CHAPITRE PREMIER
DE l'observation DES MALADIES
Observer une maladie, c'est l'art d'en suivre pas à pas l'évolution, afin d'en constater exactement tous les phénomènes.
Reconnaître une maladie, c'est l'habitude d'en grouper tous les éléments, pour en établir les caractères fondamentaux, et pour la rapprocher ou la
B. ^ DlACHOSTIC. 1
2 ORSKRVATION DES MALAI»FS.
séparer de (nul aulre ensemble palholo^Mqiie oITrant avec (îlle plus en moins djniahuiie.
liieii (ihserver une maladi<* est un art: la bien reconnaître est une seiener. L'homme (pii observe regarde et contemple la nature; celui qui discernr fait plus, il rinterro«ic aiin de mieux la comprendre.
AUTICLE IMJEMlEi;
DU DIAGNOSTIC
Dans l'étude de la pathologie générale, on est convenu d'appeler diagnostic (de fijâ/vaxTi:. discernement; o.à, entre, parmi; y^g^ti:, connai>sanci) cell(^ importante opération de l'esprit (jui nous fait distinguer une maladie d'après la manière dont se groupent les symptômes qu'elle présente.
Il y a deux manières d'arriver au diagnostic : I** lors(|u'on réimit tous les signes distinctifs d'une maladie et qu'on les dispose de telle sorte (|u'une aiïection semblable étant doiuiée, ces symptéimes puissent se retrouver dans le même ordre et avec la même succession : c'est le diai^nostic simple ou spécial: :2® lorsqu'on discute la valeur de chaijue symptr>me oHerl par un état pathologique, et (|u'on trace une ligne de démarcatinn nettement tranchée entre (!es phénomènes et ceux que présente une variété morbide plus ou moins voisine : c'est alors le diagnostic comparatif ou différentiel. Qiïclques exemples vont bien rendre toute ma pensée» : lorsque l'on dit, en parlant d'un malade, qu'ilauiuî toux sùche, drs sueurs nocturnes, des hémoplysies, une gène médiocrre de la respiration, de la matité sous les clavicules, une altération du bruit respiratoire dans le même point, un bruit respiratoire normal à la j)artie postérieure et inférieuie de la poitrine, et qu(î l'état général est en voie de dépérissement, on rassemble les principaux symptômes d'une seule et ménuî aiïection, et, lorscju'on prononce le nom Av. phihisie pulmonaire au début, on lait du diagnostic simple. Que Ton vienne maintenant à dire d'un second malade comparé au premier : il a de l'expectoration nmqueuse, pas de sueurs nocturnes, pas d'hémoptysie, pas de dépérissement notable, une gène considérable de la respiration, une résonance normale sous les clavicules, un bruit respiratoire également normal dans le même point et du râle sous -crépitant à la partie postérieure et inférieure de la poitrine, des deux côtés, l'on aura tout à fait exclu du diagnostic la possibilité d'une phthisie pulmonaire commenvaute tandis qu'on aura groupé les caractères qui révèlent l'existence d'un catarrhe pulmonaire. Dans ce second cas, le diagnostic est différentiel.
On le voit, le diagnostic est une opération qui se fait en deux temps, et le diagnostic différentiel n'est, pour ainsi dire, que le contre-appel du diagnostic simple. Le résultat de celte double épreuve appartient essenliellement au médecin ; c'est le produit de son intelligence, de son savoir et de son expérience acquise. Le malade, dans cette circonstance, est un ctre
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purement passif. Tout dépend donc de la manière dont ces faits sont interprétés par rtiomme qui observe et qui juge ; de là Tobligation pour lui de remplir un certain nombre de conditions do nt il sera bientôt parlé.
Est-ce bien la peine de prouver que le diagnostic est d'une indispensable, d'vine absolue nécessité? N'est-il pas évident pour tout le monde, môme pour les personnes les plus étrangères aui choses de la médecine, que c'est par l'examen approfondi de phénomènes morbides, par la relation établie entre eux, qu'il devient possible de faire efficacement intervenir leur concours dans la marche et la durée d'une maladie, et surtout dans son traitement? Le diagnostic, il est vrai, conduit souvent à la décourageante constatation d'une irrémédiable incurabilité ; mais, là encore, il est la source d'un profond enseignement ; car, si la vie d'un individu peut être arrachée à une mort certaine par une médication aussi opportune que bien calculée, souvent aussi ce serait compromettre une existence que de la soumettre à des moyens d'une active énergie. Agir dans un grand nombre de circonstances, s'abstenir dans beaucoup d'autres, c'est faireacte de prudence et de discernement, c'est imiter la conduite du sage. Ouvrir largement la veine dans un cas de violente congestion cérébrable, c'est rétablir l'équilibre dans la fonction circulatoire, c'est rappeler la santé qui s'échappe ; mais saigner dans une affection chronique de l'encéphale et à propos d'une légère exacerbation, c'est opposer au mal un remède pire que le mal lui-même, c'est précipiter une fin dont on pouvait ajourner la fatale échéance.
DES SIGNES DIAGNOSTIQUES
Toutes les circonstances antérieures à l'apparition d'un état morbide et les phénomènes actuels susceptibles de jeter du jour sur la nature intime d'une maladie, sur ses prodromes, sur ses symptômes présents, sur les causes qui en ont favorisé l'invasion et entretenu la marche, sur les moyens précédemment mis en usage pour en enrayer le cours, ont reçu le nom de signes diagnostiqms .
Il y a deux espèces de signes diagnostiques : les uns parmi lesquels on peut ranger ceux que les auteurs ont appelés caractéristiques, essentiels, pathognomoniqwsy vrais, univoques, actuels et présents^ ont une importance réelle, une grande valeur significative; ils expriment tout un ensemble de phénomènes et traduisent le caractère spécial de la maladie : la toux, les crachats rouilles, la matité, le râle crépitant, le souffle, la bronebopbonie dons la pneumonie, par exemple. Les autres, qu'on a nommés signes communs y commémoratifSy équivoques, ne sont pas inhérents à la maladie, et se retrouvent dans une foule d'autres affections : le malaise gé* nénd, la céphalalgie, Tinappétence, l'accélération du pouls, la soif, la oonriMiIttre, etc.
OnSKIlVATION DES MALADKS.
11 est facile de voir de quelle immense utilité sont les premiers signes et avei* nuolle prudente réserve il faut aecueillir les seconds. Les uns oflVent un intérêt primordial, et c'est avec eux que le médecin assoit son juirement: les autres n'ont qu'uni^ si^nitication secmidaire, et sont seulement hons à consulter. La valeur diaiinosliiiue de chacun d'eux étant disculée dans plusieurs parties de cet ouvrage, ce serait s"e\p()ser à des reJites que d'entrer ici ilans de plus amples détails.
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Pans le diairnoslic. le malade est un précieux tlfincnt : il yju^^ un rôle tnwucoup plus impoi'Iant qu'on ne serait l'iilc de Ir > •ii:h 'i:iirr l.'iil d'abord. La première coîuliti.'U d<'>.îahle pour lu., r « >t un»- c?:Tlain»* dose d'inteducnce, à l*ai;ie de Ia|Urli'^ l puisse c<»!npre:iJu- i^-s qu»->ii .us du mcv'.vviiî, se :\nct:cr vie 1 ini;H'r::.r. e do lel iiit^'iro.: -loirr et v r-p tndre
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