‹ Traité de documentationChapitre 380 sur 725 · I. Ltt réalisation de /'cetttîre · texte numérisé non relu

I. Ltt réalisation de /'cetttîre

a) L'auteur opère son choix entre tout les sujets, entre toutes les formes littéraires et documentaires et, pour le trait- r entre tous les ordres de disposition, entre toute» le* idées, toutes les possibilité, de phrase», rniic tous le» mot*. Car élaborer une oeuvre, c'est procéder à une •élection continue.

b) l'écrit peut et doit être la penBée à l'état la pku parfait , les paroles e'envolenl, les écrits testent Boileau n dit -. « C'eat ordinairement la peine que s'est donnée un auteur à lire, à perfectionner ses écrit*, qui faii que le lecteur n'a pas de peine en le lisant, a AilleurN il n

s Vingt foi» sur le métier remettez vos ouvrages, polissez les sans cesse et le» repolissez. > Satcna a dit : ■ Un écrit qui sent le travail n'est pa* assez travaillé. . Et IL laine a donné cette définîiton ; r Un écrit quel qu'il soit ne fait que manifester une âme. * Ecrire un livre, disait Verhaeren. c'est (aire un acte de volonté. Il * i»nil durant trois mois, six mois, un an ou plu», i concentrer son esprit sur un même sujet, à «*y intéresser, dominer, à l'embrasser.

c) Un livre représente des milliers de coordinations d'idées. Tout un livre e*l présent à l'esprit de l'auteur au moment où il l'achève.

1 lecteur qui consulte un «ros livre de 500 page», is'de mille et plus, s'csl-il rendu compte de la manière dont l'auteur avait dû procéder pour rédiger r-on minage ? Il n'a pas la naïveté de croire que le savant compose en écrivant son texte d'affilée, commençant .i !.. pi entière el finissant à la dernière limite. Les prtH suivis sont fort Intéressants à connaître; de leur rompe m et examen, il est passible de dégager des coi nix, voire tinr méthode de composition.

d) Pour réaliser l'œuvre, il y a d'abord le tempe rament c!f l'auteur 1 puis s* préparation i<éiiérale : puis Inconscient qui a travaillé en lui. TiluallHH des doCH menu pour ses réflexions future», puis la documentation

île de son sujet: enfin l'ambiance intérieur SUT» de l'heure et le réflexe normal contre les im.i iî'-s cérébrales qui seront successivement évoquées MM

t'eaprtt.

Devant le papier blanc, et une Fois la plume à la main, lu pensée va se développer, se dérouler, se dévider. Elle • -i rornparablc nu fil qui se débobine, à In pelote d» M Lit penaée est orientée ver» un point centra! et c'est n I exposer, à l'expliquer, à le « eorrelater «, a en dire le» conséquences que la pensée s'efforce. Dan» le dotum. m, et par écrit, ln pensée procède à In manière dont H le le fait dans la conversation et par ln parole.

e) C'est au moment d'écrire que s'achève l'édifie

NCTiONS. ACTIVITES

la pensée. De* matériaux, des données réunis m noie», ut dégagent nettement alors une idée d'ensemble, une thèse, ou une organisation.

■ Lorsque le travail de préparation une foi» accompli. I écrivain réaliuteui qui compose s'esl par un effort soi xeneris. placé au cceur de In question, il éprouve une sorte de sentiment inspirateur qui n'épanouit eo ou en articles. Non que les dévcloppemetiis du livre ru dr* l'article achevé, avec la multiplicité des idées et des mots, puissent être contenus en raccourci dans un senti mrnt initial parfaitement indivisible, mais ce nentimet il schéma dynamique) possède en soi on ne sait quelle puissance de les susciter. ■ (Bergson.)

Ecrire, c'est un procède de création et non seuleriimi d'expression. La plume à ta main l'écrivain non trulr ment transcrit une pensée qu'il aurait formée préaîahl.ment, maiH il l'élahorc. Des idées lui viennent en écrivant par le jeu des associations ; il doit les clarifier en les tant de mol» nécessaires k les exprimer: il doit le, systématiser par la nécessité même où il est d'en présentej un exposé et de les rendre explicite»; il est placé devant tes incohérences, le- trou», les isolements d'une conception simplement éhauehée, La vision limité. point à résoudre canalise alors son attention et faril.tr l'effort de création.

I) Tout ouvrage doit avoir (tire sorte de vie inten • lui rl.iit animer le plan et lui donner de l'unité. Les

ntr< idées émises ne doivent être que de» I d une idée plus générale qui les englobe toutes. I !r, loi supérieure de tous les art» qui tachent de faire concourir tous les détails d'une œuvre quelle qu'elle soit; tableau, statue, pièce en vers, à la traduction d'un sentiment unique,

" Je donnerais presque comme une loi, dit F. San qu'il nr faut avoir qu'une idée mère, qui s'éclaïrnl .i se confirme par in.i» ou quatre groupe» dr déveL; ment» successifs. > Tout te discours est I se réduit

à une seule proposition mise au jour par de» tours variés M»! l'ien composé est comme un animal verte!

u) De» ouvrai/.', sont écrits d'nfîilée. D'autre» subissent l.'iiuoup d'étapes, Irurs auteurs le» revoient, le» refondi-ni à plusieurs reprises, Leurs manuscrits aux passage» biffé-., .un paire", intercalée», aux corrections h encre* rftvene» laissent voir leur pensée à la recherche de la formatnm définitive,

L idée peut aller aussi en s* accumulant (idée cutim lativel. On rédige alors séparément, main parallèlement, les exposé» particuliers à des dates successives. Un premi.i mémoire d abord, puis un deuxième qui cumule le pri miei et le deuxième, puis un troisième qui cumule le deuxième et le troisième.

h) L'enseignement est une préparation à l'art d'ét Les humanistes apprennent à organiser la vie mentale, à créer les hiérarchies de» idée» et des concepts ; voîre h composer de» écrit», à mettre en relief l'important et dans

LE

l'ombre l'accessoire. Ecrire exige dr l'entre disait- n Voilà quarante ans que j'écris Il m'aperçois chaque jour que le ne le connni >c On doit apprendre à écrire comme i pis.no el le violon, dit Georges Remy; li .lient, durement. <• Camille I .emonn ■ de ses nuits a (aire des ■ gammes s' imposer à lui-même des tâches de labt primer de vingt façons différentes une nu nuit tombe » ou « la lune brille sur le ti vie, sans jamais passer un jour, il lui ne se lassant fias de vérifier Le sens exact i ricïiîr ou de rafraîchir son vocabulaire, CéV » Voyage au bout de la nuil », a recomine cinq ou iii Ferai cet énorme ouvras..

qu'avec peine n le livrer a l'éditeur. Il en qui, affirme-t-il. ne sera prêt qu en 1938.

i) Le procédé de compontlion mira ê\ influente sur la composition elle-même.

synthétique ; avoir une idée maîtresse e pour la développer, en subordormr \r argument.;, donner le maximum d'uni h la pensée, utiliser les tiouvaillel d'idé qui s'opêient Undis qu'on écrit. 2" Le proo enregistrer un à un sur fiches les faits

IU F«lt« snrtir une1 pensée ri

■wrer que rien n"e»t oublié, donner à U mière place de préférence à tout riévelopj: mais privé de toute la force synthétique, subconseiente même de ta pensée en ira directement et d'un jr-t. : Le» Rigfes

s\ L'att de la composition littérain (il nria les directions générales pour écrire, coi donne celle* pour penser. Tous le» prinei] position et de In rhétorique, de l'exposé )• classification sont à mettre en œuvre. Il cipes gfafctto», des renies particulières, i des recommandations, A la vérité, il n'rr abuser. L'œuvre est plus importante qm pince doit être laissée au renouvel lemei comme du fond, (1)

(1) Kolman Milcsznlli, à |iii l'on dema Iwce pour une « Théorie de la nouvelle raconter cette hiitoire Lin forgeron, passé

-kliste de fil cataracte, fut convié par à faire l'opération devant eux. Il y iéu«sît « couteau, mais quand il eut appris d'il

• les complications et tous les dédale • in'nn appelle l'oeil et toute* les catnstropl tremblement de sa tiinin. une palpitation

ejnea, un itUssenicril minuscule et.- soi valent amener, il n'osa jamais plu» opérer ni même guérir un simple compère-lorii conelut Miltszath. serait aussi le mien, if p l'nllnis apprendre tout ce qoe t« science exii littéraire jamais plus je n'oserais érrire « (Nouvelle reçue de Hongrie, mai 1933, p.

lînemenl. T-iim- - français et je » pan encore, »

an apprend le inguement, ;»ailcr passa mu' littéraires t, a sur, colle d'rx- *me idée : ir 1,1 Dit », Toute tu le dictionnaire, des mots, d'erïine, l'auteur du ncé de sa main ne s'est décidé i écrit ira nnirr

'idemment une I" Le procédé t se mettre à ml les fait» cl ilé et de force M et de motl iéi analytique ; et les idée» et nminonte, s'nsréalité la preiemenl brillant, mystérieuse rt vsfl qui «"écrit

létorique) donrnriie In Indique pes de 1» comscientifique, dr I y a des piirides ennseils et t faut pas trop ? le» règle» . i ni de* forme*

ridait une pré.

*. se hnrna »

maître comme les professeur»

ivcc son «impie n des maître»

i de ce rnoruîc les qu un petit plu» forte tiri couteau, pouune cataracte.

il » Ce sort, our voire livre je d'une reuvre me nouvelle, »

b) Les opération» intellectuelle» de l'art d'écrire concerne : t° le fond invention de» idée» (décider ce que Ion dira); 2° la lurme: disposition de» idée» (composition des idée» proprement dite» ou plan). Etablir dans quel ordre on le dira. Développement des idées («locution, rédaction ou aigle); dire unit au long ce qu'on . décidé de dire,

e) La composition e»t un travail complexe, Il rxig, analyse- minutieuse et détaillée de» fait» (direction ) et à créer les hiérarchie* de» idées et de» concept», v. ■ Composer des écrits, à mettre en relief l'important et dans Un sclectionncment des matériaux ; la reproduction de? textes disperses dan» des documents multiple* et dlfficilement accessibles. Il faut éviter de transformer en exposé en une simple nomenclature de fait» et de datequi provoque I» monotonie. Il faut reviser complètement ce qui n'est que préparatoire et necessoite : distribuer lu matière avec équilibre,

à) Composer est 1 acquit d'une longue évolution littéraire. Que l'on Compare, [>ar e«., deux poète, séparés par plusieurs siècles, Archiloque de Paros et Horac premier procède pat soubresauts; il est peu cnpabl suivre le fil d'une pensée bien ordonnée; le second rail mettre de I ordre dans ses sentiments et composer.

3, Le plan.

a) Le plan est l'ordonnance de» ouvrages, le canevas, sur lequel va s'opérer la tapisserie. Méthode à suivre dans I exposition du sujet. C'esl d'importance capitale.

Le ««se d'Orient ne s'inquiète d'aucune clnssiiï cation, d'aucun ordre. Il médite profondément. Il formul. « verset» » et les écrit à la suite. Ainsi «ont compote livre» sacrés et la Bible et le Koran,

Mai» l'Occidental veut de l'ordre et celui-ci a grain li, i mesure que le temp» écoulé a permis d'v atteindre plu» complètement,

b] On a vu l'importance de l'ordre dan» l'expo** 22) Certain» auteurs y ont excellé, Ainsi Saint

l'iioma*. Dans sa Somme, il réduit lei objections à un petit nombre semblable aux aphones. d'Arislote; elle» lui-parent à la (lièse générale et sont souvent aussi inté restantes que la solution du problème dans le même de l'article. Mois le progrè» tnhlinlogique de Si Thomas se révèle surtout dans l'ordonnance systématiqn' nul ne l'a égalé avant ni après lui. et il a beaucoup contribué à donner une vue nette et profonde sur l'en semble de» dogmes. Et chaque jour grandit la préoccupation d'une méthode plus lerrêe dans l'cxpoié des don née». On lit fréquemment dan» la présentaluni d'un livre anglais. • The contents of tbe hook bave ! orranged in a manner whîch rendera thrm ea»y to rend and to master ».

■ | L'art de la composition organise tous les cliapilres d'un livre, toute» les période», toute» les phrase* pour

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