uion des mouvements du cœur.
Produits jwr îot contractions des oreillettes et des ventricules, on ne \\\\[ les cludun- d'une lacon convenable p«HU' eu déterminer le rhythme i)uc sur 1(^ * a ur m;s .i nu chez un animal vivant, dont on entretient la vie |\o" la n>jMi,il>v».. ai luiv ulie.
l\iiîr.. Us riiriii\ lUs (\u\ ont fait des recherches dans cette direction, d '.Mi ^ -.'«o; ;m iKîjuK'.ner.l ilarve\, llalKî\ iU-po, Corrigan, Pigeaux, Magenv,;o. P\^ii n.;;. : \\ Wkkv) . y\\\^\\i-.\ P- aiî .. . Cn. Wi.jiams, les Comités i.v^ l v^r.. ;v> vi v.c i'nb '.\ Pai\:i. l.l.ar.vt ,\v. C Marc) lO . Entre toutes, Ii\, » Se;\,i. V s vi. vesiit :r,.c;> a..u\.rs s; vi.>;::]g;:i ::; '^ui' kurgrttnd nombn ,
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ses cavités est toujours remplie d'une certaine quantité de sang, à laquelle s'ajoute celui qui arrive par les veines cave et pulmonaire. C'est dans cet état de plénitude que commence le double mouvement alternatif des oreillettes, auquel correspond le tic^tac perçu par l'oreille.
Comme l'ont vu Haller, Hope, Tumer, Bouillaud, Faivre, Chauveau et la plupart des physiologistes qui ont observé sur des mammifères, il se passe:
{• Une contraction des oreillettes, qui chasse le sang dans les ventricules et sollicite leur contraction ;
i* Une contraction subite des ventricules, qui envoie le sang dans les artères aorte et pulmonaire, pendant que les oreillettes relâchées reçoivent one nouvelle ondée sanguine ;
3* Un repos du cœur avec relâchement et dilatation de ses cavités par le sang -qui continue d'y affluer.
Dans les expériences si nombreuses de Faivre et Chauveau sur le cheval, aa moment où le cœur sort de son repos et de son état de relâchement, on a toujours vu les oreillettes commencer le mouvement, et leur contraction brusque, appréciable par la rigidité, le plissement de leur surface et leur rétrécissement, constitue le premier temps de l'évolution cardiaque.
A la contraction des oreillettes succède par une sorte d'ondulation la contraction des ventricules, qui bondissent, frappent la poitrine, et passent de Tétat de flaccidité à une tension remarquable, en se raccourcissant et eu donnant lieu à un mouvement de recul (Hiflelsheim) et de tension très prononcé. C'est le second temps d'une évolution du cœur, auquel succèdent le relâchement ventriculaire, l'afflux sanguin des ventricules et le temps si court du repos de l'organe.
Cette contraction des ventricules s'accompagne d'un rétrécissement notable de leur moitié inférieure, tandis qu'à la base le changement est à peine sensible. A ce moment, il y a par la même cause raccourcissement de l'organe et torsion des ventricules de gauche à droite et d'avant en arrière, en môme temps qu'il se fait un léger redressement de la poitrine, donnant lieu, d'après Magendie, Bouillaud et la plupart des observateurs, au choc de la poitrine. C'est aussi ce qu'on nomme le mouvement spiroide éueeeur.
Sauf Burdach, Beau et quelques autres médecins qui ont admis que le choc de la poitrine par le cœur avait lieu au moment de la diastole des ventricules, la plupart des physiologistes, au contraire, reconnaissent avec raison que ce choc a lieu au moment delà systole ventriculaire. En effet, le cboc du cœur coïncide avec le premier bruit ou bruit sourd qui accompagne la systole des ventricules ; donc il y a le plus parfait isochronisme entre cette systole et le choc précordial.
Ce choc s'explique, selon les uns, par la projection du sang dans les artères aorte et pulmonaire, qui, pendant la systole ventriculaire, amènenût un redressement de la courbure de ces vaisseaux, et l'impulsion du cœur contre la paroi thoracique; selon les autres, par le redressement du
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cœur sous l'influence de ses libres unilivcs antérieures ; par l*influence d'un mouvement de recul au moment de la systole vcntriculaire (Hiffelsheim), mouvement de recul produit par la difTérence de la force de contraction des ventricules, comparée à la résistance que le sang éprouve à passer dans les artères, et enfin, d'après Cliauveau, par le changement de l'orme et de consistance des ventricules dans leur passage instantané du relâchement à l'état de svstole.
Iteste à savoir quel est le rhythmcj cVst-à-dirc la succession et la durée des mouvements du cœur. D'après Faivre et Chauveau, chez le cheval, chaque évolution du cœur peut être notée au moyen d'une mesure à quatre temps, i*' temps, contraction des oreillettes; il'' temps, contraction des ventricules et relâchement des oreillettes; 3' et -4*' temps, relâchement général. Mais, dans ce cas, le temps de la contraction des oreillettes est toujours un peu moins prolongé que celui delà contraction des ventricules.
Chez l'homme, le rhythme se fait d'après une mesure à trois temps, la durée du repos du cœur étant beaucoup moins longue que chez le cheval. D'après cette donnée, le premier temps des mouvements du cœur est rempli par la systole des oreillettes, le second par celle des ventricules, et le troisième par le relâchement et le repos des cavités cardiaques. Mais, si l'on pense que la contraction des oreillettes est moins prolongée que celle des ventricules, il en résulte que chez l'homme le rhythme des mouvements du cœur peut être noté comme il suit :
SA S r J)
FiG. -7. — Rhythme des mouvements du cœur.
Cela étant établi, je vais faire connaître la théorie des mouvements que Beau oppose à l'ancienne théorie de Haller, de Laennec, et à toutes celles qui leur ressemblent par l'assentiment donné au synchronisme du chocdu cœur dons la poitrine et de la systole ventriculaire.
L'observation du cœur de la grenouille mis à découvert montre, dans chaque évolution du ca'ur, une contraction de l'oreillette suivie de la diastole du ventricule, qui se colore en rouge et saute en avant contre la poitrine; puis de la contraction du ventricule, qui pMil et revient sur luimême pendant que l'oreillette se dilate et se remplit de sang. Après un instant de repos, la contraction auriculaire recommence; elle envoie le sang dans le ventricule, qui se dilate et se contracte aussitôt, pendant que s'accomplit la diastole auriculaire,et il y a une nouvelle pause. Tels sont les mouvements du cœur de la grenouille, et, d'après Beau(l), telssontaussi les
(1)Beau« ^rat^ '"•'«yii^'elexpêrtmenia/ (Taiaru/fatton. Paris, 1856.