Rémunération des écrivains
quoi ont vécu, de quoi vivent le- écrivains reçoivent-ils en retour de leurs ouvrages >
«I Les desiderata de l'intelligence sont une chose, ceux dur, intellectuels tant de fois exprimés en sont une autre. I intellectuel doit-il assimiler son travail à un métier, doitil ru conséquence vivre de son travail, et l'œuvre documrtilaire. expression de ce travail, sera-t-elle par conséquent œuvre • libre . ou oeuvre « aervile • > Cette question s est posée de tout temps et particulièrement du nôtre h raison de ces trois circonslance» ; accroissement du nombre des intellectuels, accroissement du tôle de l'intelligence dans la société, formes nouvelles que prend la «commercialisation et In professionalisalion». (Professions libérales : médecin, technicien, avocat, ingénieur, éducateur, homme de science, tous criii qui avec leur inlel li&jrnre participent à la vie), (1)
h) Les auteurs anciens et ceux du moyen âse ont écrit en général pour se complaire a, eux-mêmes, pour des buts éditent! fs. dans l'espoir de dons ou parer qu'ils avaient I aide de patron» littéraires ou d'hommes publics Influents Seulement de» juriste», avocats et occasionnellement des impressariï demandaient des honoraires.
De tout temps cependant la littérature industrielle a existé. Depuis qu'on imprime surtout, on a écrit pour vivre Mais en général, surtout en Fronce, dans le cours du XVII' et du XV11I" siècle, des idées de liberté et dr. rlésiiiléresaemonl étaient à bon droit attachées aux belles œuvres Depuis, l'organisation purement mercantile a prévalu, surtout dans la presse. On usa de sa plume et de sa pensée comme de son blé ou de «on vin. (Sainte-Beuve: Portraits contemporains. Paria, Caïman Lévy). Le théâtre et le roman surtout passèrent pour ouvrir une carrière Fructueuse, (Alexandre Dumas, Zola. PoiuOB du Tetrail. ) •<;nif- distribuait Sttttj la riclir-^e a certains. (Victor Hugo, Lamartine. )
• Notre temps n fait dr la littérature un métier. Etrange conception des lettres, dit Bernard Grasset (La chose littéraire) Comme la peinture, la littérature suscite trop de vocation, Il y a plus de 1,000 marchands de tableaux, plus de 3,700 gens de lettres patentés. *
Au XVIII» siècle, il n'y avait pas d'hommes de lettres vivant de leur plume. (La Bruyère donne pour rien Caractères au libraire Mlrhallet). 1-e tirage de luxe d'au-
(I) Les desiderata de l'Intelligence française. Enquête
du Mercure Unitwrsef (n» de juin 1932). — Discussions ei travaux de la Confédération Internationale des Travailleur» Intellectuels et des Confédérations nationales affiliées.
p.uMl'Iim EoiBUkii ulnra le grand tirage. (La Henriada ne dépasse pas 2.000 exemplaires.) Les hommes de lettres vivaient grâce aux pension» du roi ou aux libérables des Mécènes. (A, II... le: U Oie au XVUI' ifeete. Le» gens
de lettres.)
c) Voici des exemples de sommes payée» à des écrivains : Milton vendit son Paradit perdu ou libraire Symoti» pour cinq livre» sterling. Depuis les éditions de l'œuvre en Angleterre et dans toute l'Europe ont produit plus de millions qu'il n'y avait d'oboles dans ces cinq livre». M, Ohnet a 100.0(10 lecteurs, Emile Zola a gagné deux à trois millions en écrivant .es roman». Flaubert recevait de son éditeur pour Madame Bovary, pour des d.oils «huant vingt M» «»" f°'« I>"v^ unc M>mme * 500 francs. Un romancier qui peut difficilement produire deux romans par an reçoit 2,500 à 2.700 francs par volume. Avant la guerre en Russie, on payait 500 Flancs par feuille de 40,000 lettres. En Allemagne, ft un auteui qui veut «e faire connaître, on payait 60 à 80 marks pal feuille, Dans ses Soutient"™, l'éditeur américain, M SUt t Lire, qui avait publié les ^iienturta de Sherlocfe Ho/.ncs raconte que, pour les six premiers récits, il versa J Conan Doyle la somme de 6.480 francs, soit 1.080 franc* pu récit. Pour les six récits suivants, il ver»a 9,920 francs, 1,520 franc» par récit. Les honoraire» ne cessèrenl enauHl d'augmenter, il y a quelques années, quand Conan Doyle publia une nouvelle série d'aventures de «or Favori, l'éditeur américain acheta 1.200 000 Franc: le droit de reproduction aux Etals Uni-, - A l'Ouest rien de nnuucou a rapporté à M. Remarque, en franc* belges, K peu près douie millions de droits d'auteur.
d) La tâche désintéressée de l'écrivain M maintient Renan . écrit: • J'ai eu trop de plaisir à faire ctrfim pour que je demande d'autre récompense que de l'avoi (air », Au contraire, un autre auteur a dit que ■ la grandi satisfaction du travail accompli, c'est de n'avoir pli» 1 l'accomplir) s