I. — Moyen Age et leinpM moderne
Le publicisle le plus important de l'époque médiévale est Machiavel, né à Florence eu I4ti9 et mort en \:>2~. membre du Conseil des dix, exilé parles Médicis, dont
droit public international, les judicieuses observations de M. HenaiilL toc. ctt,, pp. 47 et a,
(1) Conf. sur cetU association les détail» que donne H. Renault, toc. cil,, pp. Kiat a.
LES PIlOLEGOMliNES ET LES THEOfllES (iEXBnALES
il devint plus lard l'agent le plus fidèle. Il a r-crii vers loi 4 Le Pn>i>f\ dédié à Laurent de Médicis, dans lequel il sépare nettement la politique et ta morale. En politique, il ne voit que le succès; Je prince doit être i la fois lion et renard et gouverner les peuples par la terreur (1).
Dans la période des temps modernes qui précède les traités de West pliai ic, les premiers écrits émanent des religieux. François Vitorîa (2), Domenicus Sotus (3) et François Suarez (4) établissent du principes basés sur la raison et la justice qui ne sont pas précisément en harmonie avec les idées de leur temps, par exemple celui qui consiste à voir dans les Indiens les vrais propriétaires du Nouveau-Monde et à condamner la traite des noirs.
Parmi Il>s séenliers figurent : llaillia/.ar de Ayala, grand prévôt de l'armée espagnole dans les Pays-Bas, Conrad Brunus, savant allemand, Albéric Geulilis, professeur à Oxford. Le premier, dans sou traité : De jure et officiis beUit s'occupe eu détail du droit de la guerre, 1584 ; le second Lraîte des ambassadeurs ainsi que de leurs prérogatives. De iegationîbus, 1585 enliu «lu droit
(1) Conf. VBtudstw Machiavel de M. Ch. Louandre en tête des œuvres politiques de Machiavel, traduction Périès, édit. Cbarpunli«r, 186-i ; Pasçuale \ ' i Huri , Y. Macehiao. t tuoi tempi, 1877 ; Chauveau, lac. cit., p. 193 ; Y. Watts, Machiavel m France.
[t) (480-1546. Ouvrage intitulé : Ret&tùtneê t/teoloj/iœ, ConU surVilnria, ta iuiiiiu^raidii« de M. UaiiLi'Iemy, François de Vitoria, 1903.
(8) 1494-1560. Ouvrage intitulé : De justifia et jure.
(i) 1548-1(517. Ouvrage intitulé : ùetegibui se Dec teyintatore, Cônf. la motiugi-nphit; de M. L. Roland, Le droit mternatiomil chez un théologien du XVI* étiole, 1W03.
PltRtttKHK pARTtK
de la guerre dans ses Commentationti ttejvrt btlU, 1Î5R8, et dans 1" [)p justitid Miicd, 1590. Le dernier a. sur les deux matières, écrit des ouvrages intitulés : De legationibus, 1585, et CotiÊmetUatione* éê fvrê helli,
vm (i).
Les divers ouvrages qui précèdent ont une indéniable importance ; mais nul d'entre eux n'a dominé l'ensemble du droit public international* Ce mérite appartient, au eonlraire, à l'œuvre de Hugues de (iront on flrolius, qualifie, pour ce motif de père de ta science du Droit des gen*. Grulins, né à Dell! en 1583, avoral général du lise, pensionnaire de Rotterdam, ami dr.ur en France, eut une vie fort agitée par suite d'une M querelles religieuses »i nombreuses et si vive» alors, si oubliées aujourd'hui, la querelle des Arminiens et des tiotnaristes, Arminien, i] fut enfermé [MU adversaires triomphants dans la citadelle de Louvenstein, d"nti il sortît 1:1 Àvr un dévouement de SI femme. II
vint en France sous Louis XIII. y séjourna onze ans. y publia se-, principaux travaux el moural ;i It i. ;;:;.
On a de.lui divers ouvrages, notamment le Mon- tthe-
niiii, défense de la liberté de la pleine mer, dont nous
u lé. Mais son œuvre principale est le célèbre
traité De jure Mit oc ped$t publiées 1625, qui a lé^ué
son non a la postérité. Ce traité, dédié à Louis XIII, eut un immense n ■iue[itelcompla47édilionsjusquVii
(1) Consulter, *ur firnlilî». In monographie n> M, NVjtnrd, 1903. Conf, H r>1 Isa ri, A a inaugural ter titre* un A/berictu tient» ht, 1874, étude reproduite dan» le» Stadiet m international tau*. Coat. Njs, Le droit de ta guerre et tet precurteun de (irûtiut, p. tB5 Itii tie'-me. lé tPruit international, pp. ttÛ el s.
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1854 (t). Il fui cilé comme un modèle par les professeurs des Universités longtemps après la mort de l'.-iu- Leuret exerça une influence considérable sur la politique européenne. C'est donc BD6 u-uvre grandiose, le premier monument d'ensemble sur la science du droit interna* tional. Des traductions françaises en avaient été publiées notamment par Barbeyraf el Dugour au xvin* riecta ; la dernière et la meilleure] de M. Pradier-Fodéré, date de 1867. Il a été également fait des traductions de l'cdi i.i.! de Grotius an d'autres langues.
Depuis les traités de Westphalie jusqu'à la Révolution française, Je nombre despublicislesdu droit public international a été considérable. Les principaux de l'époque de Louis XIV sont les suivants : Samuel, baron Pufeadorf, élève de Grotius, professeur aux Universités deHeidelberg et de l.uinl, qui eut une grande influence sur ses eunl.'iiiporains el ses successeurs. Ses ouvrages furent traduits en plusieurs langues et eurent plusieurs éditions. Il est l'auteur du Jus natures et yentiitm, 1672, avec un abrégé paru l'apnée suivante bous ce titre: De offUiis kominù et civis proui ipsi prxseriètaUur {%), — Richard Zouch,
(1) Conf. sur Grotius, Kluher, toc. cit., Jj 14 et Bibliographie, p. 500. §27; Pradier-Kodérè, Essai biographique tt historique sur Grotius et son temps en tète du premier volume de ta traduction du Droit de ta guerre, et. de la paix précitée. Voir la monographie très développée que consacre à Grotius. M. Jules B&sdevant, 1903. Conf. Nya, ouvrage précité, pp. 233 et s. On ne 3e eontcula pas de traduire l'œuvre de Grotius dans la plupart des langues de l'Iùirope ; on en fit un enseignement universitaire pour lequel forent composés dus abrégés Eiidiiridiitm QrûtùtmiM. Voir sur l'œuvre de Grotius, Krvier dans Holtzeudot-iï, fntrut/in -tiart nu droit des gens, gg 86" et s.
(2) Conf, sur Pufendorf, Njs, loc, cit., pp. £43 el s.; Wîiealon, Progrès du droit des gens, t84fl, I, pp, 128 el s. Voir la mono-
MÉfUQNHAC 7
i)$ PREMIÈRE PARTIK
professeur à Oxford, qui défend les idées de Grotius dans son livre : Jitris et judicii fecialis .vire juris in ter yenles et quœstionum de eodem explicatio, 1650. Comme nous l'avons fait remarquer, il emploie, le premier, l'expression de jus in ter g entes substituée au terme de jut gentium, prévoyant en quelque sorte la ré vol ulion prochain»* dans les idées généralement reçues ();. — Leibnitz, qui, dans une préface remarquable précédant sou Codex juris gentium diplomaticus, ou collection des traités et autres actes diplomatiques, 1693- 1700, soutient également les idées de Grotius (2;. — Selden, Mare clausum, 1635, et De jure naturali et gentium, 1640 (3). — Hobbes. qui combat les idées de Grotius dans son livre : Elément a philosophica de cive, 16+2, négation de l'idée de morale. — Molloy, publicistn anglais. De jure maritimo et navali, 1666, ouvrage qui cul neuf éditions. — Gumberland, De legibus naturalibus commetifatio, 1677. Il s'attache à la réfutation des idées de Hobbes. — Domat,juiisle français fort estimé, Droit public et lois civiles dans leur ordre naturel, ouvrage publié en 1687.
Les auteurs les plus estimés des règnes de Louis XV
graphie de M. P. Avril parue en 1903. l'ufemiorf est le plus illustre représentant de l'école du droit naturel qu'il admettait exclusivement, au point de repousser, comme nous l'avons dit plus haut, toute notion de droit des gens positif. Ses idées, sur ce point, furent combattues par Samuel Itachel. De jure miturw et gentium, t«ï7W. qui soutient la conception du droit public à coté du droit naturel, (.'ont', l'indication des auteurs qui se rattachèrent aux idées de Hachel dans Nvs. foc. cit., pp. 247 et s.
(1) Couf. surZouch. Wheaton, toc. rit., pp. 141 et s. Voir aussi la monographie île M. Georges Scelle parue en 1903.
(2) (Jotif. sur Leibnitz, Wheaton. toc. cit., I, pp. l39ets. (3; Conf. sur Selden, Wheaton, toc. cit., pp. 144 et s.
LES PROI.HGOMJ'.XFK BT LES THÉoniRS r.KMÎRALES
f*l il*' Louis XVI sonL : 'llirislian, binon de W'ollî, professeur de malbénialiqnes, de philosophie el de droil des gens. Il a publie un ouvrage inlilulé : Jtt* yrntiwn Wi£thod& scientificd pertrûciatum, 1749-65. De 1731) à 1766 parut un abrégé du premier ouvrage sous ce titre : Institutions juris naturx et gefUttan. Disciple dr Laibnilx, Wolffsa rattache aux doctrines de limiius (1). — Eraerîc de Vailel. conseiller privé à Dresde, Il a popularisé les idées do Wolff dans : Le droit des gens ou principes de ta loi naturelle appliqués à ta conduite et au& affaire* des souverains, I7.'is. Vallel a joui d'un** auinrïlé considérable; ses écrits «ni ou plusieurs éditions el traductions, La dernière édition française de H. Pradier- Podéré date de 1863(2). — Cornélius Van By akershoek, président du tribunal d'appel suprême de La Baye. Il a écrit sur la liberté des imrs, De dominio maris, 1702, sur le droit d ambassade. De foro legatorutn, 1721 al le droil publie général, Qyœsliones juri\ puèlici, 1737 (3). — Ileinecceius, 1681-1711, qui a publié i Genève neuf volumes d'œuvrea diverses, parmi lesquelles les Elementajurit naiurtB et gentium. — Montesquieu, dont le célèbre Esprit de* lois, 17iS, traduit dans la plupart des langues de l'Europe, donne sur le droil des gens des notions qui eurent une influence considérable. ■*- tlutlu'iluiih, publieisle anglais, disciple de Grotius, Instùutes of naturel Lato parues en 17ai, — L'abbé
(i) Consulter sur Wolflf la monographie de M. L. olive, IÔ04 ; Njr-s, toc. cit., pp. 254 et s.
fi) Consulter sur Vrtttel la monographie de M. Mallarmé. tENM ; Nys, foc. cit., pp. 255 et s.
(i)) Consulter sur Uynkershoek la monographie de M. Deluecb,